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Département de l’Atacora: Accusé de sorcellerie, un homme fusillé au ventre puis égorgé à Kouandé

Dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 août 2026, vers 2 heures du matin, un assassinat après accusation de sorcellerie a plongé le village de Koutéré, dans la commune de Kouandé, département de l’Atacora, dans la stupeur. Feu Nabookou aurait été tué dans des circonstances d’une rare violence, après avoir été accusé par des membres de sa propre famille de sorcellerie et de pratiques occultes.

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Selon les informations exclusives recueillies par l’équipe du webmédia le Potentiel, la victime aurait été présentée par ses proches comme responsable de plusieurs décès survenus au sein de la famille. Des accusations graves, fondées sur des croyances et des pratiques occultes présumées, qui auraient servi de justification à son élimination.

Une exécution préparée

Le drame aurait été commis aux environs de 2 heures du matin. Nabookou aurait reçu une balle dans le ventre avant d’être égorgé. Les auteurs présumés auraient ensuite emporté une partie du corps, notamment la gorge de la victime.

Après le crime, les individus mis en cause seraient restés dans le village, faisant peser des menaces sur les habitants. Ils auraient notamment averti la famille de ne pas engager de réaction contre eux.

La famille de Nabookou aurait également reçu l’ordre de procéder rapidement à son inhumation, sans les cérémonies funéraires habituelles ni véritable temps de deuil.

Une violence qui laisse derrière elle une famille meurtrie et une communauté prise entre peur, silence et colère.

Un présumé gang de « chasseurs » au cœur des accusations

L’affaire prend une dimension encore plus préoccupante avec les soupçons visant un groupe présenté localement comme un réseau de chasseurs impliqués dans plusieurs mises à mort de personnes accusées de sorcellerie.

D’après les informations rapportées, ce groupe aurait déjà été associé à la mort de plusieurs personnes dans la zone. Une femme appelée Dèmbè aurait notamment été tuée quelques semaines auparavant. Une autre victime, présentée comme une proche d’un membre du groupe, aurait également connu le même sort.

Ces informations font état d’un système organisé. Les personnes désignées comme sorcières seraient, selon ces accusations, livrées au groupe contre rémunération. Le montant évoqué serait de 500.000 francs CFA par personne, une avance de 200.000 francs CFA avant l’opération et 300.000 francs CFA après l’exécution.

Ces éléments, qui restent à établir par l’enquête, donnent à cette affaire une dimension qui dépasse le cadre d’un simple règlement familial.

Un cimetière réservé aux victimes présumées

Autre élément particulièrement troublant rapporté dans cette affaire, l’existence présumée, à Koutéré, d’un espace servant de cimetière pour des personnes accusées de sorcellerie puis tuées.

Cette affirmation devra être vérifiée par les enquêteurs. Elle pose néanmoins une question lourde, combien de personnes auraient-elles pu être victimes de ces accusations et de ces pratiques au cours des dernières années ?

Des témoignages locaux feraient état d’autres décès survenus dans des circonstances comparables.

Les autorités appelées à faire toute la lumière

Le commissariat de Glimarou serait territorialement compétent pour connaître de cette affaire. Mais, dans le contexte sécuritaire difficile que connaît la zone après les récents événements liés aux groupes djihadistes, cette unité serait présentée comme pratiquement inactive.

Le dossier aurait ainsi été porté devant le commissariat d’Orou-Kayo. L’enjeu est désormais de déterminer les circonstances exactes de la mort de Nabookou, d’identifier les auteurs matériels et leurs éventuels commanditaires, mais aussi de vérifier les accusations faisant état d’autres assassinats liés à la sorcellerie.

Car derrière cette affaire se trouve une réalité particulièrement sombre, une accusation, même portée au nom de croyances profondément ancrées, ne peut devenir une condamnation à mort.

À Koutéré, la mort de Nabookou laisse une famille endeuillée, un village inquiet et une question qui attend une réponse judiciaire : combien d’autres vies ont-elles déjà été sacrifiées au nom de la sorcellerie ?

Joseph Sossou

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