Crise à la Coopérative d’aménagement rural (CAR) dans l’Atlantique: risque d’un affrontement mortel à Agbotagon ce jour !

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• Alphonse Houngbandan, le président illégitime du CA veut redistribuer les parcelles

• Le ministère de l’Agriculture a pourtant ordonné la reprise des élections

• Talon pour discipliner les fauteurs de troubles

C’est le mercredi de tous les dangers à Agbotagon dans l’arrondissement de Damè, commune de Toffo. Dans cette localité située dans le département de l’Atlantique, un bain de sang se dessine. Il n’est d’ailleurs pas exagéré de dire, au vu de la tension prégnante entre les coopérateurs, que tous les éléments sont réunis pour que l’irréparable survienne. En effet, les administrateurs de la Coopérative d’aménagement rural (CAR) d’Agbotagon sont depuis quelques mois engagés dans une prise de bec.

Au cœur de la brouille, un vice de forme et de procédure devant présider au remplacement de trois membres du conseil d’administration. Il s’agit du feu président Camille Assogba (pour cause de décès), du Vice-président Célestin Agbonankan et du trésorier général Apollinaire Tavoyéha. Dans un scénario alambiqué, le sieur Alphonse Houngbandan a pris la présidence de la Coopérative d’aménagement rural d’Agbotagon. L’histoire, et nous le verrons plus bas, révèlera qu’il s’est presque autoproclamé nouveau président de la CAR sans aucune onction du groupe majoritaire du Conseil d’administration encore moins de l’Assemblée générale. Alors qu’il est contesté pour défaut de légitimité, le 24 juin 2022, le pseudo président du Conseil d’administration de la CAR d’Agbotagon, Alphonse Houngbandan a convoqué l’ensemble des coopérateurs au bureau de la CAR pour ce mercredi 29 juin à 8h. Dans son communiqué radiodiffusé, Alphonse Houngbandan informe qu’il sera question de la « distribution des interlignes aux 401 coopérateurs sur les sept (7) parcelles abattues en 2021 […] pour que chacun d’eux bénéficient de deux (2) interlignes aux fins de conjuguer au passé les remous dû aux frustrations […]». Mais le sieur Alphonse Houngbandan est frappé de deux défauts : d’abord celui de légitimité et ensuite de celui du pouvoir d’agir au nom du conseil d’administration de la CAR d’Agbotagon. Il tente donc de faire un coup de force en narguant l’Autorité de tutelle de la Coopérative qu’est le ministre de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui.

Seul contre tous, y compris la loi

Banniere carrée

Ce qui se passe dans le conseil d’administration de la Coopérative d’aménagement rural d’Agbotagon a tout l’air d’une pagaille entretenue par le président du conseil d’administration contesté. La séance de redistribution des interlignes maintenue pour ce mercredi n’aurait dû jamais exister si le président illégitime avait choisi la voie de la raison. D’abord, face à l’arbitraire et au coup de force du sieur Alphonse Houngbandan, le groupe majoritaire de six (6) membres du conseil d’administration a saisi les autorités compétentes. Dans une correspondance en date du 28 juin 2022, les six membres floués par le pseudo président du CA ont solidairement demandé l’intervention de la police républicaine. Le courrier dans lequel ils sollicitent l’intervention des forces de sécurité est adressé au directeur départemental de la police républicaine de l’Atlantique. Dans leur demande, les signataires rappellent que la CAR d’Agbotagon est plongée dans une crise née d’une situation confuse créée par une minorité de personnes en violation des textes réglementaires depuis le 20 avril dernier. « Grande est notre surprise d’apprendre à travers un communiqué aujourd’hui qu’une activité de redistribution des interlignes déjà distribuées aux Coopérateurs par nous membres du Conseil d’administration est prévue pour demain mercredi 29 juin 2022. Une activité budgétisée et déjà exécutée par notre Conseil d’administration il y a près de trois mois », lit-on dans le courrier de dénonciation du groupe majoritaire de six membres du Conseil d’administration de la CAR d’Agbotagon. Tout en rappelant ne pas être associés à une telle activité décidée par 3 personnes dans un contexte de tension maximale, les six membres demandent expressément l’intervention de la police pour éviter les “actes de vandalisme” surtout que la « majorité des Coopérateurs ont leurs cultures vivrières sur les espaces ». Les signataires demandent que le directeur départemental de la police républicaine instruise le commissaire de Houègbo à l’effet d’interdire la tenue de cette activité de distribution des interlignes « qui peut conduire à la violence». Les six membres insistent aussi sur le caractère illégitime du trio agissant au nom du Conseil d’administration depuis le 31 mai 2022. Le fameux président du conseil d’administration Alphonse Houngbandan n’a donc pas qualité à agir au nom et pour le compte du CA de la Coopérative d’aménagement rural d’Agbotagon.

Le Maep dégomme le trio illégitime

Alors qu’ils se prévalaient d’avoir été installés par le ministre de l’Agriculture Gaston Dossouhoui, le fameux président du conseil d’administration de la CAR d’Agbotagon Alphonse Houngbandan, son vice-président et le trésorier général ont été tout simplement désavoués à la suite d’une enquête et des résultats et analyse de données recueillies par les soins de l’autorité de tutelle. Dans une correspondance en date du 31 mai 2022 et signée par la secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, Françoise Assogba Komlan, il a été ordonné la reprise du processus de remplacement des trois administrateurs suivant les normes réglementaires. Il s’agit du feu président Camille Assogba (pour cause de décès), du vice-président Célestin Agbonankan (démis pour avoir présidé le comité d’abattage illégal de palmiers à huile en 2013 sans reddition de compte aux coopérateurs) et du trésorier général Apollinaire Tavoyéha (relevé de ses fonctions pour non-respect du plan établi pour l’installation des cultures par zone). Selon la note de la secrétaire générale du Maep, Françoise Assogba Komlan, le sieur Apollinaire Tavoyéha a commis la faute d’installer des palmiers à huile sur des terrains réservés aux cultures vivrières. En tablant sur ces faits, l’autorité ministérielle a ordonné qu’ils soient débarqués de leurs postes et remplacés dans un délai de trois mois suivant les textes partant du choix à l’intérieur du conseil d’administration puis la soumission et la validation de l’Assemblée générale des Coopérateurs. En dépit de cette injonction, on se demande pourquoi le fameux président illégal Alphonse Houngbandan s’entête à poursuivre ses actions alors même que le poste de président du Conseil d’administration n’a pas encore été pourvu selon les directives du ministère de l’Agriculture ? Alphonse Houngbandan n’est, dans l’absolu, pas habilité à agir en qualité de président du Conseil d’administration de la CAR d’Agbotagon. D’autant qu’il n’a ni légalité ni légitimité pour poser de tels actes. Personne n’a d’ailleurs réussi à avoir du sieur Alphonse Houngbandan l’acte qui prouve qu’il a été élu ou même désigné comme président. Il s’agit, in fine, d’une pagaille organisée par le faux président Alphonse Houngbandan et ses deux acolytes, le vice-président et le trésorier général désavoués par le ministère de l’Agriculture.

La fermeté de Talon pour régler l’affaire

On le connait pour sa rigueur. Il n’y a de dossier qui mette en péril la nation et la paix qui puisse lui échapper. Le Président de la République, Patrice Talon a l’art de siffler la fin de la récréation. Il a surtout cette touche pour discipliner les indélicats qui jouent aux fauteurs de troubles. C’est de cette fermeté que les coopérateurs de la CAR d’Agbotagon ont besoin pour avoir une fois pour de bon la paix. Sinon, en l’état des choses, le faux président Alphonse Houngbandan conduit le Conseil d’administration et toute la coopérative d’aménagement rural d’Agbotagon vers une crise fatale avec des risques d’affrontements et de dégâts irréparables. Ce forcing dans l’illégalité est un signe annonciateur d’un déchaînement des passions et d’un bain de sang aux conséquences incalculables. Une solution d’urgence s’impose : l’interdiction de toutes activités sur la CAR d’Agbotagon. Sans un ton ferme qui mette terme à toute prise de décision au sein du Conseil d’administration, le carnage n’est pas loin. Des vies humaines sont en jeu. Espérons juste que le pire ne se produise par aujourd’hui. Et travaillons à nous en préserver demain.

Brivaël Klokpê Sogbovi

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