65 ème Sommet de la CEDEAO : Faure Gnassingbé, un « intrus » de l’institution désigné comme facilitateur

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La CEDEAO, créée pour promouvoir l’intégration économique et politique des pays de la sous-région ouest-africaine, a été critiquée à maintes reprises pour son incapacité à répondre efficacement aux attentes des populations.
La désignation de Faure Gnassingbé en tant que facilitateur de la CEDEAO pour les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) a suscité une vague d’indignation à travers l’Afrique de l’Ouest. L’institution semble tourner le dos aux nombreuses plaintes qui lui ont été adressées concernant le gouvernement togolais.

Il est crucial que la CEDEAO prenne conscience de l’impact de cette décision et agisse fermement pour restaurer sa crédibilité en confrontant les dérives autoritaires au Togo. Faure Gnassingbé, souvent considéré comme l’une des brebis galeuses de l’institution, doit être rappelé à l’ordre pour mettre fin au coup d’État constitutionnel en cours dans son pays.

Malheureusement, dans son communiqué final, la CEDEAO déclare avoir pris note du changement de la constitution togolaise qui n’est rien d’autre qu’un coup d’État constitutionnel décrié par les Organisations de la Société Civile, les acteurs politiques de l’opposition et une écrasante majorité du peuple.

Faure Gnassingbé est le président du Togo depuis 2005, succédant à son père Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays pendant 38 ans. Cette succession dynastique et les méthodes autoritaires employées pour maintenir le pouvoir ont suscité de vives critiques, tant au niveau national qu’international.

Les accusations de fraude électorale, de répression des opposants et de restriction des libertés publiques sont récurrentes. Pourtant, malgré ces graves allégations, la CEDEAO le félicite pour les élections législatives et régionales passées. Elle a choisi également de lui confier un rôle de facilitateur. Une décision qui remet en question son engagement envers la démocratie et la justice.

En désignant Faure Gnassingbé comme facilitateur, la CEDEAO envoie un signal préoccupant : celui de l’indifférence, voire de la complicité, face aux dérives autoritaires. L’institution semble fermer les yeux sur ces abus, risquant ainsi de devenir complice des pratiques qu’elle est censée combattre. Une institution qui se veut garante de la démocratie et de la stabilité régionale ne peut se permettre de cautionner, même indirectement, des régimes autoritaires.

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Cette complicité implicite entache non seulement l’honneur et la crédibilité de la CEDEAO, mais également la confiance des peuples ouest-africains en ses capacités à défendre leurs intérêts et leurs droits.

Il est urgent pour la CEDEAO de rectifier le tir et de prendre des mesures fortes contre les dérives autoritaires au Togo. L’institution doit rappeler à l’ordre Faure Gnassingbé et exiger la fin immédiate des pratiques antidémocratiques dans son pays. Cela inclut la libération des prisonniers politiques, l’organisation d’élections libres et transparentes sous supervision internationale, le respect des droits humains et la fin des coups d’État constitutionnels

La CEDEAO doit également mettre en place des mécanismes de surveillance rigoureux pour s’assurer que les dirigeants de ses États membres respectent les principes démocratiques. Les sanctions économiques et diplomatiques doivent être envisagées pour ceux qui continuent à violer ces principes.

En agissant ainsi, la CEDEAO enverra un message fort à tous les dirigeants de la région : les dérives autoritaires ne seront pas tolérées.

Pour renouer avec les peuples de l’Afrique de l’Ouest et restaurer sa crédibilité, la CEDEAO doit se montrer intransigeante envers les régimes qui bafouent les droits et les libertés de leurs citoyens. En s’attaquant de front aux pratiques autoritaires de Faure Gnassingbé, l’institution pourra démontrer qu’elle est véritablement au service des populations et non des élites au pouvoir.

La désignation de Faure Gnassingbé comme facilitateur de la CEDEAO est une erreur stratégique qui ternit l’image de l’institution. En persistant dans cette voie, la CEDEAO risque de perdre le soutien des populations et de devenir un simple spectateur des injustices qu’elle devrait combattre.

Il est temps pour l’institution de redéfinir ses priorités et de se montrer à la hauteur des défis démocratiques de la sous-région. Le retour à la raison de Faure Gnassingbé et la fin des pratiques antidémocratiques au Togo doivent être des priorités, si la CEDEAO souhaite réellement incarner les valeurs qu’elle prétend défendre.

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