Organisation de l’élection présidentielle, des communales et des législatives de janvier et d’avril 2026 : Céna, un débiteur insolvable ! des prestataires non payés

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Alors que le Bénin vient de boucler un cycle électoral majeur avec les élections législatives et communales du 11 janvier 2026 puis l’élection présidentielle du 12 avril 2026, une vague de mécontentement monte parmi plusieurs agents électoraux ayant participé à l’organisation technique des différents scrutins. Selon des informations recueillies par le département enquête et investigation (DEI) du groupe de presse Le Potentiel auprès de plusieurs sources concordantes, de nombreux agents engagés dans les opérations électorales sont toujours sevrés. Commis à différentes tâches pratiques sur la chaîne de l’organisation de cette triple élection, les agents électoraux que nous nommons ici comme étant des prestataires de la Céna n’ont toujours pas perçu l’intégralité des rémunérations qui leur avaient été promises. Pis, dans certains cas, aucun franc n’a été payé à ces prestataires qui ont été pourtant très utiles dans la réussite de ces scrutins. Dans leurs rangs, le mécontentement se fait entendre. Les murmures, la crainte, le désespoir, le relâchement… C’est un mélange de sentiments qui rythme le quotidien de ces prestataires unis par un destin commun. Celui d’un sevrage financier non négocié de la Commission électorale nationale autonome (Cena). L’analyse des informations recueillies renvoie à des réclamations portées sourdine par des catégories de prestataires. Les réclamations concernent en effet deux catégories d’acteurs. D’une part, des agents mobilisés lors des élections législatives et communales du 11 janvier 2026, particulièrement ceux ayant participé aux travaux de saisie, de traitement des résultats, de colisage et à diverses tâches techniques. D’autre part, les agents déployés dans plusieurs pays étrangers à l’occasion de l’élection présidentielle du 12 avril 2026 afin de permettre aux Béninois de la diaspora d’exercer leur droit de vote. D’après nos sources, des équipes ont été envoyées au Sénégal, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Congo, au Gabon et en Guinée équatoriale. Hors du continent africain, des missions ont également été déployées en France, aux États-Unis et au Canada.

Le poids insupportable de l’attente

Les témoignages recueillis par notre rédaction font état d’une situation préoccupante. Pour les élections couplées du 11 janvier, plusieurs agents n’auraient toujours pas reçu l’intégralité des sommes attendues. Concernant la présidentielle du 12 avril, certains affirment avoir perçu une avance avant leur départ en mission, mais attendent encore le paiement du reliquat plusieurs semaines après leur retour. « Nous avons travaillé de jour comme de nuit pour garantir la disponibilité des résultats dans les délais. Jusqu’à présent, nous attendons toujours », confie l’un des agents concernés sous couvert de l’anonymat. D’autres rappellent que les opérations de saisie et de compilation constituent l’une des étapes les plus sensibles du processus électoral. « Sans les équipes techniques, il n’y a pas de résultats fiables. Ce sont des travaux exigeants qui demandent concentration et disponibilité permanente », souligne un autre prestataire. A l’heure où nous mettons sous presse et à se fier aux confidences obtenues auprès de nos sources, « une bonne partie des agents commis pour les opérations de saisies et autres pour les élections du 11 janvier 2026 reste impayée ». Dans le même temps, les mêmes sources informent que la note est encore salée en ce qui concerne l’élection présidentielle du 12 avril 2026. « Aucun agent n’a reçu un kopeck de la CENA à ce jour pour cette présidentielle où les opérateurs de saisie ont été impeccables rendant possible la publication rapide des résultats (…)», assure une autre source.

Une question de gouvernance financière

Banniere carrée

Cette situation suscite de nombreuses interrogations. Pour l’organisation des élections générales de 2026, l’État béninois a mobilisé d’importantes ressources financières afin de permettre à la Commission électorale nationale autonome de conduire à bien l’ensemble des opérations électorales. À ce jour, aucune information publique ne fait état d’une insuffisance budgétaire susceptible d’expliquer ces retards de paiement. Dès lors, plusieurs questions se posent : où en est le processus de règlement des prestataires ? Quels sont les obstacles administratifs ou techniques qui retardent encore les paiements ? Qui porte la responsabilité de cette situation ? Autant d’interrogations qui mériteraient des réponses claires afin d’apaiser les inquiétudes des agents concernés.

Un dossier qui pourrait remonter au sommet de l’État

Au-delà des réclamations individuelles, cette affaire touche à la crédibilité de la gestion des fonds publics alloués aux élections. Si les performances organisationnelles de la CENA ont été saluées par de nombreux observateurs, plusieurs spécialistes en finance estiment que toute zone d’ombre relative au paiement des agents mérite d’être clarifiée. Dans un contexte marqué par les exigences de bonne gouvernance et de rigueur budgétaire, certains observateurs considèrent que les autorités compétentes, notamment les responsables de l’administration électorale, gagneraient à communiquer rapidement sur l’état réel des paiements. Car derrière les chiffres et les procédures administratives, ce sont des centaines de personnes qui attendent simplement la contrepartie d’un travail effectivement accompli au service de la démocratie béninoise. Cinq (05) mois après l’organisation des élections législatives et communales et deux (02) mois après la tenue du scrutin présidentiel, ces retards dans le paiement des prestataires sont problématiques surtout quand on sait que ces agents impayés à ce jour ont souvent été soumis à des rythmes de travail en mode  » no stop » faisant des nuits blanches pour rendre des résultats. Le Président de la République, Romuald Wadagni, es qualité ministre des finances lors des arbitrages budgétaires avec la CENA maîtrise bien le dossier. Il sait tout ce que l’État a mis à la disposition de la Cena pour l’organisation de ces élections. L’État s’est acquitté de ses obligations. Quid de celles de la CENA ? Et à Quand le paiement des prestataires impayés ?

B.K.S.

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