Cour spéciale des affaires foncières : Plus de dix ans après, trois parcelles vendues à Awakê toujours introuvables
Un nouveau dossier de cession immobilière contestée a été examiné ce jeudi 7 mai 2026 devant la juridiction spécialisée. Déjà détenu à la prison civile d’Abomey-Calavi pour des faits similaires, le nommé D.S., poursuivi dans un dossier de cession immobilière litigieuse, est à nouveau cité dans une procédure opposant plusieurs acquéreurs autour d’un domaine situé à Awakê dans la commune d’Abomey-Calavi.

À la barre, la victime, identifiée sous les initiales A.A., a expliqué avoir acquis, en 2011, trois parcelles auprès du prévenu pour un montant total estimé à près de 4 millions de Fcfa, soit 1 million 200 mille Fcfa environ,l’unité. Elle précise toutefois n’avoir versé qu’environ un million de Fcfa dans le cadre de cette transaction. Selon ses déclarations, le vendeur lui aurait présenté un vaste domaine estimé à douze hectares, présenté comme un héritage familial dont il envisageait de céder plusieurs parcelles afin de résoudre des difficultés judiciaires.
La victime affirme avoir accepté l’offre sans toutefois voir précisément les parcelles qui lui étaient destinées. Elle soutient qu’après le paiement effectué, le prévenu lui aurait indiqué que le plan de morcellement était en cours et que les parcelles lui seraient attribuées ultérieurement. Mais plusieurs années après la transaction, A.A. assure n’avoir jamais obtenu les terrains promis, alors même que d’autres acquéreurs arrivés après elle auraient déjà construit sur certaines portions du domaine.
À l’audience, le prévenu a reconnu que les parcelles n’avaient pas été physiquement montrées à l’acquéreuse au moment de la vente. Il a toutefois soutenu que le domaine n’était pas litigieux lors de la transaction et a indiqué avoir déjà obtenu gain de cause dans une autre procédure liée au même site foncier.Les débats ont également révélé que les documents officiels de vente n’auraient été établis que plusieurs années après l’achat initial, notamment à travers une convention signée en 2018, après de nombreuses démarches entreprises par la plaignante pour régulariser sa situation.
Selon les éléments évoqués au cours de l’audience, D.S. aurait déjà perdu une portion d’environ un hectare du domaine dans une autre affaire judiciaire. Le dossier actuel intervient également dans un contexte où d’autres procédures similaires impliquant le même prévenu seraient encore pendantes devant les juridictions compétentes.
L’affaire a été renvoyée au 21 mai prochain pour continuation et d’éventuelles jonctions avec d’autres dossiers similaires.
Laura LEKE