Gouvernance locale dans le Couffo : Le Br pénalise Lalo et son développement

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Postes vacants, instances de gouvernance trouée, panne sur la chaîne de prise de décisions… A Lalo, commune située dans le départemental du Couffo, la gouvernance locale a du plomb dans l’aile. En cause, une architecture non compacte de l’appareil de gouvernance politique pourtant si cruciale dans l’orientation de l’action exécutive. Cinq (05) mois après les communales, les membres devant siéger dans les instances de gouvernance ne sont tous au complet. La situation commence à susciter de sérieuses interrogations dans le rang des populations. Plusieurs mois après l’installation du conseil communal, la commune fonctionne toujours sans deuxième adjoint au maire et sans l’un de ses présidents de commission permanente. Il s’agit là d’une anomalie institutionnelle qui, au-delà des querelles partisanes, soulève désormais une question fondamentale. Celle de savoir qui paie le prix de ce blocage politique ? A l’issue des élections communales du 11 janvier 2026, le paysage politique local était marqué par la coexistence de deux formations politiques, le Bloc Républicain (BR) et l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R). Les évolutions intervenues après les contentieux électoraux ont finalement conduit à un basculement de la majorité au sein du conseil communal au profit de l’UP-R, qui dirige aujourd’hui l’exécutif communal. Si au nom de sa majorité, l’Upr a désigné ses membres en composant avec les nouvelles réalités politiques, le parti Bloc Républicain traine et continue de traîner les pas. Aujourd’hui encore, le poste de deuxième adjoint au maire, qui revient au Bloc Républicain conformément aux équilibres politiques issus du conseil communal et à l’accord de gouvernance, n’est toujours pas pourvu. Plus préoccupant encore, un poste de président de commission permanente reste également vacant.

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Lalo sous-représentée, un fonctionnement interne handicapé

La vacance au niveau de ces deux postes n’entraîne pas seulement des conséquences symboliques. Conformément au décret n°2022-113 du 16 février 2022 portant attributions, organisation et fonctionnement du Conseil départemental de concertation et de coordination (CDCC), cette instance est composée notamment des maires, des adjoints au maire, des présidents des commissions permanentes et des secrétaires exécutifs. Dans le cas de Lalo, la commune devrait normalement y être représentée par huit membres à savoir le maire, les deux adjoints au maire, les quatre présidents de commissions permanentes et le secrétaire exécutif. Or, depuis plusieurs mois, Lalo ne dispose que de six représentants au lieu de huit. Autrement dit, la commune siège avec un déficit de représentation dans une instance pourtant chargée d’examiner les programmes de développement économique, social et culturel des communes et d’assurer leur cohérence avec les politiques nationales. Peut-on efficacement défendre les intérêts d’une commune lorsqu’elle se présente amputée d’une partie de ses représentants ? La question mérite d’être posée. Au delà de ce cadre départemental, à l’interne de la commune, le Conseil de supervision est également affaibli par cette double vacance de poste. La situation est encore plus frappante au niveau du Conseil de supervision. Cette instance stratégique rassemble le maire, ses adjoints et les quatre présidents des commissions permanentes, soit sept membres au total. A Lalo, le Conseil de supervision fonctionne actuellement avec seulement cinq membres. Deux sièges restent désespérément vacants, celui du deuxième adjoint au maire et d’un président de commission permanente. Pour une commune confrontée à d’importants défis de développement, cette situation apparaît difficilement justifiable.

Pourquoi le BR tarde-t-il autant ?

C’est la question qui revient désormais avec insistance dans les milieux politiques locaux. Qu’est-ce qui empêche encore le Bloc Républicain de procéder à la désignation de son représentant au poste de deuxième adjoint au maire et au poste de président de commission permanente ? S’agit-il de divergences internes ? De calculs politiques ? De rivalités de leadership ? Ou simplement d’un manque d’intérêt pour les conséquences institutionnelles de ce blocage ? Pendant que les responsables politiques tergiversent, la commune continue de fonctionner en  »mode ralenti ». Plus les semaines passent, plus les critiques se multiplient contre certains leaders locaux du BR, accusés de privilégier des considérations partisanes au détriment de l’intérêt général. Car au fond, ce ne sont ni le BR ni l’UP-R qui perdent dans cette affaire. C’est Lalo. Cette commune dont les populations attendent si tant de ses gouvernants locaux.

L’intérêt de la commune avant les intérêts partisans

Dans une période où les autorités nationales appellent à davantage d’efficacité dans la gouvernance locale, le cas de Lalo fait désordre. Les populations sont en droit d’attendre que les acteurs politiques placent enfin l’intérêt de la commune au-dessus des querelles de positionnement. Cinq mois constituent un délai largement suffisant pour désigner un deuxième adjoint au maire et un président de commission. A défaut, les responsables de ce retard devront assumer devant l’opinion publique les conséquences d’une sous-représentation qui prive la commune de toute sa voix dans des instances essentielles à son développement. La balle est désormais dans le camp du Bloc Républicain. Et chaque jour qui passe sans décision renforce l’impression que Lalo paie le prix d’un blocage dont personne ne veut officiellement assumer la responsabilité. Le Bloc Républicain est face à sa responsabilité dans ces trous observés dans les instances de gouvernance à Lalo. Jusqu’à quand cela va-t-il perdurer ?

B.K.S.

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