Après l’inauguration de la place de l’Amazone : nécessité pour les populations de la maintenir propre !

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Inaugurée le samedi 30 juillet 2022 par le Président de la République du Bénin, Patrice Talon, la statue de l’Amazone érigée entre le Palais des Congrès de Cotonou et la Présidence est devenue depuis peu un site attractif. En passe de devenue l’emblème de la ville de Cotonou, elle a rassemblé de nombreux visiteurs au soir de la célébration du 62e anniversaire d’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale. Au lendemain de la Fête nationale, cette première visite a suscité l’indignation de nombre de Béninois en raison de l’état insalubre de l’esplanade après le départ des visiteurs.

19h… Au soir de ce 1er août 2022, le boulevard de la Marina grouille de monde. L’esplanade des Amazones encore plus. Un, deux, trois. Bientôt tous les réverbères de cette zone du quartier Cadjèhoun sont allumés. Enfants, jeunes et vieux, ils sont sortis en masse pour admirer de près la statue de la géante guerrière de Danxomè surplombant la ville de Cotonou avec ses 30 mètres de haut. Ici, les flashs de téléphone mitraillent de partout : tous désirent se prendre en photo. Sur l’esplanade, notamment chez les visiteurs, l’émotion est à son comble. Mais, plus pour longtemps. Il aura fallu moins de deux heures pour que le tableau devienne sombre. Là-bas, à environ trois mètres de l’imposante Agoodjié, à sa gauche, les étalages d’arachide, de gâteau, de l’eau, etc., poussent tel des champignons. Les gousses d’arachides, des sachets d’eau, de gâteaux, des cartons de friandises de toutes sortes jonchent désormais le sol. Comme bon nombre de Béninois, Sunday Kossivi s’est déplacé pour contempler celle qui depuis près de deux mois suscite l’admiration de tous.  Bien que muet, devant le spectacle qui s’offre à lui, l’expression de son visage en dit long. Approché, il n’est pas allé du dos de la cuillère pour exprimer son indignation. « Je suis choqué. Il y a trop d’incivisme dans notre pays. Je me rends compte que beaucoup ne mesurent pas encore la valeur de ce que l’État a érigé ici ».

Au lendemain de la célébration de la fête Nationale, le mardi 2 août, l’administrateur de la page Facebook Tokpa-Tokpa, à travers un texte publié sur le Méta, a clamé sa frustration. « Ce pays a besoin d’un chef d’État très rigoureux dans le maintien de l’ordre et la gestion de la cité n’en déplaise à ceux qui ne sont jamais contents. Premier jour de visite et déjà l’incivisme notoire. C’est une question d’éducation à la base et de manque de rigueur par la suite… Puisque quelqu’un de normal ne peut en aucun cas se permettre ce que nous constatons sur la photo », peut-on lire entre les lignes du texte publié. 

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Tout pour la garder propre et accueillante…

D’après les agents de la Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité urbaine du Grand Nokoué (SGDS-GN) rencontrés sur l’esplanade de l’Amazone le mardi 2 août, une équipe est commise pour le nettoyage de l’esplanade. Comme la veille, à quelques différences près, l’engouement est à son comble autour de l’Agoodjié. Interrogée sur la propreté de l’esplanade, dame Brigitte, venue en compagnie de ses sœurs pour contempler l’amazone, estime qu’il faudra y implanter des poubelles en nombre suffisant pour permettre aux visiteurs d’y jeter les déchets. « Je trouve que chaque visiteur devrait se déplacer avec de petits sacs en plastique. Dès qu’ils ont des déchets, ils les mettront dans leurs sachets et iront les jeter dans une poubelle plus tard. Que chacun emporte ses déchets chez lui. Comme on fait dans les autres pays pour les crottes de chien. Avoir un sachet pour que dès que le chien fait ses besoins, on ramasse ça rapidement pour ne pas polluer l’endroit. Je trouve qu’un truc comme ça serait bien », a-t-elle ajouté. « Il faudrait qu’on fasse l’effort pour que chacun à son niveau garde l’environnement propre. Les visiteurs du moment où ils mettent les pieds ici, ils doivent se dire qu’ils doivent garder le lieu propre. C’est un peu facile de dire chaque fois le gouvernement. C’est qui le gouvernement ? C’est aussi nous. Avant d’aller au gouvernement, il faudrait que nous-mêmes nous ayons l’envie que ces endroits restent propres. L’État ne peut pas tout faire », explique Spéro Sossou, un visiteur béninois venu de Lomé.
Si Spéro Sossou estime que la responsabilité du gouvernement est minime dans le maintien de la propreté sur l’esplanade, Sunday Cossivi voit les choses autrement. « Je pense que bientôt l’accès ne sera plus aussi facile. C’est un lieu qui doit être protégé pour que les gens ne viennent pas faire du désordre. Pour protéger, je pense que ce que le gouvernement peut mettre une clôture métallique pour entourer ne serait-ce que des barres métalliques avec un peu de grillages. Ainsi l’entrée est surveillée par des gardiens. Ceux qui veulent entrer, on requiert leur identité, leurs objectifs. Ça peut également permettre au pays de se faire un peu d’argent. S’ils viennent, même si c’est seulement 500f, ils vont payer à l’entrée », a-t-il laissé entendre. À en croire le texte publié tôt dans la matinée du mardi 2 août par Tokpa-tokpa, le gouvernement devra prendre les taureaux par les cornes. « Nous avons besoin qu’on nous tienne comme au camp militaire. La peur du gendarme doit être notre quotidien un peu comme avec la CRIET. Les dirigeants doivent prendre des mesures pour protéger nos récentes statues et désormais sites touristiques. La MAIRIE est vivement interpellée », a-t-il donné de la voix.

Nadine Béhanzin

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