Désignation d’un CA intérimaire à Allada centre: la loi respectée, le choix du seul conseiller opposant s’imposait

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Dans la commune d’Allada, département de l’Atlantique, l’acte de désignation d’un Chef d’arrondissement intérimaire dans l’arrondissement central alimente de files discussions depuis peu. La décision prise par le maire Joseph Cakpo est devenu un motif d’emballement dans un sac cousu de passions et d’émotions. Or, nous le savons tous, l’émotion est l’opposé de la raison. Chez les plus posés qui donnent une chance à la discussion, l’acte de désignation du CA intérimaire est attaqué en raison de l’obédience politique du conseiller communal désigné. Le nouveau CA intérimaire de l’arrondissement central d’Allada est un conseiller élu sur la liste du parti Forces Cauris pour un Bénin Émergent ( Fcbe). Le CA intérimaire désigné est donc un opposant au régime Talon. De l’avis des pourfendeurs de la décision, cet acte de l’édile de la ville d’Allada sonne comme une promotion de l’opposition dans la commune alors même que le conseil communal est majoritairement conquise par la mouvance. À première vue, l’on pourrait trouver superflu qu’un maire de la mouvance désigne un CA quoique intérimaire dans les rangs de l’opposition et de surcroît pour gérer un arrondissement central. Mais, la raison qui fonde toute démarche d’analyse commande que l’on interroge les éléments factuels en les croisant avec les dispositions de la loi. Dans l’arrondissement central d’Allada, cinq conseillers communaux sont élus. Sur les 5 conseillers élus, un (01) conseiller est élu Chef d’arrondissement, un (01) occupe actuellement le poste de Deuxième adjoint au maire et deux (02) autres sont élus chacun président de commissions. Théoriquement, il ne restait qu’un seul conseiller qui n’a aucun poste de responsabilité administrative. Ce seul Conseiller est un élu FCBE et donc de l’opposition. Selon nos sources, le Chef d’arrondissement en poste a été mis aux arrêts depuis deux (02) mois environ dans une affaire judiciaire. Depuis tout ce temps donc, l’arrondissement central d’Allada est sans chef. La situation qui est mal vue par les administrés n’a pas tardé à impacter la fourniture continue des services courants relevant de la responsabilité du chef d’arrondissement central. Mieux, les arrondissements centraux sont des arrondissements stratégiques dans les communes. C’est dans ce contexte que le conseiller FCBE a été désigné comme CA intérimaire dans l’arrondissement central. Mais y a-t-il eu mal donne dans cette désignation ? Visiblement non. Le département en charge des affaires touchant la gouvernance locale du groupe de presse Le Potentiel est allé fouiller les textes sur la décentralisation. En effet, le premier alinéa de l’article 188 de la loi n° 2021-14 du 20 décembre 2021 portant code de l’administration territoriale en République du Bénin, stipule qu’ «en cas de décès, de démission, de suspension, d’empêchement ou de révocation d’un chef d’arrondissement et jusqu’à la désignation du nouveau chef d’arrondissement, il est remplacé provisoire par un conseiller de son arrondissement ou à défaut, le chef d’un autre arrondissement désigné par le conseil communal.» Avec l’énoncé de cet article de la loi, le choix du seul conseiller FCBE s’imposait de fait. Le CA en poste étant en détention et les trois autres conseillers de la mouvance élus dans l’arrondissement ayant tous des occupations de DAM et de présidents de commissions. Par ailleurs, avec la loi interprétative et corrective, l’article 188 a connu une évolution. Désormais, c’est le parti majoritaire qui designe les maires et CA et le notifie au préfet. Mais dans la présente affaire qui nourrit les rumeurs, il a été question de designer un CA intérimaire et non un CA définitif. Le besoin d’assurer la continuité du service public aux populations de l’arrondissement central d’Allada et aussi le besoin d’une gestion des affaires courantes justifient l’acte de désignation d’un CA intérimaire qui, par la force de la loi et l’ironie du sort, est d’un parti concurrent à ceux de la mouvance. Ainsi, il est difficile de déceler une quelconque objectivité dans les critiques passionnées contre le maire qui n’a fait qu’appliquer les lois sur la décentralisation. S’il faut reconnaître que le droit est un vaste océan dans lequel les gens nagent à temps et à contre-temps, il est aussi à garder une lucidité dans les analyses pour ne pas être accusé de mauvaise foi. L’autre dirait, qui n’a pas fait les fouilles, n’a pas droit à la parole.

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