Soutenance de thèse en microbiologie et technologie alimentaire : Mauricette Dévi Gbaguidi accède brillamment au grade de Docteur de l’Uac

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Le laboratoire d’écologie appliquée de la faculté des sciences agronomiques  (Fsa) de l’université d’Abomey-Calavi a servi de cadre ce lundi 7 novembre 2022 à la soutenance de thèse de Mauricette Dévi Gbaguidi, devant un jury international. C’était en présence des parents, amis et des curieux. Ses travaux de recherche se sont basés sur les conditions de production et de conservation des saucisses commercialisées au Bénin.

Elle  fait partie désormais du cercle très restreint des docteurs de l’université d’Abomey-Calavi (Uac), ceci après avoir soutenu  avec brio sa thèse sur le thème : « Production de saucisses de poulet au Bénin : itinéraires techniques, suivi de qualités et essai de bio conservation par l’utilisation des huiles essentielles de plantes locales », dans la spécialité microbiologie et technologie alimentaire. Mauricette Dévi Gbaguidi puisque c’est d’elle qu’il s’agit a présenté ce lundi 7 novembre 2022, les résultats de ses recherches à un jury international présidé par Pr Baba-Moussa Lamine Saïd.  Pendant plus d’une demi-heure en effet, l’impétrante a planché  sur les motivations du choix de ce thème, les hypothèses formulées, la méthodologie de travail, la collecte des données, les résultats obtenus durant les  années de recherche (2019-2022) et les perspectives. 
On retient de la présentation de Mauricette Gbaguidi,  que les saucisses font partie des produits carnés transformés les plus courants au monde. Ces produits ont une activité de l’eau et une charge microbienne très élevées, ce qui entraine leur courte durée de conservation. Sous la direction du Pr  Gnimabou René Dègnon, elle a engagé une enquête sur l’analyse des pratiques de fabrication, de conservation et de la qualité des différentes saucisses (fraiches, sèches, fermentées, fumées, cuite) vendues au Bénin. Elle a été effectuée dans les villes de Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, Dangbo, Comé, Lokossa, Zakpota, Dassa-Zoumè, Parakou, Savalou, Abomey et Natitingou, où la saucisse locale était disponible. Les résultats des enquêtes ont révélé une forte consommation de la saucisse cuite à pâte fine poulet (70%). Une consommation moins élevée dans la région septentrionale (39,16%) à cause des tabous religieux et des problèmes de santé.

*Les huiles essentielles, une alternative crédible*

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A ses dires, au Bénin, en moyenne 281 tonnes  de saucisse sont fabriquées  par mois,  ce qui suscite son importation. Mais des pays importateurs vers les grossistes, ensuite vers les chambres froides, on note la routine de la chaine de froid. Cela entraine la modification  microbienne et affecte la qualité des saucisses. Pour y faire face, l’essor de la chimie a permis l’apparition et l’application des substances chimiques utilisées comme des conservateurs alimentaires synthétiques mais qui ont des effets toxiques sur la santé.  Parallèlement, il y a des plantes aromatiques qui permettent de bien conserver les saucisses. D’où l’utilisation des huiles essentielles comme une alternative crédible. «Nous avons décidé de travailler sur ce thème parce qu’on a une unité de transformation de la saucisse. Nous avons trouvé nécessaire de faire des investigations dans ce domaine afin de pouvoir mieux améliorer les technologies de production et de conservation des saucisses commercialisées au Bénin. De façon spécifique, il s’est agi  d’analyser les pratiques de fabrication, de conservation. Lors de nos investigations, nous avons constaté que la saucisse  pour la plupart du temps est conservée à basse température. Nous avons décidé de travailler avec les huiles essentielles qui nous ont permis de conserver la saucisse hors de la chaine de froid, c’est-à-dire à température ambiante »,  a expliqué l’impétrante après son brillant exposé.
Après avoir délibéré, le jury a trouvé que le sujet de thèse de Mauricette Gbaguidi est très intéressant dans le domaine de la sécurité sanitaire  et le domaine de la santé publique.

Mieux, elle a su répondre correctement aux questions posées par les examinateurs et ses résultats ont fait l’objet de clarification. Au vu de tout ce qui précède, le jury a accepté la  thèse de Mauricette Gbaguidi  et l’a déclaré digne du grade de Docteur de l’université d’Abomey-Calavi avec la mention Très Honorable et l’a félicité oralement. Rappelons que les professeurs  Guy Apollinaire Mensah et   Daniel Chougourou faisait également partie du jury, sans oublier deux enseignants des universités de Lomé et Kara (Togo) qui sont intervenus par visioconférence.

L.T.

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