Rapport 2025-2026 d’Amnesty International Bénin : Un constat alarmant sur les droits humains présenté à Cotonou
Le rapport annuel 2026 d’Amnesty International Bénin sur la situation des droits humains au Bénin a été dévoilé ce mardi 21 avril 2026 au Bénin Royal Hôtel de Cotonou. Le document exposé par Dieudonné Dagbéto, Directeur exécutif de l’organisation analyse les évolutions observées en 2025 et les tendances émergentes de 2026, met en évidence une aggravation des pratiques autoritaires, un recul des libertés fondamentales et une montée des discriminations. L’organisation alerte sur des restrictions des libertés persistantes touchant notamment la liberté de presse et le droit de manifestation.
À l’échelle internationale, Amnesty International dresse un diagnostic particulièrement préoccupant. L’organisation affirme que « les pratiques autoritaires ont gagné en intensité dans le monde entier », traduisant une détérioration des garanties démocratiques.
Elle ajoute que « les protections existantes en matière de droits humains sont de plus en plus méprisées », ce qui contribue à fragiliser les mécanismes internationaux de protection des populations. Le rapport souligne également que « les discours hostiles aux droits fondamentaux se normalisent dans plusieurs régions du monde », alimentant une dynamique globale de recul des libertés.
Plus largement, Amnesty International Bénin estime que « nous ne sommes plus face à une simple érosion, mais à une attaque contre les fondements mêmes des droits humains et de l’ordre international fondé sur le droit ».
Conflits armés et impunité : des populations civiles particulièrement exposées
Le rapport met également en lumière la situation dramatique dans les zones de conflit, où les populations civiles sont les premières victimes. L’organisation indique que « les populations civiles sont devenues les principales victimes des violations du droit international humanitaire ».

Elle dénonce par ailleurs la multiplication des attaques contre les infrastructures essentielles et précise que « les crimes de droit international se multiplient dans plusieurs théâtres de conflit, tandis que l’impunité demeure largement répandue ». Amnesty International appelle ainsi à un renforcement des mécanismes de justice internationale afin de garantir la responsabilité des auteurs de violations graves.
Bénin : des restrictions persistantes sur l’espace civique
Au niveau national, Amnesty International Bénin exprime ses préoccupations concernant la situation des libertés publiques au Bénin. Le rapport indique que « les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique ont continué de faire l’objet de restrictions ».
L’organisation souligne également que « des journalistes ont été arrêtés et des organes de presse suspendus à la suite de publications jugées sensibles ». Il s’agit par exemple de Julien Kandé Kansou en juin dernier, l’arrestation du journaliste Comlan Hugues Sossoukpè en juillet à Abidjan, suivie de son extradition vers le Bénin et de poursuites engagées par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme ainsi que d’autres professionnels des médias, comme Cosme Hounsa et Olivier Allochémé. Elle note par ailleurs une pression persistante sur l’espace médiatique et un recul du classement du pays en matière de liberté de la presse.
Enfin, Amnesty International Bénin appelle les autorités béninoises à garantir pleinement « la liberté d’expression, la liberté d’association et le droit de manifester pacifiquement », tout en renforçant la protection des droits fondamentaux.
Médard Clobechi