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Gestion des cantines scolaires au Bénin : Après les errements de 2025, l’ANAN assainit la procédure, mais la vigilance reste…

La gestion des cantines scolaires connaît un nouveau tournant au Bénin. Après une première procédure de recrutement lancée en mai 2025 et vivement contestée par plusieurs acteurs du secteur, l’agence nationale pour l’alimentation et la nutrition (ANAN) a engagé une réorientation de son dispositif. La procédure précédente a été arrêtée et une nouvelle demande de propositions a été lancée en août 2026, avec une place plus importante accordée à l’expérience des opérateurs.

Créée par le décret n°2023-425 du 26 juillet 2023, l’ANAN a repris la responsabilité des questions d’alimentation et de nutrition scolaires après huit années de mise en œuvre du programme par le Programme alimentaire mondial (PAM). Cette nouvelle responsabilité impose à l’agence de bâtir des mécanismes de gestion capables de répondre aux exigences du programme national des cantines scolaires.

C’est dans cette perspective qu’un premier appel d’offres avait été lancé en mai 2025 pour sélectionner des opérateurs chargés d’appuyer l’ANAN dans l’exécution du programme. Mais la procédure conduite à l’époque par l’ancienne personne responsable des marchés publics (PRMP) avait suscité des critiques portant notamment sur des irrégularités et des incohérences dans le processus de sélection.

Plusieurs acteurs expérimentés du secteur avaient alors fait part de leur mécontentement. Au cœur des critiques, la sélection présumée d’organisations disposant de peu d’expérience dans la gestion de cantines scolaires, alors que la réussite d’un tel programme repose largement sur la capacité des opérateurs à gérer, sur le terrain, les contraintes liées à l’approvisionnement, à la préparation et à la distribution des repas.

Une nouvelle orientation

Face aux difficultés constatées, la direction générale de l’ANAN a décidé de revoir le dispositif. La procédure issue de la passation de marchés de 2025 a été arrêtée à la fin du mois d’août 2026.

Dans le même mouvement, l’agence a engagé une différenciation des modalités de gestion des cantines selon les réalités des zones concernées. Des procédures distinctes sont ainsi prévues pour les établissements situés en milieu urbain et ceux implantés en zone rurale.

Cette approche constitue l’une des principales évolutions du dispositif. Elle tient compte des différences d’organisation, de logistique et d’accès aux ressources entre les deux environnements. Pour les écoliers, l’enjeu reste concret, recevoir leurs repas dans de bonnes conditions et dans les délais.

L’expérience remise au centre du jeu

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Le changement ne s’arrête pas à l’organisation des cantines. Pour le recrutement des nouveaux opérateurs, l’ANAN a lancé une nouvelle demande de propositions le 6 août 2026, avec une clôture fixée au 21 août 2026.

Cette nouvelle procédure, conduite par la personne responsable des marchés publics par intérim (PRMP pi), André Saturnin Zinsou, ouvre à nouveau la compétition aux opérateurs disposant d’une expérience dans la gestion des cantines scolaires.

À la lecture de la demande de propositions publiée par l’ANAN, l’expérience acquise dans la gestion de ces activités apparaît davantage prise en compte dans l’évaluation des candidatures. Une orientation qui devrait permettre de mieux apprécier la capacité réelle des candidats à exécuter les prestations attendues.

Autre élément notable, la grille d’évaluation présente les critères de sélection et leur mécanisme d’appréciation. Cette lisibilité est importante dans une procédure de cette nature. Elle permet aux candidats de connaître les règles du jeu et réduit les marges d’interprétation au moment de l’examen des offres.

Le prochain test sera celui du terrain

Cette nouvelle dynamique intervient à quelques jours de la rentrée scolaire. La réussite de la procédure ne se mesurera donc pas uniquement à la qualité des documents administratifs ou à la rigueur de l’évaluation. Elle se vérifiera surtout dans les écoles, lorsque les premiers repas devront être servis aux enfants.

L’application rigoureuse des critères annoncés constitue, à cet égard, une condition importante pour limiter les contestations et éviter que les procédures de passation ne retardent la mise en œuvre du programme.

L’ANAN devra donc maintenir le cap. La direction générale et les responsables chargés des marchés publics gagneraient à rester particulièrement attentifs à chaque étape du processus, afin que les nouvelles orientations ne soient pas fragilisées par des interventions extérieures ou des choix éloignés des exigences du programme.

Le proverbe est connu « L’œil du maître engraisse le chien. » Dans la gestion des cantines scolaires, cette vigilance devra rester de mise. Car derrière les marchés, les dossiers et les procédures, il y a une réalité, des milliers d’écoliers attendent leur repas.

La nouvelle procédure ouvre ainsi une nouvelle étape pour l’ANAN. Elle devra désormais être jugée à l’aune de ses résultats, des opérateurs compétents, une gestion rigoureuse et, surtout, des repas effectivement disponibles dans les écoles dès la rentrée.

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