Lutte contre la cybercriminalité au Bénin: un vaste réseau international de prêts frauduleux démantelé par le CNIN et l’INTERPOL
Le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) a démantelé, avec l’appui de l’Organisation internationale de police criminelle, communément abrégée INTERPOL, un vaste réseau international de prêts usuraires en ligne opérant au Bénin et dans plusieurs pays de la sous-région. L’opération, déclenchée après de nombreuses plaintes, a conduit à l’interpellation de plusieurs suspects, dont trois ressortissants asiatiques présentés comme des responsables du réseau.
Selon le CNIN, plusieurs plateformes, notamment ZeroInquietude, BoltLoan, OuiPret, CreditInstantane et LePret, proposaient des prêts présentés comme rapides et accessibles. Une fois installées, ces applications exigeaient toutefois l’accès aux contacts, photos et messages des utilisateurs, tout en appliquant des taux d’intérêt jugés excessifs.

Les investigations ont également révélé l’existence de centres d’appels installés au Bénin et dans d’autres pays de la sous-région. Des employés, recrutés comme téléconseillers ou agents de recouvrement, étaient chargés de récupérer les créances en recourant à des méthodes de harcèlement, de menaces et de chantage fondées sur l’exploitation des données personnelles des emprunteurs. Les enquêteurs sont parvenus à identifier les responsables présumés du réseau et à localiser plusieurs de leurs bases d’opération. Les renseignements transmis à INTERPOL ont permis la mise en œuvre d’une opération coordonnée ayant abouti à l’interpellation de plusieurs suspects, dont trois ressortissants asiatiques considérés comme faisant partie des principaux dirigeants.
À la suite de cette opération, le CNIN invite la population à redoubler de vigilance face aux offres de crédit instantané diffusées sur internet. L’institution déconseille l’installation d’applications réclamant l’accès aux données personnelles du téléphone et recommande aux personnes victimes de menaces ou de harcèlement de saisir les autorités compétentes plutôt que de céder aux pressions. Le centre rappelle enfin que toute personne participant à ces activités, y compris sous couvert d’un emploi de téléconseiller ou d’agent de recouvrement, s’expose à des poursuites judiciaires. Les enquêtes se poursuivent afin d’identifier d’éventuels autres membres du réseau et de prévenir des faits similaires.
Laura LEKE