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Décentralisation au Bénin : le FIC et ses partenaires veulent accélérer les investissements communaux

Décentralisation au Bénin : le FIC et ses partenaires veulent accélérer les investissements communaux

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Les acteurs de la décentralisation réfléchissent aux mesures permettant d’améliorer la capacité des communes béninoises à consommer les ressources financières mises à leur disposition. À l’origine de cette initiative, un constat préoccupant : plusieurs dizaines de milliards de francs CFA n’avaient pas été consommés en 2025, selon une étude réalisée.

Comment transformer plus efficacement les ressources financières transférées aux communes en infrastructures et en services publics au profit des populations ? C’est l’enjeu de l’atelier décisionnel consacré à l’amélioration des capacités d’absorption des ressources communales, ouvert ce jeudi 29 octobre 2026 à Cotonou. La rencontre vise à examiner les recommandations d’une étude réalisée en 2025 et à définir des actions concrètes pour accélérer l’exécution des investissements publics locaux.

Dans son intervention, le directeur général du Fonds d’investissement communal (FIC), Kokou Réginal Koumagbéafidé, a souligné le décalage entre la disponibilité des financements et leur utilisation effective sur le terrain. « Disposer des budgets est une première étape. Savoir les engager, les liquider et les ordonnancer dans les délais impartis en est une autre », a-t-il fait observer. Pour le responsable du FIC, cette situation constitue un frein au développement des territoires. Il estime que les transferts financiers doivent se traduire concrètement par des infrastructures de qualité et des réalisations répondant aux besoins des populations. L’étude réalisée en 2025, avec le soutien de la coopération financière allemande, met en évidence plusieurs obstacles qui entravent l’exécution des dépenses communales. L’objectif de l’atelier est donc d’établir un diagnostic partagé et de proposer des solutions opérationnelles pour inverser durablement cette tendance.

Représentant le ministre du Budget et de la Fonction publique, le Directeur de cabinet Victorin Honvoh a également insisté sur l’ampleur des ressources non consommées. Selon lui, celles-ci dépassaient plusieurs dizaines de milliards de francs CFA à la date de réalisation de l’étude, en 2025. Il a toutefois appelé à considérer cette situation comme une responsabilité partagée entre l’État, les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers. « Une ressource non consommée est une opportunité de développement différé pour nos concitoyens, alors que les besoins sont immenses », a-t-il déclaré. Il a invité les participants à élaborer un plan d’action prioritaire et à mettre en place des mécanismes efficaces de suivi et d’évaluation afin de détecter rapidement les blocages.

De son côté, Gabriella Spirli, directrice de la coopération internationale suisse au Bénin, a identifié plusieurs facteurs expliquant les difficultés d’absorption des ressources communales. Elle a cité la complexité des procédures de passation des marchés publics, la longueur des délais administratifs, les insuffisances techniques en matière de maîtrise d’ouvrage et l’intervention de nouveaux acteurs dans la chaîne de la dépense locale.

Ces contraintes affectent particulièrement les communes des zones vulnérables du nord du Bénin, où les difficultés d’accès, l’insuffisance de certains services techniques, la pauvreté et la dégradation du contexte sécuritaire compliquent la réalisation des investissements publics.

La Suisse a également salué la création du FIC, tout en soulignant la nécessité de préserver les acquis du Fonds d’appui au développement des communes (FADeC), notamment les mécanismes de suivi et d’évaluation des performances ainsi que le principe de la maîtrise d’ouvrage communale.

Au terme des travaux, les participants sont appelés à formuler des recommandations réalistes et applicables pour lever les obstacles à l’exécution des dépenses d’investissement. Le renforcement des capacités des secrétaires exécutifs des communes et de leurs collaborateurs figure parmi les pistes mises en avant.

L’enjeu est de faire en sorte que les financements publics mobilisés produisent des résultats tangibles. Il s’agit des écoles, centres de santé, pistes rurales, infrastructures d’assainissement et services publics accessibles.

 

Médard Clobechi

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