Le 26 octobre 1972 est une date importante dans l’histoire politique du Dahomey devenu Bénin. En effet, ce jour-là, le chef d’Etat-major à l’époque, feu Général Mathieu Kérékou accède au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat militaire qui vient mettre fin au système de gouvernement instauré après l’annulation de l’élection présidentielle de 1970. Ce coup d’État ouvre alors une nouvelle page de l’histoire du pays, caractérisée par une profonde transformation politique et idéologique.
A la suite de la crise électorale de 1970, un Conseil présidentiel a été mis en place, afin de permettre à trois grandes figures politiques, Hubert Maga, Justin Ahomadégbé-Tomêtin et Sourou-Migan Apithy, d’accéder au pouvoir de façon tournante. C’est ainsi que le 26 octobre 1972, alors que Justin Ahomadégbé-Tomêtin est président en exercice, des militaires passent à l’action.
Conduite par Mathieu Kérékou, une compagnie de soldats fait irruption dans la salle du Cabinet du palais présidentiel, où se déroule une réunion entre responsables politiques. Dans la foulée, Kérékou annonce la dissolution du Conseil présidentiel et la prise du pouvoir par l’armée. Dans une déclaration diffusée à la radio nationale, il dénonce l’inefficacité et l’incompétence du système politique en place.
Le coup de force est accueilli favorablement par une partie de la population, fatiguée des crises politiques répétées. Mathieu Kérékou s’autoproclame chef de l’Etat et nomme plusieurs officiers militaires à des postes ministériels. Les principaux dirigeants de l’ancien régime (Maga, Ahomadégbé et Apithy) sont arrêtés et placés en résidence surveillée. Ils ne seront libérés qu’en 1981, soit près de 10 ans après.
Mais au-delà du changement de pouvoir, le régime de Kérékou engage le Dahomey dans une nouvelle orientation idéologique. Ainsi, le 30 novembre 1974, lors d’un discours prononcé à Abomey, le chef de l’Etat proclame officiellement l’adhésion de son gouvernement au marxisme-léninisme. Le Dahomey se rapproche alors de l’Union soviétique et des pays du bloc de l’Est.
Un an plus tard, c’est-à-dire le 30 novembre 1975, Mathieu Kérékou annonce la création de la République populaire du Bénin, qui remplace la République du Dahomey. Le Parti de la révolution populaire du Bénin (PRPB) est créé et le pays bascule dans un système de parti unique dans un régime autoritaire.
Au fil des années, ce régime démontre ses limites, le pays s’enfonce davantage dans une crise sans précédent. Sous la pression populaire, Mathieu Kérékou annonce en 1989 l’abandon du marxisme-léninisme et convoque la Conférence des forces vives de la nation.
D’importantes décisions sont issues de ces assises présidées par feu Monseigneur Isidore de Souza. Il s’agit de l’instauration du multipartisme intégral, de la liberté d’expression, de la liberté de la presse, de l’élection d’un Premier ministre de transition, de la création du Haut Conseil de la République et surtout, de la mise en place d’une période de transition démocratique.

L.T.


































































