Tribunal d’Abomey : Zogbodomey : le roi Glèlè Zodehougan Zoungongon arrêté et jeté en prison

0 514

Le dossier a été bien gardé au chaud, et couvert par une discrétion inhabituelle. Depuis plusieurs jours, une véritable omerta règne autour de la procédure judiciaire visant l’autorité du palais royal de Zado-Gagbé, sa majesté Glelé Zodehougan Zoungongon dans la commune de Zogbodomey. Malgré les nombreuses difficultés rencontrées pour accéder aux informations, le pool judiciaire du Département Enquête et Investigation (Dei) du Groupe de presse Le Potentiel est parvenu, grâce à des sources bien introduites sur la chaîne pénale, à reconstituer les principaux contours de cette affaire qui a conduit à son incarcération. Selon les informations recueillies par le Dei, le «roi» Glelé Zodehougan Zoungongon de Zogbodomey a été arrêté au début de la deuxième quinzaine du mois de juillet 2026 avant d’être placé sous mandat de dépôt. À l’issue de la procédure, il a été condamné à six (06) mois de prison ferme ainsi qu’au paiement d’une amende de cinq (05) millions de FCFA. Toujours selon les mêmes sources, l’affaire trouve son origine dans une plainte pour des faits assimilés à un abus de confiance au préjudice d’un membre de sa propre famille. Les investigations menées auraient également mis en lumière la vente présumée d’un domaine qui ne lui appartiendrait pas, élément qui aurait pesé dans le traitement du dossier. Le Dei apprend par ailleurs que le « roi » inculpé avait été convoqué à plusieurs reprises par le commissariat de Zogbodomey. Il ne se serait jamais présenté devant les policiers au commissariat. Face à cette situation, le commissaire aurait saisi le procureur près le tribunal d’Abomey, qui a décidé d’émettre un mandat d’amener. Celui-ci a été exécuté par les forces de l’ordre, qui sont allées interpeller le « roi » du palais de Zado-Gagbé au détour d’une cérémonie. À Zogbodomey, certaines sources parlent d’une scène humiliante et déshonorante pour l’autorité traditionnelle. Une fois interpellée manu militari, le « roi » a fait l’objet d’un déferrement systématique devant le parquet. La procédure s’est ensuite soldée par un mandat de dépôt, puis par sa condamnation à l’issue d’un jugement.
Au cours des recoupements, le Dei a également recueilli des réactions remettant en cause le statut royal du condamné. « Il n’y a qu’un seul roi de Danhomè », affirme une source proche des milieux traditionnels. Une déclaration qui illustre les divergences de perception autour du titre porté par l’intéressé qui croupit désormais derrière les barreaux.
Roi ou pas roi, la justice a été sans état d’âme ne faisait aucun traitement de faveur à l’intéressé qui refusait de déférer aux convocations des policiers. Si les autorités judiciaires observent pour l’heure un silence quasi total sur cette affaire, les informations obtenues, à coup de persévérance, par le Département enquête et investigation du Groupe de presse Le Potentiel permettent d’établir que l’autorité du palais royal de Zado-Gagbé est actuellement détenu à la suite de sa condamnation. Le Dei reste attentif aux motivations détaillées de la décision de justice qui, de toute évidence, n’envoie aucun signal positif pour le milieu des têtes couronnées.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

error: Content is protected !!