Histoire du Danxomè : la restauration de l’honneur des reine-mères pour une reconstitution de la réalité

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L’Université d’Abomey-Calavi abrite une série de communications basées sur l’histoire du royaume du Danxomè. L’une des journées spéciales était celle du mardi 6 juin 2023, consacrée à la déclamation des panégyriques claniques des reine-mères appelées ‘’ Kpodjito’’ afin de rétablir l’honneur de ces dernières qui venaient d’horizons divers.

Déconstruire pour reconstruire l’histoire du royaume. C’est l’objectif visé par l’initiative qui se teint depuis plusieurs jours à l’Université d’Aboemy-Calavi à travers différentes communications. En effet, prenant sa source du chantier appelé ‘’Du Danxomè d’alors’’, l’activité regroupe des enseignants-chercheurs à l’université et à la retraite, des passionnés d’histoire, d’historiens, de dignitaires et des étudiants. 10 Kpodjito ou mères de roi en langue nationale Fon qui sont en réalité des reine-mères qu’a connues le royaume du Danxomè avant sa fin en 1900 ont été présentées. Ensuite, la déclamation de leurs panégyriques claniques, exécutée par des « ahomlanto » ou « nan », a été faite. C’était une occasion pour participant de se réapproprier l’histoire des femmes d’origines diverses qui ont eu la chance de voir leurs progénitures régner sur le royaume. « Quand on parle du Danxomè, … on parle plus de l’exploits des rois. Et … on laisse l’impression d’oublier les autres peuples », a fait savoir le directeur de projet de l’Office du tourisme d’Abomey et région, Susuji Béhanzin. Il a ensuite rappelé que si le roi Houégbadja qui est le fondateur du royaume de Danxomè, a eu à prescrire comme loi qu’un fils né d’un prince et d’une princesse ne peut pas accéder au trône du Danxomè, c’est qu’il a une grande considération pour les autres peuples. Il estime que pour faire justice, il faut forcément considérer les autres. EN outre,de Nanyé Akpatèhou ou Adrou, mère de Dada Houégbadja, fondateur du royaume à Nanyé Kandéyi en passant par les Nanyé Adonon, Hwandjilé, Honlifin, Agossi Evo et autres, le directeur de l’Office du tourisme d’Abomey et région professeur Gabin Djimassè, qui est le principal communicateur a décliné le sens et la portée des louanges que portaient autrefois ces femmes avant de devenir mère de roi. Ces femmes sont venues d’autres contrées ou sont constituées des captives de guerres qui, plus tard sont devenues femmes préférées du roi puis mère de roi.

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L’histoire authentique afin de la déconstruire et la reconstruire

Les récits recueillis auprès des anciens ou contenus des livres d’histoire comportent quelques irrégularités. L’exemple le plus patent est celui de la durée du règne du roi Tégbéssou qui a eu court de 1740 à 1774, soit 34 ans au lieu de « 42 ans » restitué dans ces ouvrages à partir des récits d’un ancien administrateur colonial, Jean-Baptiste Fonssagrives. A en croire Gabin Djimassè, Il y a deux longs règnes dans le royaume, c’est le règne de Houégbadja et celui de Guézo, 40 ans. Plus aucun roi n’a fait autant que ces deux-là. Il faut noter que l’initiative « Du Danxomè d’alors » émane de l’Office du tourisme d’Abomey et région, avec le soutien de l’ambassade de France. Elle comprend un style de communication grand-public pour faire bénéficier à nombre de gens l’information sur l’histoire du Danxomè, recueillie des traditions orales, notamment les panégyriques. Il vient ainsi remettre en cause les faussetés. Mieux, cette initiative est un chantier de 10 ans avec 300 thèmes à développer à travers des communications, et 60 sont déjà validés pour 2023 et 2024. Par ailleurs, dans la suite du projet, il s’agira de collecter, de transcrire puis de conserver les récits « de nos ainés ». Selon le directeur, les récits recueillis seront édités en version papier puis en version numérique pour être quelque peu dans les normes de notre époque. Dans ses développements, le professeur Albert Bienvenu Akohaa retracé le sens identitaire des panégyriques claniques. Il a soutenu qu’ils occupent une place prépondérante dans la littérature et les récits historiques africaines. « Les panégyriques, c’est un genre laudatif. C’est pour proférer des louanges. C’est un élément essentiel du savoir être. Les panégyriques ont pour vertu de vous apprendre à avoir confiance en vous-même, l’auto admiration si on peut ainsi dire. Si tu ne te sais pas beau, tu te croiras toujours inférieur aux autres. Et c’est le rôle des panégyriques », a précisé le professeur à la retraite. A l’en croire, cette initiative vient à point nommé résoudre le problème crucial de la disparition de ces traditions qui, après toàut, sont un héritage ancestral. Il a recommandé la génération montante de créer un mouvement de renaissance culturelle africaine qui mette tous ces genres littéraires en valeur pour qu’on rentre en pleine possession l’identité culturelle.

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