Burkina Faso : Traoré rejette fermement la résolution du Parlement européen sur les libertés fondamentales

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Le gouvernement burkinabè a rejeté la résolution adoptée le 18 juin 2026 par le Parlement européen sur la situation des libertés fondamentales au Burkina Faso. Dans une note verbale adressée à la Délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, les autorités dénoncent une « ingérence inacceptable » et réaffirment leur souveraineté face aux critiques européennes.

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Cette réaction intervient quelques jours après la convocation de l’ambassadeur de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain, par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. Les autorités burkinabè avaient alors exprimé leur « désapprobation », leur « déception » et leur « dégoût » à l’égard de la résolution intitulée « Persistance de la répression de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso »

Lors de cette rencontre diplomatique, le chef de la diplomatie burkinabè avait contesté le contenu du texte adopté par les eurodéputés. Il estime qu’il reposait sur des données inexactes et une compréhension insuffisante des réalités sécuritaires auxquelles fait face le Burkina Faso. « Notre pays se bat depuis longtemps contre l’insécurité aux côtés du Mali et du Niger. Voir un parlementaire avancer des chiffres erronés sur un pays qu’il n’a jamais visité revient à souiller la sacralité du Parlement européen par un discours aux relents néocoloniaux », avait déclaré Karamoko Jean Marie Traoré.

Dans sa note verbale datée du 23 juin 2026, le ministère des Affaires étrangères estime que la résolution européenne constitue une violation des principes de souveraineté nationale consacrés par la Charte des Nations unies. Le document accuse le Parlement européen de s’être appuyé sur des informations biaisées et dénonce un texte « manifestement adossé à des desseins néocoloniaux et inspiré par des réseaux obscurs à la solde de la France ». Pour Ouagadougou, cette démarche est contraire aux principes d’égalité souveraine des États et de non-ingérence dans les affaires intérieures.

Les autorités burkinabè s’interrogent également sur le choix du Parlement européen de mettre en avant des chiffres qu’elles jugent inexacts, alors que le pays mène, selon elles, une lutte déterminante contre le terrorisme dans la région du Sahel.

Ouagadougou rappelle par ailleurs que la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel trouve son origine dans la déstabilisation de la Libye après l’intervention militaire de l’OTAN en 2011. Selon les autorités, les conséquences de cette opération continuent d’affecter durablement les pays sahéliens.

Malgré la fermeté de sa position, le Burkina Faso affirme rester attaché à un dialogue constructif avec l’Union européenne. Le gouvernement indique privilégier des relations fondées sur le respect mutuel et les intérêts communs.

Toutefois, il avertit que cette coopération ne pourra se développer dans un climat marqué par « la condescendance, les injonctions ou les procès d’intention ». En conclusion, les autorités burkinabè déclarent la résolution européenne « nulle et de nul effet ».

Médard Clobechi

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