Travaux de réfection d’un module de 3 classes + bureau et magasin à l’Epp de Adandokpodji à Abomey : Blaise Ahanhanzo-Glèlè et Antoine Djédou ébranlés par un scandale financier

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Au Bénin, les faits de corruption et de détournement semblent avoir une peau dure à cuire. Si les réformes engagées depuis 2016 par le gouvernement du Président Patrice Talon ont freiné la vitesse du phénomène, il n’en demeure pas moins vrai qu’il existe encore des ‘’zones rouges’’ dans la gouvernance publique. Ces zones rouges, signe de la persistance du mal, sont repérables dans certaines communes.

Dans le département du Zou au centre du Bénin, la commune d’Abomey s’illustre négativement dans un registre avec des affaires de bradage de réserves administratives et d’option de gouvernance approximative. Le dernier cas en date renvoie à une affaire de détournement de fonds et d’inexécution d’obligation contractuelle dans le cadre des travaux de réfection d’un module de trois classes + bureau et magasin à l’École primaire publique de Adandokpodji/B dans la commune d’Abomey. Sur le fond de l’affaire, le département Investigation et Enquête de votre journal Le Potentiel a effectué un travail de collecte rigoureux depuis des mois. Plusieurs sources ont été approchées et des informations ont pris par le moule de la triangulation. Il est ressort qu’un marché de travaux de réfection d’un module de trois classes + bureau et magasin à l’École primaire publique de Adandokpodji/B dans la commune d’Abomey a été attribué à l’entreprise Mosana BTP depuis le premier trimestre de l’année 2017. Ce marché a donc été attribué sous le conseil communal d’Abomey dirigé à l’époque par l’ex-Maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè. Mais le hic, le marché sus mentionné n’a jamais été exécuté jusqu’en 2020 où le maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè a passé le témoin à son successeur, l’actuel maire d’Abomey, Antoine Djédou. Dans les détails, nos sources avec des documents de preuves à l’appui renseignent que le montant initial du marché est de vingt et un millions neuf cent quinze mille six cent vingt (21.915.620) francs CFA. Mais curieusement et miraculeusement, l’adjudicataire a perçu, à la date du 24 novembre 2017, un montant total de vingt-quatre millions quatre cent soixante-trois mille six cent trente-quatre (24.463.634) francs CFA, soit un dépassement de deux millions cinq cent quarante-huit mille quatorze (2.548.014) francs CFA sans que le marché ne soit jamais réalisé, ont révélé plusieurs sources avec des preuves à l’appui. Votre journal a réussi à avoir les références des chèques de paiement dans le cadre du marché. L’entreprise Mosana BTP a reçu le 07/03/ 2017 à Diamond Banque par chèque Numéro AA 8301711 un montant de 4.510.224 FCFA; le 06/04/2017 toujours avec Diamond Banque par chèque numéro, AA 8301725, un montant de 6.104.873 FCFA ; le 23/05/2017 toujours à Diamond Banque par chèque numéro AA 8302251, un montant de 8.675.907 FCFA et le 24/11/2017 avec Orabank par chèque numéro 0448223 un montant de 5.172.630 FCFA soit un total de FCFA 24.463.634 au lieu de 21.915.620 prix du marché contractuel. En clair, il s’agit d’un dépassement de deux millions cinq cent quarante-huit mille quatorze (2.548.014) francs CFA sans que le marché ne soit vraiment exécuté. Dans les derniers mois de mandat de l’ex-maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè, une timide réponse a été proposée à ce problème d’inexécution des travaux de réfection, sans succès. Selon un rapport d’une commission ad’hoc dont la rédaction a pu avoir copie, des recommandations faites par le conseil communal en sa session ordinaire des 28 et 29 novembre 2019 avaient pour but de faire la lumière sur ce dossier comparable à un gouffre financier. À cette fin, une commission ad hoc présidée par le chef d’arrondissement de Vidolé, Blaise Tchekpo. Le rapport de cette commission a été finalisé le 13 février 2020 et a suggéré dans sa conclusion, entre autres, de mettre en débet l’entreprise adjudicataire en vue de rembourser les fonds perçus dans un bref délai. Mais jusqu’à l’heure où nous mettons sous presse, rien n’aura changé. Et tout porte à croire que ce marché de réfection des modules de classe a servi à jouer à un championnat de détournement de fonds publics.

Banniere carrée

L’ex-maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè et son successeur Antoine Djedou, des légèretés qui méritent l’action judiciaire

Dans le nouveau Bénin en construction, la culture de l’impunité n’est plus admise. Ainsi, dans l’affaire dite ‘’détournement de fonds et d’inexécution d’obligation contractuelle’’ dans le cadre des travaux de réfection d’un module de trois classes + bureau et magasin à l’École primaire publique de Adandokpodji/B dans la commune d’Abomey, des responsabilités devront être situés par les autorités judiciaires tant des décideurs ont commis, sans aucun doute, des fautes. Par ailleurs, c’est l’attitude de l’ex-maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè d’Abomey et de l’actuel maire d’Abomey Antoine Djedou qui crédibilise encore plus les doutes quant à leur responsabilité dans ce scandale financier. En effet, conformément aux dispositions de la loi portant du code de l’information et de la communication, votre journal a saisi par courrier, l’ex-maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè d’Abomey et l’actuel maire d’Abomey Antoine Djedou. Aucun des maires saisis n’a daigné répondre aux demandes formulées selon le principe du contradictoire.
À la série de questions, l’autorité communale n’a pas cru devoir répondre. Ce faisant, il viole les lois en vigueur. Peut-être se reproche-t-il des choses ? Lui qui a proposé deux (2) millions pour achever les travaux sans chercher à savoir pourquoi ce dépassement de fonds dans un marché non exécuté. Son prédécesseur Blaise Ahanhanzo-Glèlè déjà tourmenté par l’affaire de bradage des réserves administratives à Djimé Sud, se retrouve une fois encore sur le banc des accusés dans ce dossier. Les deux maires ont par leur silence ravivé les flammes des soupçons. Il s’agit d’une raison supplémentaire qui doit motiver une enquête judiciaire afin de s’assurer de la transparence dans la gestion de l’ex-maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè et aussi questionner la responsabilité du maire actuel Antoine Djebou dans ce dossier de détournement. Nous avons une série d’articles sur ce nouveau scandale économique qui cache encore pas mal de choses à la mairie d’Abomey. À suivre…

Brivaël Klokpê Sogbovi

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