Santé des femmes africaines : Cotonou, carrefour de réflexions stratégiques pour mieux orienter les politiques publiques
Le Palais des Congrès de Cotonou accueille abrite du 8 au 10 juillet 2026, la première édition du Congrès International sur la Santé des Femmes Africaines (CISFA). Coorganisé par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens du Bénin (CNGOB), le LEMACEN, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et iWISH/Université Paris Cité, ce rendez-vous scientifique réunit chercheurs, professionnels de santé, décideurs publics et acteurs de la société civile autour d’un objectif commun : renforcer les connaissances scientifiques sur la santé des femmes et réduire les inégalités qui persistent dans ce domaine.
Placée sous le thème « Les enjeux d’équité dans la recherche sur la santé des femmes », cette rencontre rassemble 289 participants venus de 17 pays d’Afrique et d’ailleurs. Plusieurs activités sont inscrites au programme de cette première édition du CISFA à savoir : sessions scientifiques, conférences plénières, ateliers pré-congrès, communications orales et posters scientifiques. Les échanges porteront notamment sur la santé sexuelle et reproductive, les cancers féminins, les maladies non transmissibles, la santé mentale, les violences basées sur le genre, la maternité ainsi que les impacts du changement climatique sur la santé des femmes.
Le congrès entend répondre à un triple défi. D’abord, le retard de la recherche mondiale sur la santé des femmes, longtemps marqué par leur sous-représentation dans les essais cliniques et un faible niveau de financement. Ensuite, le manque de visibilité internationale des recherches menées en Afrique qui limite la reconnaissance des savoirs produits sur le continent. Enfin, l’insuffisance des études consacrées spécifiquement à la santé des femmes africaines, souvent absentes des grandes recherches internationales, avec pour conséquence des diagnostics et des traitements parfois inadaptés.
À l’ouverture des travaux, la présidente du comité d’organisation, Clémence Schantz, a rappelé que le CISFA est né d’une initiative scientifique franco-béninoise organisée seize mois auparavant au CNHU-HKM. Face à l’intérêt suscité, les promoteurs ont choisi d’élargir cette réflexion à l’échelle internationale.
Les différentes interventions qui ont suivi ont également souligné la nécessité de produire des données scientifiques capables d’éclairer les politiques publiques. L’ambassadrice de France au Bénin, Nadège Chouat, a insisté sur l’importance d’investir davantage dans la recherche consacrée à la santé des femmes et de mieux valoriser les travaux réalisés en Afrique.
Ouvrant officiellement les travaux, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a évoqué les progrès réalisés par le Bénin en matière de protection des femmes tout en appelant les chercheurs à produire des connaissances scientifiques solides. À travers cette première édition, le CISFA ambitionne de renforcer les collaborations internationales et de formuler des recommandations susceptibles d’orienter durablement les politiques de santé en faveur des femmes africaines.

L.T.