Réduction de bois de chauffe dans les cantines scolaires au Bénin : le PAM mise sur des sacs de rétention thermique

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Réduction de bois de chauffe dans les cantines scolaires au Bénin : le PAM mise sur des sacs de rétention thermique

Face à la forte dépendance au bois de chauffe dans les écoles et les ménages béninois, le Programme alimentaire mondial (PAM), en partenariat avec le PNUD et la Chambre des métiers de l’artisanat du Bénin (CMA-Bénin), lance une nouvelle offensive en faveur de la cuisson propre. Trente artisans béninois seront formés à la fabrication de sacs de rétention thermique. Il s’agit d’une technologie innovante destinée à réduire la consommation de combustible, protéger les forêts et améliorer les conditions de travail des cuisinières.

La formation marque le début d’un programme qui s’étendra également à Bohicon et Parakou jusqu’au 29 juillet 2026. L’objectif est de développer une expertise locale capable de produire des sacs de rétention thermique (SRT) à grande échelle afin d’accompagner la transition énergétique dans les cantines scolaires, les restaurants collectifs, les centres universitaires, les établissements pénitentiaires et les ménages.

Au Bénin, le bois de chauffe demeure la principale source d’énergie utilisée pour préparer les repas dans des milliers de cantines scolaires et de foyers. Cette dépendance exerce une pression croissante sur les ressources forestières. Elle favorise les émissions de gaz à effet de serre et expose quotidiennement les cuisinières aux fumées nocives ainsi qu’à des conditions de travail particulièrement pénibles.  Selon le représentant résident du PAM au Bénin, Ali Ouattara, cette problématique est d’autant plus préoccupante que près de 5 800 écoles utilisent quotidiennement du bois de chauffe pour préparer les repas des élèves. « Si vous estimez la quantité de bois utilisée chaque jour pour assurer la cuisson des repas, vous imaginez l’impact que cela a sur l’environnement », a-t-il souligné.

Pour répondre à ces défis, le PAM mise sur une technologie déjà expérimentée avec succès : le sac de rétention thermique. Son principe est simple. Une fois les aliments portés à ébullition, la marmite est placée dans un sac spécialement conçu qui poursuit naturellement la cuisson sans apport supplémentaire de combustible. Cette innovation permet notamment : de réduire de 30 à 50 % la consommation de bois, de charbon ou de gaz ; de diminuer les émissions de gaz à effet de serre ; de préserver davantage les qualités nutritionnelles des aliments ; de limiter les risques de brûlures et l’exposition aux fumées ; d’améliorer considérablement les conditions de travail des cuisinières.

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Ali Ouattara insiste également sur les bénéfices sanitaires. « Les mamans cuisinières vont moins éternuer, moins transpirer et moins tousser », a-t-il expliqué, ajoutant que cette cuisson plus douce permet aussi de mieux conserver les valeurs nutritives des aliments. Au-delà de l’aspect environnemental, le projet entend créer une véritable filière locale autour de cette innovation.

Trente artisans, dont au moins 40 % de femmes, suivront une formation certifiante répartie entre Cotonou, Bohicon et Parakou. À terme, ils auront pour mission de transmettre leur savoir-faire afin de constituer un réseau national capable d’approvisionner durablement les écoles et les autres structures utilisatrices.

Pour le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), cette initiative dépasse la seule fabrication des sacs de rétention thermique. Son représentant résident, Titus Osundina a indiqué que l’institution envisage de soutenir d’autres solutions de cuisson propre, notamment les réchauds améliorés, les fours à pression et les biodigesteurs. L’objectif est de construire une véritable chaîne de cuisson durable au bénéfice des cantines scolaires et des ménages béninois.

Il a salué la qualité de la collaboration entre le PAM, le PNUD et la Chambre des métiers de l’artisanat du Bénin. À l’en croire, cette synergie constitue un levier essentiel pour accélérer la transition énergétique et renforcer la sécurité alimentaire dans le pays.

Médard Clobechi

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