Après deux semaines de gouvernance sous le septennat 2026-2033 : Wadagni satisfait le peuple, les politiciens non promus ronchonnent

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Deux semaines après son accession à la magistrature suprême, le Président Romuald Wadagni bénéficie d’un début de mandat plutôt bien accueilli par l’opinion publique. Entre offensive diplomatique régionale, mise en place progressive de son dispositif de gouvernance et premiers signaux d’ouverture envers les pays voisins, les populations semblent apprécier la méthode. A l’inverse, dans les cercles politiques, l’impatience grandit chez certains acteurs qui attendent encore leur heure dans la nouvelle architecture du pouvoir.

Deux semaines. C’est peu pour juger un mandat présidentiel de sept (07) ans. C’est pourtant suffisant pour observer une méthode, décrypter des signaux et mesurer les premières perceptions de l’opinion publique. Depuis sa prestation de serment le 24 mai 2026, le Président de la République, Romuald Wadagni a multiplié les initiatives, donnant le sentiment d’un démarrage rapide et méthodique de son septennat. Élu avec plus de 94 % des suffrages exprimés lors du scrutin du 12 avril, le nouveau Chef de l’État a hérité d’un contexte particulier. Celui d’un pays qui sort d’une décennie de profondes réformes, mais aussi d’une sous-région traversée par des tensions diplomatiques, sécuritaires et politiques. Artisan des politiques impulsées sous la décennie Talon, le nouveau Président Romuald Wadagni n’est pas venu dans une maison qu’il ne connait pas. Un atout fièrement assumé qui consacre la continuité au sens propre de l’État. Et cette continuité, même teintée de la marque Wadagni n’a pas tardé à se faire voir aux premières heures de sa gouvernance. Dès ses premiers jours au pouvoir, Romuald Wadagni a choisi de placer l’action diplomatique au cœur de son agenda. Son déplacement successif au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire est sans doute l’un des actes les plus commentés de ce début de mandat. Au-delà des rencontres protocolaires, les populations retiennent surtout la volonté affichée de restaurer pleinement la confiance entre le Bénin et ses voisins, notamment avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Pendant plusieurs années, les relations avec certains États voisins ont connu des moments de crispation. Au Niger notamment, les tensions avaient atteint un niveau rarement observé dans l’histoire récente des relations entre les deux pays. Voir aujourd’hui le Président béninois reçu chaleureusement à Niamey, échanger avec le Général Abdourahamane Tiani, puis poursuivre sa tournée à Ouagadougou auprès du Capitaine Ibrahim Traoré, constitue pour beaucoup un signal rassurant. Sur les réseaux sociaux comme dans les marchés, les gares routières ou les quartiers populaires, les réactions convergent souvent vers la même idée, il fallait renouer le dialogue. La décrispation était devenue un souhait partagé aussi bien au Bénin que chez ses voisins. Le citoyen ordinaire ne s’intéresse pas toujours aux subtilités diplomatiques. Mais il comprend très bien ce que signifient une frontière fermée, un commerce ralenti ou une coopération sécuritaire affaiblie. Cette diplomatie de bon voisinage apparaît aujourd’hui comme l’une des principales réussites de ces deux premières semaines. Et les populations béninoises toutes catégories confondues ne cachent pas leurs admiration. Tant la soif était devenue insupportable de part et d’autre. Les populations sont d’ailleurs impatientes et placent leur espoir sur les travaux du comité mixte d’experts chargé de proposer les solutions concrètes pour lever tous les obstacles à la réouverture de la frontière Bénin-Niger et de façon plus large au raffermissement des relations de coopération entre les deux pays. Sur le plan interne également, le Président Wadagni n’est pas resté inactif. La formation de son premier gouvernement, la nomination des principaux collaborateurs de la Présidence de la République, la désignation de nouveaux responsables dans plusieurs administrations stratégiques ainsi que la récente nomination de douze ministres conseillers et de douze préfets de départements témoignent d’une volonté de mettre rapidement en place son dispositif de gouvernance. Le profil de plusieurs personnalités promues révèle d’ailleurs une constante, la recherche de compétences techniques, l’expérience administrative et la culture du résultat. Une orientation qui semble cohérente avec l’image de technocrate bâtie par Romuald Wadagni au cours de son parcours. A tout ceci, on relève la concrétisation de certaines promesses de campagne. Il s’agit notamment de la mise en acte d’un collectif budgétaire devant permettre de prendre en charge les urgences vitales dans les centres hospitaliers sans soumettre les patients au paiement préalable, la gratuité de la scolarité pour les filles de la 6ème en Tle dans l’enseignement secondaire et technique, des mesures sociales d’incitations à une meilleure productivité agricole avec des frais supplémentaires (primes et subventions) réservés aux producteurs dans les filières coton, riz, soja, anacarde (cajou). Jusqu’ici, c’est un « sans faute », scandent les populations partout sur le territoire. Mais si le peuple paraît globalement satisfait de ce démarrage, les réactions sont plus nuancées dans les milieux politiques.
C’est là que commencent les ronchonnements.

Non encore promus, les politiciens ronchonnent

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L’espérance était trop grande. Les attentes étaient trop lourdes. Et deux semaines après l’entrée en fonction du nouveau Président de la République qu’ils ont contribué à faire élire, les acteurs politiques restent sur leur faim. Sentiment mitigé donc, tant l’impatience dicte sa loi alors que d’autres voient leurs compagnons de lutte être parachutés dans des positions de pouvoir et de privilège. Question naturelle qui surgit, à quand mon tour ? Cette question hante dans plusieurs états-majors politiques où certains soutiens du Président ne cachent plus leur impatience. Beaucoup considèrent avoir joué un rôle important dans la conquête du pouvoir. D’autres estiment avoir pris des risques politiques ou investi des ressources considérables durant la campagne présidentielle. Naturellement, ils attendent aujourd’hui un retour sous forme de nomination ou de promotion. Or, malgré les nombreuses nominations déjà intervenues, tous les appétits ne peuvent être satisfaits en seulement deux semaines de gouvernance. La composition du gouvernement a créé des heureux, mais aussi des déçus. Les nominations au sein de la Présidence ont suscité de nouveaux espoirs, puis de nouvelles frustrations. Les préfets, directeurs généraux, ministres conseillers et autres responsables administratifs récemment désignés ont réduit le nombre de places encore disponibles dans le premier cercle de décision autour du Chef de l’État, alimentant davantage les inquiétudes de ceux qui attendent toujours. Car, il ne s’agit pas de se contenter après d’une nomination pour une nomination sans réel pouvoir, sans réelle influence et capacité d’action. Les acteurs politiques le savent bien. Or, plusieurs les premiers cercles autour du Président se referment sans eux, et plus, ils prennent conscience du risque.
Pour certains acteurs politiques, le temps semble long. Très long même. Pourtant, l’histoire politique enseigne que la construction d’une équipe gouvernementale et administrative est un processus progressif. Les nominations se font généralement par vagues successives. Des réajustements vont assurément intervenir en cours de route. D’autres postes stratégiques restent encore d’ailleurs à pourvoir et plusieurs ajustements pourraient intervenir dans les prochaines semaines ou lors des prochains Conseils des ministres.

La réalité est quand même simple. Le Président de la République dispose d’un mandat de sept ans, pas de sept semaines. Les hommes politiques qui accompagnent aujourd’hui le pouvoir gagneraient donc à s’armer de patience. Les premières décisions du Président montrent davantage une logique de construction méthodique de l’appareil d’État qu’une volonté de satisfaire immédiatement toutes les attentes partisanes.

Deux semaines après son investiture, Romuald Wadagni semble ainsi réussir un exercice délicat : conserver l’adhésion populaire tout en assumant des choix qui ne répondent pas nécessairement aux attentes immédiates de certains acteurs politiques. Le peuple observe avec satisfaction. Les politiques, eux, ronchonnent parfois. C’est peut-être là le premier paradoxe de ce début de mandat qui n’enlève rien aux bons bonds faits en avant.

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