Le vol avec effraction commis à Zounhoué Gbéta, dans l’arrondissement de Coussi dans la commune de Toffo, a pris une tournure inattendue. Derrière quelques pagnes, une boîte de lait concentré et des bijoux disparus, les policiers du commissariat d’arrondissement de Toffo sont tombés sur une quantité importante d’objets dont l’origine soulève de nombreuses interrogations. Une affaire qui laisse un goût amer à la victime et ravive la douleur de ceux qui voient le fruit de leurs efforts partir en quelques instants.
Tout est parti de la plainte déposée le lundi 13 juillet 2026 par un habitant de Zounhoué Gbéta. Il déclare avoir été victime d’un vol avec effraction à son domicile. Les objets emportés sont trois pagnes de six mètres, une boîte de lait concentré de marque Cébon, un sac contenant des bijoux et un coupe-coupe.
Au fil de ses propres recherches, la victime dit avoir retrouvé la trace de certains effets chez un certain K. Noël. Celui-ci aurait expliqué que son fils, K. Chaboki, les avait récupérés des mains d’un individu rencontré sur le chemin du travail. Malgré cette version, les parents ont refusé de restituer les biens en l’absence de leur fils.
Quelques jours plus tard, K. Chaboki est de nouveau approché. Cette fois, il affirme avoir remis les objets au commissaire de Toffo, ajoutant que la victime devait verser 20 000 francs CFA pour les récupérer. Une déclaration qui attire rapidement l’attention des enquêteurs, tant elle met en cause l’autorité policière sans le moindre élément crédible.
Une surveillance est alors mise en place avec le concours de la victime. Le dimanche 19 juillet 2026, informés de la présence du suspect au domicile familial, les policiers interviennent. K. Chaboki réussit toutefois à prendre la fuite avant leur arrivée.
La perquisition menée en présence de ses parents réserve bien des surprises. Les enquêteurs saisissent 96 cartes SIM de différents réseaux GSM, dont 50 Moov, 45 MTN et une Celtis, ainsi que quatre cartons de téléphones Android. Deux des pagnes volés et la boîte de lait concentré sont immédiatement reconnus par le plaignant.

Les policiers découvrent également trois paquets de tôles ondulées, une machine à moudre le piment, une fourche de motocyclette CGL, un porte-bagages de moto, une bicyclette, un important lot d’outils de mécanique ainsi qu’un dictionnaire Le Robert illustré portant le cachet officiel du directeur de l’École primaire publique de Zounhoué. Une somme de 590 000 francs CFA est aussi retrouvée. Le chef de famille en revendique la propriété, sans pouvoir en préciser le montant exact.
Au cours de l’opération, un autre individu, identifié sous le nom de K. Dorpol, âgé d’environ 20 ans et se présentant comme peintre en bâtiment, est interpellé à une trentaine de mètres du domicile. Pendant son transfert vers le commissariat, il tente de jeter discrètement son téléphone portable dans les broussailles.

Face aux enquêteurs, il soutient d’abord avoir perdu son appareil avant d’en nier la propriété lorsque celui-ci est retrouvé. La fouille de son domicile permet pourtant de récupérer le carton d’emballage et la facture d’achat établis à son nom. Refusant de communiquer le code d’accès de son téléphone, il alimente davantage les soupçons des enquêteurs, qui cherchent à déterminer un éventuel lien avec des activités de cybercriminalité, notamment en raison du nombre inhabituel de cartes SIM découvertes.
L’enquête judiciaire se poursuit désormais pour retrouver K. Chaboki, toujours en fuite, identifier les véritables propriétaires des objets saisis et établir les responsabilités de chacun. Pour la victime, cette affaire dépasse la simple perte de quelques biens. Derrière chaque objet emporté se trouvent des sacrifices, des souvenirs et le travail de longues années. C’est cette réalité silencieuse que les enquêteurs tentent aujourd’hui de réparer, pièce après pièce.
Joseph Sossou