Affaire «Évasion de 2 détenus à la prison de Missérété» : Plusieurs officiers mis aux arrêts

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• Les régisseurs Joël Fèliho et Léandre Sèdaminou au gnouf 

• Le récit de l’évasion des redoutables détenus

• Le militaire caporal évadé a été arrêté hier vers 17h

 

Dans l’affaire relative à l’évasion des prisonniers à la prison civile d’Akpro-Missérété, des sanctions tombent au jour le jour. Dans notre parution du mercredi dernier, nous insistions sur le devoir d’équité et de justice dans ce dossier. Eh bien ! Ces dernières heures, selon les informations concordantes recoupées auprès de plusieurs sources, le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia est entré en contact avec le Directeur Général de la Police Républicaine aux fins de s’assurer que la procédure reste collée aux textes. Nos sources renseignent qu’il a instruit le Dgpr pour que le dossier soit traité avec rigueur et sans complaisance. L’autorité ministérielle a opté pour la main ferme et les acteurs impliqués sur la chaîne ont reçu les premiers coups de flagellation. Dans la foulée de l’exécution des instructions, laissent entendre nos sources, le Régisseur de la prison civile d’Akpro-Missérété, le lieutenant de police Léandre Sédaminou et son collègue régisseur de la prison civile de Cotonou, le capitaine de police Joël Fèliho déjà suspendu depuis le 29 octobre ont été mis aux arrêts et gardé à la brigade criminelle. Les gardiens-chefs des deux prisons civiles (Cotonou et Missérété) ont été aussi mis aux arrêts. Tous ces hommes en uniformes sont au gnouf et devraient subir, s’ils sont reconnus coupables, les rigueurs des règlements militaires et de la loi.

 

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Le récit de l’évasion entre les prisons de Cotonou et de Missérété

 

On en sait un peu plus sur l’affaire “Évasion de deux prisonniers à la prison d’Akpro-Missérété”. Jusque-là sous anonymat, l’identité des deux prisonniers évadés est désormais connue. Votre journal, engagé au service de la vraie information a réussi à avoir un surplus de confidences auprès de ses sources. Aimé Sassi, militaire de grade caporal, âgé de 41 ans est l’un des prisonniers évadés de la prison d’Akpro-Missérété. Il était à la prison civile de Cotonou depuis le 2 octobre 2019. Il est poursuivi pour des faits constitutifs d’infraction de complot contre l’autorité de l’État. Le second prisonnier évadé a pour nom Judicaël Alozounhe. Âgé de 43 ans, il est en prison depuis le 27 mai 2018. Il est poursuivi pour deux différents faits et a deux différents mandats de dépôt. La qualification de l’infraction est liée à des faits d’association de malfaiteurs-vol commis avec port d’une arme apparente ou cachée même si l’arme est placée dans un véhicule motorisé. Le second mandat décerné contre ce détenu porte sur des faits de détention, d’achat, de culture illicite d’un dérivé de la plante de cannabis autre que l’huile de cannabis pour consommation personnelle. Le récit de l’évasion des deux détenus est glaçant et suscite encore beaucoup de questions. Selon nos sources, c’est le 23 octobre 2020 que le capitaine de police, Joël Fèliho, alors régisseur de la prison civile de Cotonou a été informé que les deux prisonniers (Aimé Sassi et Judicaël Alozounhe) étaient en train de planifier une émeute ou un tohu-bohu dans l’enceinte de la prison. L’idée est de profiter du désordre dans l’enceinte de la prison civile de Cotonou pour s’évader. Nos sources font savoir qu’après cette alerte, le régisseur Joël Fèliho a fait un compte-rendu à sa hiérarchie et au procureur territorialement compétent. Pour donc déjouer ce plan d’évasion, le régisseur de la prison civile de Cotonou a eu l’idée de transférer les deux prisonniers soupçonnés à la prison civile d’Akpro-Missérété, laquelle prison est plus sécurisée que celle de Cotonou. Ayant eu l’accord de sa hiérarchie, le 24 octobre, le transfert des deux détenus a eu lieu sous l’autorité du gardien-chef de la maison d’arrêt de Cotonou. Nos sources qui relatent les faits précisent qu’à 12h 23min (cf. la décharge d’arrivée) les deux détenus, Aimé Sassi et Judicaël Alozounhe, ont été effectivement déposés à la prison civile d’Akpro-Missérété. Le 25 octobre tôt le matin, soit le lendemain de leur transfèrement de la prison civile de Cotonou, les deux prisonniers se sont évadés. Ici, il convient de rappeler que le constat fait renseigne que les deux prisonniers n’ont nullement endommagé la cellule dans laquelle ils étaient à la prison d’Akpro-Missérété depuis la veille, à leur arrivée.

 

La guerre entre les ex-policiers et les ex-gendarmes

 

Cette affaire d’évasion de prisonniers à la prison civile d’Akpro-Missérété a remis au goût du jour, les différences de traitements et la rivalité décriée entre les ex-policiers et les ex-gendarmes désormais enrôlés tous sous les couleurs de la police républicaine. Il s’agit d’une guerre froide qui se joue autour de la garde des prisons entre les ex-policiers et les ex-gendarmes. Selon nos sources, parmi les régisseurs des prisons civiles, il y a des ex-policiers et les ex-gendarmes. Mais au lieu d’une synergie d’action, c’est à une guerre de compétences et de clans que se livrent ces agents de la police républicaine. D’après les confidences de nos sources, des privilèges seraient accordés à certains ex-policiers ou ex-gendarmes. En clair, une ex-corporation serait mieux lotie que l’autre. Selon certaines indiscrétions, un travail se fait dans l’ombre pour empêcher certains ex-corps de diriger les prisons civiles. Plusieurs autres récriminations sont aussi revenues au plan fonctionnel. Cette situation est source de frustrations et déteint sur la qualité du travail, en témoigne les évasions de prisonniers des prisons civiles. La hiérarchie devra travailler pour aplanir les divergences et assurer une justice professionnelle entre les ex-policiers et les ex-gendarmes désormais tous enrôlés sous les couleurs de la police républicaine. Votre journal suit de près cette actualité liée à l’évasion et reviendra sur d’autres aspects dans les prochaines semaines. À suivre…

 

1 commentaire
  1. TOHOUEGNON dit

    J’ai lu et apprécié votre article.

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