Une arme arrachée à un douanier dans le Couffo et récupérée grâce à la police. Malgré des agressions récurrentes, aucun tir sur un contrebandier n’a été signalé. C’est la tendance générale observée depuis l’arrivée du colonel Malèhossou Raouf à la tête de la douane béninoise. Or, si des altercations conduisent les populations à arracher l’arme de service d’un douanier de ses mains, la scène peut virer au drame. Dans le cas du Couffo, nos sources informent que l’arme a été récupérée dès le lendemain, jeudi, grâce à l’intervention du directeur départemental de la police républicaine (DDPR) du Couffo, et restitué depuis à la douane. La police et les autorités locales sont par ailleurs mobilisées sur ce dossier. Si l’épisode s’est conclu sans heurts, il illustre un phénomène que le pôle des observateurs du Dei du groupe de presse Le Potentiel documente depuis un moment. Les données d’observation et les cas renvoient l’image d’une violence systématique. Les agents des douanes béninoises sont exposés, sur le terrain à des formes multiples de violence. L’incident du Couffo n’est pas isolé. Sur l’axe Sèmè-Cotonou, des zones sont même désignées dans le langage populaire sous le nom de « zone rouge », tant les affrontements avec les réseaux de contrebande y sont fréquents. Des agents de douane y sont maltraités presque quotidiennement. Plusieurs fois, populations et contrebandiers tentent de brûler vifs des éléments des douanes. On se rappelle encore d’un cas assez alarmant d’agression rapporté en décembre dernier. Des faits qui, mis bout à bout, dessinent le climat de violence auquel fait face un corps dont la mission reste avant tout de protéger les recettes de l’État. Face à cette réalité, la doctrine affichée par la hiérarchie douanière tranche avec un passé récent où des tirs sur des contrebandiers, parfois meurtriers, n’étaient pas rares. Depuis que le colonel Malèhossou Raouf a pris la tête de la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI), aucun cas de douanier ayant tiré sur un contrebandier n’a été rapporté. Cette doctrine précède l’entrée en fonction du DG Raouf Malèhossou. Il avait déjà instauré cette même retenue lorsqu’il dirigeait l’unité de l’Ouémé-Plateau. Une consigne qui traduit une doctrine simple, aucune marchandise, quelle qu’en soit la valeur, ne vaut une vie humaine. Malgré ce climat de violence, les agents des douanes font preuve d’un sang-froid et d’un professionnalisme qui méritent d’être salués. Continuer à assurer leur mission de contrôle, jour après jour, dans des zones où leur intégrité physique est régulièrement menacée, relève d’un courage qui passe trop souvent inaperçu. Cette retenue des agents ne s’accompagne cependant pas toujours de la réciprocité attendue de la part de certains contrevenants. Dans plusieurs régions du pays, des agents des douanes continuent de faire l’objet d’agressions et de violences de la part de réseaux de contrebande qui n’hésitent pas à s’en prendre physiquement à eux pour protéger leurs activités illicites. Une réalité qui appelle à une prise de conscience collective. La douane n’est pas un adversaire des populations, elle est un service public au service de la Nation. Il est utile de rappeler, à cet égard, ce que représentent concrètement les recettes douanières pour le pays. C’est grâce à elles que sont notamment financées les infrastructures routières, la construction d’hôpitaux, de stades et d’autres équipements publics dont bénéficient l’ensemble des populations, y compris celles des zones où la contrebande est la plus active. S’en prendre à un douanier dans l’exercice de ses fonctions, c’est, d’une certaine manière, se priver soi-même des moyens de son propre développement. Face aux enjeux, appeler au civisme des populations est plus qu’un devoir. Face aux agents des douanes qui font preuve d’une discipline salutaire, les populations et acteurs de la contrebande doivent privilégier le dialogue et le respect de la loi plutôt que la confrontation et la violence. Revenir à la raison, obtempérer et faciliter le travail des douaniers restent des réflexes citoyens à promouvoir.
























































