Difficultés en matière de sécurité intérieure: L’urgence d’une réforme de la Police républicaine

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Le Chef de l’État, Patrice Talon en a fait son cheval de bataille. Selon le n°1 béninois, la réforme devrait s’opérer pour vaincre l’insécurité à l’intérieur du pays. La Police républicaine naquit sur les cendres de l’ex-Police nationale et de l’ex-Gendarmerie nationale. Les deux forces ont été fondues puis fusionnées pour donner naissance à la Police républicaine avec comme attribution: assurer la sécurité intérieure. Mais à l’épreuve du temps et des défis liés à l’implémentation du projet, des difficultés sont apparues. Il s’agit entre autres des problèmes d’ordre organisationnel, de reclassement, de reconnaissance et d’équivalence de grades, de promotion dans la hiérarchie, de gestion de la troupe, etc. Le moral d’une troupe se sentant lésée ne peut être au top. Les agents de l’ex-Gendarmerie nationale ne cessent de crier à une marginalisation et une discrimination par rapport à leurs frères d’armes  de l’ex-police nationale. Si les deux forces unifiées dans la Police républicaine n’entretiennent pas de bons rapports, c’est la sécurité des Béninois qui en souffrirait.

Aujourd’hui, il est évident qu’il y a des difficultés  liées à la fusion de l’ex-Police nationale et de l’ex-Gendarmerie nationale. Ces difficultés doivent être traitées avec minutie par des personnes ressources dont notamment les magistrats, les officiers généraux à la retraite ou encore en activité, les cadres à divers niveaux de l’administration, les députés et les organisations de la société civile. Plus d’un an après sa naissance, l’heure est enfin venue pour un bilan. Les personnes sus indiquées devront saisir l’occasion d’un atelier de réflexion pour faire le bilan à mi-parcours d’exercice de ce nouveau corps. Il s’agira de produire un rapport soutenu sur les forces et faiblesses de la Police républicaine et d’ouvrir une fenêtre sur les réajustements nécessaires pour un fonctionnement idéal. À terme la Police républicaine dans sa forme actuelle peut être dissoute ou subir des modifications partielles ou complètes. À son issue, il peut être décidé aussi  de la poursuite ou de la dissociation de ces deux corps (policiers et gendarmes) dont les modes de recrutement, de formation  et d’évolution sont bien différents.

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En prélude à l’éventuel atelier de réflexion bilan et projection, des voix avisées font des propositions. À titre de proposition, les anciens gendarmes peuvent se reconstituer et former la nouvelle garde nationale. Selon les porteurs de cette proposition, la garde nationale serait gérée par une force exerçant l’OPJ. Les gendarmes ayant déjà reçu une formation militaire et exerçant également les missions de Police judiciaire, les porteurs de la proposition pensent qu’il serait très économique pour l’État de les convertir à la garde nationale et réduire conséquemment les dépenses liées à la formation. Des propositions fusent de parts et d’autres compte tenu des problèmes de collaboration entre les deux ex-corps. L’objectif est d’éluder les clivages ou tensions inutiles qui pointent à  l’horizon depuis que le projet de loi portant statut des personnels de la police républicaine est transmis à  l’Assemblée Nationale pour être voté. La sécurité intérieure du Bénin et la paix des citoyens sont intimement liées à la qualité des corps tel que la Police républicaine. Le législateur béninois est vivement attendu.

E.A.

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