???? Bradage des réserves administratives à Djimè Sud: les menottes bientôt aux poignets des criminels fonciers

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• Des responsables de la mairie d’Abomey auditionnés

• Le commissariat de Vidolé reçoit bientôt les acquéreurs

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En un tour de vis, la hiérarchie judiciaire a plongé les responsables de la mairie d’Abomey et autres acquéreurs des réserves administratives à Djimè Sud dans l’inquiétude. Les faits d’histoire sont têtus. Avec un arrêté communal contraire aux normes et des actes administratifs conçus dans un élan de faux et usage de faux en écriture publique, des parcelles relevant du patrimoine foncier de la mairie d’Abomey à Djimè Sud ont été bradées depuis plus d’une dizaine d’années. L’arrêté qui a légalisé le crime foncier de Djimè Sud a été signé le 10 juin 2011 par Blaise Ahanhanzo-Glèlè, alors maire de la ville d’Abomey. Sur la base de cet arrêt, le patrimoine foncier de la Mairie est passé aux mains de particuliers. Des parcelles ont été attribuées à titre onéreux dans le lotissement de Djimè Sud à des élus communaux, cadres techniques de la mairie et à d’autres particuliers. L’acte administratif authentique signé par l’ancien Maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè fait état de 75 personnes bénéficiaires des réserves administratives bradées à Djimè Sud. Mais l’acte a été falsifié et 15 personnes supplémentaires ont été ajoutées à la liste des bénéficiaires. Il est apparu alors qu’au-delà du crime foncier, des actes de faux et usage de faux en écriture publique se sont déroulés à la mairie d’Abomey. Alors que la rédaction de votre Journal s’attèle depuis quelques mois à révéler les dessous de cette sulfureuse affaire de mafia foncière, les autorités judiciaires viennent de rentrer en jeu. Selon nos sources bien informées, le commissariat de Vidolé à Abomey, sur instruction de la justice, a commencé à écouter certains responsables de la mairie d’Abomey sur procès procès-verbal. Selon les mêmes sources, plusieurs responsables de la mairie d’Abomey ont été déjà écoutés. Dans ce même sillage, les mêmes sources renseignent que les acquéreurs dans le domaine de Djimè Sud seront aussi auditionnés. Si ces sources n’indiquent pas des dates précises, elles informent que les auditions des acquéreurs vont démarrer après celles des responsables des mairies. Depuis le début des auditions, c’est la débandade totale dans les rangs des mis en cause. Une trouille inépuisable s’est emparée des élus communaux, cadres techniques et autres acquéreurs de parcelles sur le domaine de Djimè Sud. Avec le début de ces auditions, les populations d’Abomey n’ont plus de raison de s’impatienter. Elles qui n’attendaient que le retour des parcelles bradées dans le patrimoine de la mairie. Selon nos sources, à la suite des auditions, le dossier sera transmis au Procureur compétent pour ouvrir la voie à une procédure judiciaire en bonne et due forme. Il y a quelques jours, votre journal Le Potentiel revenait sur les raisons qui retardaient l’emprisonnement des criminels fonciers. Mais le début de ces auditions est un signe rassurant. L’Etat de droit sera respecté. Et même si le dossier a pris du temps, le journal Le Potentiel se félicite de ce premier pas dans la procédure judiciaire avec les auditions des délinquants fonciers. Le temps de l’embarras judiciaire est terminé. Les parapluies politiques, les liens de parenté avec le Chef de l’État et les menaces brandis par les délinquants fonciers pour soustraire de la justice ne pourront rien faire.

Les erreurs de gestion

À Djimè Sud, les réserves administratives ont été attribuées à des tiers. Le patrimoine foncier de la mairie d’Abomey a été morcelé puis partagé entre copains, copines et coquins. Or, ces réserves administratives obéissent au même régime juridique que celui des domaines publics. Les réserves administratives ne peuvent être bradées et vendues sur un coup de tête. Elles sont là pour servir d’espace pour l’érection de diverses infrastructures sociocommunautaires et autres projets de développement. Ce qui s’est passé donc à Djimè Sud est un crime foncier. Ainsi donc, il est difficile de comprendre comment l’ex-maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè a pu signer un arrêté pour acter le bradage des réserves administratives à Djimè Sud. Surtout quand on sait que trois de ses enfants sont bénéficiaires des parcelles bradées à Djimè Sud, on peut se demander s’il n’était pas mu par la satisfaction d’une soif personnelle. Auquel cas, un délit d’initié serait constaté. Ensuite, ce sont des élus communaux et cadres techniques de la mairie d’Abomey qui ont bénéficié dans une large mesure des réserves administratives bradées à Djimè Sud. L’ex-maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè aurait-il agi pour contenter des collaborateurs politiques et administratifs à la mairie d’Abomey ? De toute façon, la signature de l’arrêté portant attribution à titre onéreux de parcelles dans le lotissement de Djimè Sud est un acte d’une extrême gravité qui enfreint les règles foncières notamment celles qui encadrent les domaines publics. Toujours au banc des accusés dans cette sulfureuse affaire de bradage de réserves administratives, l’ancien maire d’Abomey Fortunet Nouatin n’est pas aussi blanc que ça. Alors qu’il a tenté de décliner sa responsabilité et rejeter toute la faute sur son prédécesseur Blaise Ahanhanzo-Glèlè, Fortunet Nouatin peut bel et bien essuyer les critiques. Sur les 15 faux bénéficiaires adossés à l’arrêté falsifié, certains ont bénéficié des certificats administratifs de propriété sur les parcelles bradées à Djimè Sud. C’est Fortunet Nouatin alors maire de la commune d’Abomey qui a signé ces certificats le 10 avril 2014. Il s’agit par exemple de Dossa Damien Dakaou, de Sylvain Agblo, de Robert Agblo, etc. Pour leur délivrer les certificats administratifs, Fortunet Nouatin a fait référence à l’arrêté du 11 juin 2011 signé par l’ex-maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè. Pire, les personnes concernées par les certificats administratifs de propriété sont celles issues d’un arrêté falsifié. Ce faisant Fortunet Nouatin avait délivré des certificats administratifs de propriété sur des réserves administratives bradées à des bénéficiaires fictifs. Il s’agit là d’un fait qui remet en cause la crédibilité absolue dont se prévaut Fortunet Nouatin dans ce dossier de bradage de réserves administratives à Djimè Sud. Dans cette affaire, les deux anciens maires Blaise Ahanhanzo-Glèlè et Fortunet Nouatin ont manqué chacun en ce qui le concerne de jouer son rôle. Le premier ayant commis l’erreur de violer le patrimoine foncier de la mairie, le second avait manqué l’occasion de rapporter l’arrêté. Pire, il a même signé des actes de propriété à des bénéficiaires de parcelles sur le domaine bradé. Les deux ex-maires peuvent subir les critiques liées à un manque de rigueur, une faute lourde et une légèreté dans la gestion.
Rose .H

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