Accusations portant sur des faits présumés de rançonnement, de corruption et d’abus de fonction : Ouèssè : Victimes et commissaire de Gbanlin face à face sans fard à la Ddpr hier

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Ça ne pardonne pas ! Les citoyens qui ressentent une frustration énormes après leur séjour au commissariat de Gbanlin ne ménagent aucun mot pour crier à qui veut l’entendre « ce qu’ils ont subi ». Cette fois-ci, c’est devant la hiérarchie policière que les dénonciations sont faites. Et le commissaire de Gbanlin se retrouve en confrontation nez-à-nez avec ceux qui, il y a encore quelques semaines, étaient ses détenus. Le patron des flics de Gbalin n’oubliera de sitôt cette séquence d’échanges d’hier 08 août 2025, on peut l’imaginer, « c’est vrai ?avez-vous fait ça ?…. ». A Ouèssè, commune située dans le département des Collines, le commissariat de Gbanlin est en effet au cœur de toutes les attentions. Cette unité de police se retrouve au cœur d’une sulfureuse affaire à plusieurs facettes. Des accusations portant sur des faits présumés de rançonnement, de corruption et d’abus de fonction sont avancées par certains citoyens. Selon les recoupements issus de sources plurielles et concordantes approchées par le département enquête et investigation (Dei) du Groupe de presse Le Potentiel, le 15 mai 2025, aux environs de 4 heures du matin, une équipe de flics du commissariat de Gbanlin a procédé à l’interpellation du sieur Sabi Hassan dans un campement peulh. Cette opération d’arrestation nocturne aurait été ordonnée par le commissaire. Selon le récit des faits rapportés par les sources du Dei, Sabi Hassan aurait été placé en garde-à-vue, menotté, et maintenu dans les locaux du commissariat de Gbanlin jusqu’au 22 mai 2025, avant d’être présenté au paquet dans le cadre d’une procédure pour coups et blessures réciproques. En outre, le Dei apprend que durant une précédente garde-à-vue du sieur Sabi Hassan entre le 30 avril et le 5 mai 2025, le commissaire de Gbanlin aurait réclamé du détenu le payement d’une somme de 230 000 francs CFA. Sabi Hassan a « refusé catégoriquement de payer le moindre kopeck », apprennent nos sources. Les mêmes sources parlent d’une violation des droits de Sabi Hassan au cours de sa garde-à-vous entre le 30 avril et le 5 mai 2025. Ce dernier aurait été maintenu en isolement et privé de toute possibilité de visite. En plus ce cas, le Dei apprend que d’autres faits présumés d’abus seraient imputables au commissaire de Gbalin. Selon les sources du Dei, le 23 mai 2025, le commissaire de Gbanlin et son équipe ont interpellé un bouvier du nom de Mohamed Bello. Les bœufs de ce dernier auraient causé des dommages dans un champ. Alors même que les deux parties en contentieux se sont entendues à l’amiable sur un dédommagement de dix mille francs CFA (10 000 FCFA), les sources du Dei apprennent qu’une somme de quatre cent mille francs CFA (400 000 FCFA) aurait été exigée de Mohamed Bello au cours de sa garde-à-vue. Pour nos sources qui sont en quête d’explication, « aucune évaluation préalable des dégâts causés par les bœufs n’avait été effectuée par un agent compétent de l’ATDA (agence territoriale de développement agricole, Ndlr) ou de tout autre service habilité ».

Une confrontation directe entre commissaire et présumées victimes d’abus

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Sabi Hassan et Mohamed Bello, des victimes d’abus ? La hiérarchie policière entend lever le doute. Hier, jeudi 08 août 2025, nos sources renseignent que la direction départementale de la police républicaine Ddpr/Collines a convoqué les parties concernées pour une réunion tripartite, suite à la publication de notre article. Ce travail d’investigation journalistique a ainsi suscité une vive attention de la part de la hiérarchie policière locale et nationale. La rencontre qui a duré entre 30 et 45 minutes, a été marquée par des accusations graves de corruption et des incohérences dans les enregistrements des jours de placement en garde-à-vue. Selon nos sources, après la publication de notre article, le mercredi 6 août, le registre des garde-à-vue a été consulté. Ce registre indiquerait que la victime, Sabi Hassan, aurait été retenue pendant 10 jours, alors qu’elle soutient avoir passé 15 jours en détention. Cette divergence soulève des questions sur la transparence des procédures et laisse penser que les dates inscrites pourraient avoir été manipulées pour brouiller les pistes. Du moins, la victime, elle, aurait soutenu mordicus avoir été arbitrairement détenu au-delà du nombre de jour réglementaire. Nos sources décrivent un homme convaincu des allégations devant la hiérarchie policière. En ce qui concerne le cas du bouvier, les accusations n’auraient pas flanché. Lors de la réunion, la victime, Mohamed Bello, a eu l’occasion de confronter le commissaire accusé, affirmant qu’il lui avait effectivement réclamé une rançon de 400.000 francs Cfa pour obtenir sa liberté. Cette somme exorbitante contraste avec le compromis de 10.000 francs cfa qui avait été initialement convenu dans une affaire opposant l’éleveur, (Mohamed Bello) et un paysan dont le champ a subi des dégâts occasionnés par des bœufs. Les circonstances de l’interpellation, survenue à 4 heures du matin, ainsi que d’autres dénonciations, ont également été mises en lumière. Cette situation soulève des préoccupations quant à l’intégrité des forces de l’ordre et à la protection des droits des citoyens. Les autorités sont désormais sous pression pour clarifier ces allégations et garantir que justice soit rendue. Pour sa part, la direction départementale de la police républicaine Ddpr/Collines, a promis rendre compte à la hiérarchie pour la suite de la procédure. En de pareilles circonstances, les citoyens ont les yeux tournés vers le Directeur général de la police républicaine (Dgpr) Brice Allowanou. Intégriste de l’intégrité et soucieux du respect des règles professionnelles, le Dgpr est attendu pour prendre des mesures punitives contre le commissaire et ses flics sous commandement, si ces faits sont avérés. La saine réputation du Dgpr peine à contaminer une partie de sa troupe. Sinon, les soupçons aussi graves comme ceux qui pèsent aujourd’hui sur le commissaire de Gbalin ne rendent aucun service à la police républicaine. Que fera Brice Allowanou face à cet énième cas de dénonciation des faits présumés de rançonnement, de corruption et d’abus de fonction ? Wait and see…

Joseph Sossou

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