La Haute Autorité de Régulation de la Communication écrite, audiovisuelle et numérique (Harc) a réagi à l’arrestation de deux journalistes français au Togo. L’instance affirme n’avoir reçu aucune demande d’accréditation pour Gaël Mocaër et Sébastian Preze Pezzani, qui seraient présents dans le pays pour des activités professionnelles.

Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, employés par la société de production Tony Comiti Productions, étaient au Togo pour réaliser un documentaire destiné à l’émission Les Routes de l’impossible, diffusée sur France 5. Ils ont été interpellés avec leur fixeur, Fred Venum, dans la région de Kara, alors qu’ils filmaient sur un marché situé à une vingtaine de kilomètres de la frontière béninoise.
D’abord assignés à résidence, les trois hommes ont ensuite été placés en détention provisoire et inculpés pour « fausses déclarations », selon Reporters sans frontières (Rsf).
La question de l’accréditation au cœur du dossier
Dans un communiqué, la Harc affirme n’avoir été saisie d’aucune demande d’accréditation, ni par France Télévisions ni par les intéressés. L’instance rappelle que les correspondants et envoyés spéciaux de médias étrangers doivent obtenir une autorisation auprès du régulateur avant d’exercer leur activité. Elle précise également n’avoir été informée ni de leur arrivée, ni de leur statut professionnel, ni des tournages réalisés dans le nord du pays.
Cette version est contestée par leur employeur et Rsf. Selon Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de l’organisation, les deux Français disposaient d’un visa de travail et d’une autorisation de tournage délivrée par le ministère chargé du Tourisme, de la Culture et des Arts.
Patrice Lucchini, directeur général de Tony Comiti Productions, assure également que le tournage avait été autorisé et que le matériel utilisé avait été déclaré à la douane.
Paris suit la situation
Le ministère français des Affaires étrangères indique qu’une information judiciaire est en cours sous la conduite d’un juge d’instruction. Trois visites consulaires ont déjà eu lieu depuis le début de leur détention. Paris dit suivre leurs conditions de détention, leur état de santé et le respect de leurs droits à la défense.
Rsf demande, de son côté, leur « libération immédiate », estimant leur maintien en détention « injustifié et disproportionné ». L’organisation alerte également sur l’état de santé de Sebastian Perez Pezzani, qui souffrirait de problèmes nécessitant une prise en charge médicale.Les familles des deux journalistes ont exprimé leur vive inquiétude, pour leur santé.
La HARC estime désormais que la justice doit établir les circonstances de leur présence au Togo, déterminer la nature exacte de leurs activités et se prononcer sur les faits qui leur sont reprochés. Le dossier reste donc entre les mains de la justice, sur fond de désaccord concernant les autorisations dont disposaient les professionnels français.
Laura LEKE

















































