Léandre Houngbédji à propos des mouvements suscitant la candidature de Olivier Boko : « C’est une affaire de perception de l’opinion »

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Dans le cadre de son rendez-vous hebdomadaire avec la presse nationale, le Secrétaire général adjoint porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji était le vendredi 09 juin 2023 au siège de Bénin Intelligent où il a opiné sur l’actualité nationale. Répondant aux préoccupations des Hommes des médias, Léandre Houngbédji s’est prononcé sur: la nomination d’un banquier aux Affaires étrangères, la révision de la carte diplomatique, la posture du chef de file de l’Opposition, la 7ème mandature de la Cour constitutionnelle dont les membres sont taxés de proches du pouvoir, la flambée du prix de l’essence « kpayo », les coupures d’énergie électrique, les mouvements autour d’Olivier Boko, la délimitation des frontières béninoises. Sur le point relatif aux mouvements suscitant la candidature de Olivier Boko, l’invité du journal « Bénin Intelligent » déclare que le gouvernement ne tranche pas les questions de « qui veut être président ? qui a des ambitions ? ». Il insiste : « Non, ce n’est pas au niveau du gouvernement qu’on décide qui est candidat. C’est une affaire d’abord personnelle et c’est une affaire de perception de l’opinion ». L’homme indique qu’on est en démocratie et quiconque remplit les conditions peut se retrouver dans la même posture. Aussi a-t-il fait remarquer que le principal intéressé n’a encore rien dit, n’a encore rien organisé.

Ci dessous l’intégralité de son intervention

Propos recueillis et transcris par La Rédaction ©Bénin Intelligent

Sêmèvo Bonaventure Agbon, Dp Bénin Intelligent : Nous sommes honorés d’accueillir cette rencontre avec la presse à notre siège. Je voudrais ouvrir les échanges par trois questions. La première concerne vous-même. Des rumeurs ont annoncé ces dernières semaines votre limogeage. Êtes-vous informé et qu’en pensez-vous ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Moi je suis devant vous, mais si je peux me permettre un commentaire sur le sujet, je suis peut-être différent des autres que vous avez connus. Mais j’essaie d’être moi. Et moi, je suis prêt tous les jours depuis ma prise de service à aujourd’hui que le chef de l’Etat me dise, monsieur Houngbédji l’aventure est terminée, je n’ai plus besoin de vos services ou bien j’ai trouvé mieux que vous. Ou je pense que ce que nous avons fait ensemble, il sied maintenant que je vous déplace. Je suis prêt tous les jours.
Chacun doit être ainsi prêt. Les fonctions appartiennent à la République. Et tous ceux qui ont le profil, qui aspirent à …, c’est légitime. Et je les comprends. Ceux qui professent, annoncent ou ceux qui alimentent les rumeurs, les calomnies même parfois, je les comprends. Et je fais une seule prière pour chacun d’eux. C’est qu’ils aient l’occasion, un jour ou l’autre de faire leur expérience, de faire leur preuve. A partir de ce moment, ils apprendront le sens des nuances et ils deviendront plus réalistes. C’est tout.

Sêmèvo Bonaventure Agbon : Ma deuxième question. Le gouvernement a-t-il écouté les géomètres et urbanistes contre lesquels il a sollicité des sanctions pour rétention de la documentation relative aux opérations de lotissement/remembrement urbain ? Parce que ceux-ci pourraient agir de la sorte afin de protester par exemple contre la non perception de la rémunération due à leur prestation.

Wilfried Léandre Houngbédji: Par rapport aux géomètres et urbanistes dont nous sollicitons la sanction de la part de leur ordre professionnel respectif, vous avez dû observer que le ministre du Cadre de vie a par voie de communiqué officiel relayé par tous les médias, réitéré sur des mois, invité les intéressés à rendre disponibles les documents en leur possession. C’est deux choses différentes. Par rapport à est-ce qu’ils ont été payés par les mairies ou les communes qui les ont sollicités, si c’est le cas, vous venez faire des formalités et soulever vos prétentions vis-à-vis de ceux qui vous ont confiés du travail.

Mais vous devez savoir que lorsqu’on a fait l’inventaire de la situation, on a relevé que la grande majorité des opérations de remembrement foncier aura été engagée frauduleusement, sans perspectives, avec les conséquences que vous savez, aussi bien que pour les communes que pour les populations qui déboursent beaucoup d’argent, qui achètent des parcelles et qui n’en finissent plus avec les procédures. Donc, beaucoup d’irrégularités autour. C’est ça que nous avons voulu corriger. Corriger ces irrégularités permet aux pôles d’experts qui ont été mis en place d’achever les procédures, de corriger là où il faut. Cela nécessite qu’ils aient la documentation. Et si cette documentation est gardée par certains, qui ne la remettent pas, il va sans dire que cela empêche la réalisation de la mission confiée aux experts. Donc vous pouvez être rassuré que si quelqu’un à des prétentions, à l’égard des communes qui lui aurait confié de travail, il doit savoir où élever ses prétentions et répondre à l’appel de l’Etat qui veut en finir avec un dossier qui n’a que trop durée.

En fournissant la documentation qu’il y a par devers lui, nous espérons bien, qu’il s’agit pas de documentation disparue, nous espérons que ces personnes ont manqué peut être d’attention et n’ont pas suivi les communiqués et les appels. Et qu’à partir du moment où une telle décision est passée en conseil des ministres, elles seront plus attentives et feront les diligences attendues d’elles.

Sêmèvo Bonaventure Agbon : Enfin, la nomination d’un banquier aux Affaires étrangères pour remplacer un onusien. Shegun Adjadi a-t-il un cahier de charges spécial sur le Nigeria ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Le président de la République en identifiant monsieur Shegun Bakari comme ministre des Affaires étrangères a certainement regardé son profil et lui témoigne sa confiance pour conduire ce ministère. Il a forcément un cahier de charges. Dans un contexte où le chef de l’Etat a tenu une conférence des ambassadeurs tout récemment, à laquelle d’ailleurs monsieur Bakari a assisté autant que le ministre d’Etat en charge de la coopération, il y a un cahier de charges. Qu’il s’agisse du voisin de l’est que vous évoquez ou qu’il s’agisse de tous nos autres partenaires, y compris des pays avec lesquels nous n’avons pas formellement des relations. Parce que notre relation doit être de plus en plus offensive, prospecter les opportunités pour nous.

Puisque vous l’auriez souligné de deux traits, la nouvelle doctrine de la diplomatie béninoise s’articule autour de la dimension économique. Et M. Bakari par ailleurs, est un profil d’économiste, de spécialiste des questions d’investissement donc ça peut être utile pour travailler avec nos ambassadeurs, nos diplomates, aux côtés du ministre en charge de la Coopération pour que les résultats attendus de notre diplomatie soient de plus en plus au rendez-vous. Je n’ai aucun doute la dessus. Je peux vous dire que, incessamment vous aurez certainement affaire au ministre lui-même qui ne manquera pas de rencontrer la presse pour expliquer ce que doit être ou ce qu’est désormais la diplomatie béninoise sur la base des instructions et des orientations que le chef de l’Etat à passer.

Aimé Akeke, journaliste à Banouto : Depuis l’annonce par la presse du départ du ministre Aurélien Agbénonci du gouvernement, des changements sont annoncés dans la politique étrangère du Bénin notamment avec une révision de la carte diplomatique. Certains y voient un aveu d’échec de la politique étrangère mise en œuvre depuis 2016. Que répondez-vous à cela ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Le président de la République au terme de la Constitution, c’est lui qui définit et conduit la politique de l’Etat. Donc, qu’il s’agisse de la politique domestique ou de la politique extérieure c’est sa vision qu’il partage avec son équipe et ils arrêtent un modus operandi. Et en l’espèce le président de la République a très tôt dans le souci de rationalisation de nos ressources, entendu et expliqué à son équipe qu’il nous faut faire des efforts sur le front diplomatique qui est utile et qui coûte aussi beaucoup d’argent. Et quand le président de la République en parle, il dit une partie de cet argent peut nous permettre de donner plus d’eau potable aux gens dans le pays, de donner des cantines scolaires ici et là et que plus nous aurons des moyens demain, aujourd’hui ou le temps de ses successeurs, il peut être envisagé de redéployer même si un pays comme le Bénin à ce jour n’a pas vocation à être partout dans le monde comme les Etats-Unis, comme la France, comme l’Allemagne et encore même ces pays-là, vous allez voir ils ne sont pas forcément partout.

Donc, nous faisons sur la base de nos moyens et sur la base aussi de nos intérêts. Et si demain, il y a de nouvelles représentations diplomatiques qui s’ouvrent, cela obéirait à la logique que nous avons identifié les intérêts particuliers ou qu’il y ait des enjeux qui nécessitent notre présence dans telle ou telle région du monde pour être plus efficace aux côtés de la communauté internationale. Et cela n’est pas un aveu d’échec. Au contraire, c’est une dynamique et cela montre qu’on n’a pas fait du fétichisme sur l’option qu’on a prise ; on l’évalue, on ajuste et puis c’est comme cela que le pays progresse. Donc des choix conséquents ont pu être faits à l’issue de la conférence diplomatique. S’il y a des aménagements nouveaux, vous en serez témoins dans les jours à venir.

Aimé Akeke, journaliste à Banouto : Le désormais ex ministre des Affaires étrangères lors de sa passation de charges a jugé nécessaire de clarifier qu’il n’est qu’un exécutant, pour dire que c’est le président de la République avec tous les pouvoirs qui lui sont conférés par la constitution qui définit les prérogatives. Comment analysez-vous cette déclaration de l’ex ministre des affaires étrangères ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Ce que le ministre Agbénonci a pu dire, pendant sa passation de service, il n’est plus membre du gouvernement actuellement. Vous voulez que je commente ce qu’il a dit ? Je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus. C’est quelqu’un de responsable et il est libre de son propos. Donc, nous prenons acte de cela. Je pus vous rassurer que ces mouvements que vous avez observés n’empêchent pas les autres de faire leur travail. Déjà et je vous l’ai dit, c’est aussi la conviction de chacun d’eux puisqu’on se voit et on se parle. Une fois que vous êtes appelé, dès le premier jour, vous devez savoir que le lendemain ou le surlendemain ou à telle échéance, vous allez partir. Donc chacun travaille en donnant le meilleur de lui mais en étant prêt tous les jours à partir. A partir de ce moment, si vous avez cette conviction, vous êtes préparés à une perspective que, à tout moment on peut vous appeler et dire bon la collaboration peut s’arrêter maintenant. Donc, je crois qu’il faut être à votre aise sur ça.

Aimé Akeke, journaliste à Banouto : Le président de la république Patrice Talon lors de la visite du président nigérien au Bénin a dit qu’on ne change pas l’équipe qui gagne. Mais déjà en moins de deux mois, il a changé l’équipe trois fois. Une première fois début avril avec le remaniement technique, une deuxième fois mi-avril avec la sortie de trois ministres et une troisième fois le cas du ministre Agbénonci. Un fait surprenant pour les Béninois qui depuis 2016 n’étaient pas habitués à cela. Je voudrais savoir est-ce qu’il y des raisons particulières qui pourraient justifier cela et est-ce que ces changements n’affectent pas les ministres qui sont encore là actuellement ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Le président de la République aux termes de la Constitution c’est lui qui nomme ses ministres et détermine leurs attributions et met fin à leurs fonctions. Quand il nomme un ministre, il ne vient pas vous dire pourquoi il a nommé quelqu’un. Mais pourquoi quand la personne s’en va vous pensez que c’est une sanction, c’est un désaveu ? Non ! considérez que c’est le cycle normal de la vie. Demain ça peut être quelqu’un d’autre. Après demain, ça peut être un autre. Maintenant, quand il dit « on ne change pas l’équipe qui gagne », j’ai pensé à vous donner l’exemple sportif pour que vous compreniez que ça peut arriver.
Ce jour-là parce que le président Patrice Talon, il ne parle pas pour le plaisir de parler. Il a dit jusqu’à « …nouvel ordre ». Et il l’a répété. Jusqu’à nouvel ordre, c’est vous qui déterminez le nouvel ordre. C’est lui qui sait jusqu’à quel nouvel ordre. Puis pour des raisons d’efficacité de son action, il peut après avoir dit ça décider, trois jours, une semaine, un mois ou trois mois après que bon, tel pourrait être déplacé et envoyé ailleurs pour qu’un autre arrive parce qu’il veut autre chose. Moi je ne cherche pas à savoir à moins d’être voyeur, quelles sont les discussions particulières que le chef de l’Etat auraient eu avec tel ou tel avant de mettre fin à ses fonctions ou de le déplacer pour l’envoyer ailleurs. Nul ne connait demain !

Joël Tokponou, de La Nation : Les pièces qui concernent les dossiers fonciers, pourquoi depuis le début, malgré les anomalies qu’il y a eu sur les lotissements, quand les urbanistes et géomètres saisissent les documents, pourquoi jusque-là le gouvernement n’explore pas l’aspect judiciaire pour avoir ces documents et également sanctionner les irrégularités qu’il y eu par le passé ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Moi je ne dirais pas comme vous que les géomètres-urbanistes ont saisi des documents. Je ne dirais pas cela parce que je n’ai pas cette information. Ça se peut bien qu’ils ne les aient pas parce que ça été sur une base irrégulière. Ça se peut que ce soit de la mauvaise volonté parce que comme c’est irrégulier, si on remet le document ça va se déceler par les techniciens. C’est plusieurs raisons possibles. Donc je ne peux pas spéculer là-dessus. Par contre, quand on a fait le compte rendu de la suspension de cette opération et de l’inventaire des documents, vous avez dû relever que le ministre de la Justice avait été instruit pour que les sanctions judiciaires soient lancées contre les fautifs et tous ceux qui auront engagé les opérations irrégulières. C’était plusieurs séries de décisions, celles qui devraient être clôturées, celles qui devraient être poursuivies et clôturées et celles qui étaient manifestement irrégulières pour lesquelles les actions judiciaires devraient s’enclencher. Donc, je considère que depuis l’annonce de la décision du conseil, s’il y a des gens qui avaient gardé des documents par devers eux, ils ont le temps de vite les déposer pour éviter de subir les sanctions. Leurs textes ont prévu ce que le gouvernement demande à leurs ordres respectifs de donner.

Joël Tokponou, de La Nation : Je ne sais pas si entre temps j’ai manqué l’actualité, si réellement le nouveau chef de file de l’Opposition a été nommé. Si c’est le cas, dans quelle posture le chef de l’Etat entend le voir dès qu’il serait dans ses fonction ?

Wilfried Léandre Houngbédji : En ce qui concerne la nomination du chef de file de l’Opposition, oui, je confirme que le décret avait bien été pris. Cela remonte à quelques semaines déjà. Mais dans quelle posture le chef de l’Etat attend le chef de file de l’Opposition ? Bah, dans une posture républicaine. Il ne lui appartiendra pas de lui dire son cahier de charges. Il est à la tête d’un parti et autonome même si certains d’entre vous dans l’opinion considèrent que ce parti là aussi c’est un parti de Patrice Talon. C’est leur opinion. Mais on attend juste des acteurs publics quelle que soit leur appartenance à tel ou tel parti de la classe politique, quel que soit le niveau de responsabilité où ils sont, on attend d’eux une attitude républicaine parce que, à la vérité, seul le Bénin est grand. Et le président Talon dit le Bénin est éternel. Il faut que le Bénin soit pour que nous soyons. Chacun de nous pris individuellement personne ne peut exister sans le Bénin. Or le Bénin peut exister sans nous. Ce que nous avons à faire, c’est adopter une posture républicaine, de nous montrer redevable vis-à-vis du Bénin et de le servir avec toutes notre force, toute notre âme, toute notre énergie. Et même si on n’est pas d’accord, sur les choix, sur les approches politiques nous demeurons les filles et fils de ce même pays avec le devoir de le bâtir, de le rendre de plus en plus beau, de plus en plus grand, de plus en plus fort pour aujourd’hui, pour demain et pour toujours.

Arnauld Kassouin, de Bénin Intelligent : Certains estiment que la Cour constitutionnelle béninoise aurait perdu de son prestige. Qu’en pensez-vous ?

Wilfried Léandre Houngbédji : Ceux qui ont fait ces commentaires ils doivent avoir leur raison. Je vous suggère de leur demander d’expliciter leur position. Moi je constate que la République fonctionne, le professeur Sossa, nouveau président de la Cour constitutionnelle est un homme de grande réputation, de grande qualité aussi et je suis persuadé que avec ses collègues ils vont prolonger la belle histoire de cette Cour constitutionnelle. D’ailleurs vous avez vu l’hommage qu’il a rendu au feue Mme Pognon, première présidente de cette Cour. Donc il s’inscrira dans la logique de prolonger la belle histoire de cette Cour. Moi, en tant que citoyen ce qu’on attend d’elle c’est de jouer son rôle de garant de l’Etat de droit, du respect des droits de l’Homme dans notre pays et de s’assurer de la bonne application de la Constitution et d’arbitrer éventuellement les relations entre les institutions. Donc je n’ai pas du tout ce sentiment là que certains peuvent avoir, et c’est leur droit.

Arnauld Kassouin : Quelle est votre conception de la diplomatie offensive ? Si vous parlez de hard power, le Bénin dispose-t-il de moyens militaires pour s’imposer, mieux s’affirmer sur le plan militaire dans la sous-région et à l’international ?

Wilfried Léandre Houngbédji : On n’a pas besoin forcement d’équipement militaire pour être offensif sur la scène international. Est-ce de 2016 à maintenant le Bénin a déployé des contingents militaires ici où là pour que sa réputation commence à se faire ? Vous voyagez sans aucun doute pour le desk que vous occupez, vous parlez avec des gens à l’étranger et vous savez très bien qu’aujourd’hui si on veut laisser de côté toutes les querelles politiciennes, toutes les polémiques subjectives, vous savez très bien qu’aujourd’hui le Bénin a un nom à l’international. Quand on parle du Bénin aujourd’hui c’est avec beaucoup d’admiration, avec beaucoup de respect, beaucoup de curiosité pour la belle dynamique qui est en cours malgré nos difficultés à nous tous. Quand on parle du Bénin et qu’on dit aujourd’hui que c’est un pays propre parce que nous avons des villes de plus en plus propres. Au moins quand vous passez dans le grand Nokoué vous voyez l’effort qui est fait là. Les prises de positions, les prises de parole du Bénin sur certains sujets majeurs nous valent une certaine admiration, crédibilité et nous voulons optimiser sur cela.

Quand on parle d’offensive, évidemment nous voyons davantage l’aspect financier, investissement plutôt que politique ou géostratégique, ou géopolitique. Si demain nous sommes en capacité d’avoir du hard power sur ces segments là mais ce serait avec beaucoup de plaisir parce que nous constaterons ainsi que le Bénin prend de plus en plus d’envergure sur la scène internationale avec un propos et une posture responsables qui lui valent l’admiration et la considération des autres. Toute chose qui permettrait d’ouvrir des portes utiles dans les quête de financement parce que nous voulons mobiliser partout où cela est possible, aux bonnes conditions pour nous et pour les Béninois qui viennent après nous.
Prendre la parole comme les Etats-Unis pour être sentencieux à l’égard de tel ou tel. Quand on a demandé au président Patrice Talon en 2021, quelqu’un lui a dit que les Etats-Unis suivaient de près ce qui se passait au Bénin, vous avez eu sa réaction ? Vous avez vu sa réponse ou vous avez oublié ? Il y a dit que lui aussi suivait ce qui se passe aux Etats-Unis. Alors, quand on parle comme ça les gens trouvent qu’on est arrogant, mais le président Patrice Talon n’est pas le président d’un Bénin faible et moi je ne suis pas le porte-parole d’un Bénin faible. Le président Patrice Talon est le président d’un Bénin fier, ambitieux, et de plus en plus ambitieux, qui veut faire les choses biens, qui veut faire les choses en grand et qui veut compter dans le concert des nations. Nous ne négligerons aucun aspect. Qu’il s’agisse du hard power ou du soft power nous serrons présent là où il faudra pour les intérêts du Bénin.

Bernadin Anato, de Bénin Intelligent : Pensez-vous que la septième mandature de la Cour constitutionnelle nouvellement installée pourra honorer sa promesse d’impartialité au regard de ce que de l’opposition estime n’avoir pas été associée au choix des quatre membres désignés par l’Assemblée nationale ?

Wilfried Léandre Houngbédji: La Cour sait ce qu’elle a à faire, il ne m’appartient pas à moi de l’orienter ou de juger si elle doit être impartiale ou pas. Elle sait très bien en tant que juge qu’elle doit être impartiale. La constitution dit que le président de la République désigne trois membres et que le bureau de l’Assemblée désigne quatre. Ceux qui ont été désignés l’ont été conformément à la constitution. Il n’y a pas de polémique inutile à faire. Si Les Démocrates considèrent que le processus de désignation des représentants de l’Assemblée nationale dans cette mandature de la Cour constitutionnelle viole les textes ou la pratique parlementaire, ils ont tout le loisir de saisir la cour et les instances appropriées. Celles-ci diront si la désignation intervenue l’a été conformément aux règles ou si elles violent les textes ; auquel cas elle pourrait être reprise.

Banniere carrée

Bernadin Anato, de Bénin Intelligent : Quelles sont les mesures prises par le gouvernement pour atténuer la situation liée à la flambée de l’essence de contrebande appelée « Kpayo »

Wilfried Léandre Houngbédji: Nous n’avons pas augmenté le prix de l’essence dans les stations-services. 70% de l’essence consommée au Bénin proviennent du circuit informel. Structurellement nous avons donc aujourd’hui 30% des consommateurs d’essence qui vont dans les stations-services. Je pense que ça va être de plus en plus difficile pour les tenanciers d’aller chercher de l’essence et d’amener. Tout simplement parce que le Nigéria ne raffinait pas l’essence. Il exporte le brut et importe le raffiné. Nous avons été dans l’anticipation. Faites une projection il y a 10 ans ou 15 ans si la situation pareille se présentait et que nous n’avons pas encouragé, la multiplication, la diversification des stations-services dans nos grandes villes et dans tout le pays.
Aujourd’hui les files d’attente sont contenues. Elles ne sont pas kilométriques et cette dynamique personne ne peut contester que c’est depuis sept ans qu’elle a commencé et qu’elle s’amplifie. Donc voilà nous avons été dans l’anticipation en œuvrant que les stations essaiment partout afin qu’on ne dise pas ici à là, c’est parce qu’il n’y a pas de station, c’est parce qu’il n’y a pas de sources formelles que l’informel prospère. Nous avons même encouragé les tenanciers de l’informel à se formaliser en se mettant ensemble pour avoir des stations. Autre chose qui a été faite par le gouvernement c’est que la ministre de l’Industrie et du commerce a été instruite avec ses équipes pour prendre langue avec les opérateurs du secteur.

Moucharaf Soumanou, de Bénin Intelligent : Que pensez-vous de la piste proposée par certains analystes politiques dans la lutte contre le terrorisme qui inclue la négociation avec les groupes armés ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Par rapport à la lutte contre le terrorisme, nous faisons ce que nous avons à faire aujourd’hui. Si demain nous faisons ou ferons quelque chose d’autre, vous serez informé de çà ! C’est une suggestion, nous prenons acte.

Hospice Fidégnon Koumondji, de Fraternité : Il a été annoncé des projets de forage dans certaines localités à savoir Bembèrèkè, Banikoara et Lokossa. Pourquoi ce sont ces localités qui ont été choisies vu que dans le pays d’autres localités ressentent le besoin d’approvisionnement en eau.

Wilfried Léandre Houngbédji: Vous savez déjà que c’est dans toutes les communes du pays. Il y a une agence, l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural (Anaepmr) qui conduit notre politique d’eau potable en milieu rural dans tout le pays. Cette agence, il faut que je vous le dise, elle passe ses marchés normalement, elle fait les appels d’offre, elle sélectionne les gens. Ce qui est passé en conseil des ministres on n’aurait pu ne pas renseigner. Mais c’est parce que c’est aussi de nature à rassurer les populations que ça vient. Ça veut dire que, au niveau de l’agence quand ils ont passé l’appel d’offre ça s’est avéré infructueux et ils ont sollicité l’autorisation du conseil pour faire du gré à gré.
Les marchés qui viennent ainsi en conseil des ministres c’est pour cette raison. Sinon, tout ce que l’Anaepmr a passé comme marché après appel d’offre c’est beaucoup plus considérable que les 38 forages et piézomètres qu’on a annoncés dans le compte rendu du conseil. Vous voyez que c’est anecdotique même par rapport à ce qu’ils ont déjà fait. Donc soyez rassurés. Donc ce sera fait chez vous à Parakou, y compris chez moi aussi dans mon village.

Coupure de l’énergie électrique ces derniers jours. Vous aviez dit que le Bénin dispose de 60% de couverture et que les 40% restant sont à rechercher ailleurs. Quelle mesure le gouvernement prend-il pour soulager les peines au niveau des populations ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Sur l’électricité vous avez déjà les réponses, je pense. Qu’est-ce qu’il faut faire de particulier encore à part, je peux vous rassurer que les diligences sont en cours pour la prochaine deuxième grosse centrale qui sera érigée à Glo. Je peux vous certifier que si tout va bien selon nos agendas, d’ici à la fin de l’année on va pouvoir signer pour sa réalisation afin que fin 2025 normalement ce soit prêt. Et quand on aura fait ça avec le solaire que nous avons et d’autres qui viennent, l’ensemble des solaires autour de 200Mwh, le thermique qu’on a à Maria Gléta + celui du groupe Genesis pour 40Mwh et pour les presque 150Mwh qu’on aura, on sera en 2025-2026 à un point d’autonomie que, en heure de pointe nos besoins internes pourront être satisfaits. Je vous dis ça en privé parce que j’en ai déjà tellement parlé, pour que les gens n’aient pas le sentiment qu’on fait de la redondance.

Raymond Falade, de Bénin Intelligent : Depuis un moment, celui qui est surnommé « vice-président de la République », M. Olivier Boko occupe l’espace public avec des mouvements qui se constituent autour de lui. Que pense le gouvernement de cette effervescence un peu précoce ? Il se dit même que certains ministres déjà sur le départ ou bientôt sont ceux qui ne seraient pas en phase avec lui. Que répondez-vous ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Si vous avez 40 ans le gouvernement vous souhaite aussi que les gens suscitent votre candidature. Parce que vous êtes Béninois. Dès que vous remplissez les conditions vous êtes aussi éligible. Donc on vous souhaite tout le meilleur.

Le gouvernement ne tranche pas les questions de « qui veut être président ? qui a des ambitions ? » Non, ce n’est pas au niveau du gouvernement qu’on décide qui est candidat. C’est une affaire d’abord personnelle et c’est une affaire de perception de l’opinion. Ceux qui font ça on est en démocratie. S’ils pensent que vous aussi, demain vous remplissez les conditions ils peuvent aller susciter votre candidature. Ce que j’observe c’est que le principal intéressé n’a encore rien dit, n’a encore rien organisé. Donc nous suivrons tous l’actualité et 2026 est dans trois ans.

Armel Tagnon, de L’Indépendant : Ma question est relative à la délimitation des frontières béninoises. On observe une situation inquiétante du côté de Bassila. Certains en ont profité pour dénoncer les exactions d’un roi nigérian contre des populations béninoises frontalières. Le ministre de l’Intérieur, en réaction à cette situation a parlé de réaffirmation des frontières avec les voisins. Je voudrais que vous nous disiez ce que vous en pensez. Est-ce qu’à nos jours les frontières béninoises ont tant de problèmes ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Nous avons une politique structurelle en ce qui concerne la gestion de nos frontières avec le ministère de l’Intérieur et avec l’ABeGIEF notamment. Vous savez que de part et d’autres généralement ce sont les mêmes populations. N’eut été le fait du colonisateur avec le tracé que nous connaissons peut-être que certains groupes se retrouveraient ensemble. Donc parfois le fait qu’on ait les mêmes populations de part et d’autre peut effacer même les limites ou les barrières géographiques, les barrières liées au tracé des frontières. Et les uns peuvent penser que, ici c’est chez eux ou qu’ils ont telles ou telles prérogatives. Si un chef traditionnel de l’autre côté a méconnu les limites de son pays nous il nous appartient de préserver nos limites. Et c’est ce que le ministre de l’Intérieur fait avec ses équipes. Soyez rassurés notre superficie n’est pas entamée, bien au contraire.

Mahussé Barnabé Aïssi, de Le Révélateur : Le fait que l’Ortb et La Nation aient diffusé des reportages sur l’organisation de la riposte contre les terroristes au nord du pays, cela ne dévoile-t-il pas les stratégies du Bénin et compromet donc finalement la lutte ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Vos confrères ne sont pas allés sur le terrain sans l’organisation des opérationnels. Or les opérationnels ce sont des stratèges. S’il s’agissait de révéler nos stratégies, nos modes opératoires ils n’auraient pas fait ça. Mais combien êtes-vous depuis un certain temps à vous poser la question de savoir qu’est-ce qui se passe là-bas ? On lit sur les réseaux sociaux des fake, des inventions de toute sorte. Un fait ici peut avoir existé mais on l’amplifie. Combien de Béninois n’ont pas souhaité entendre, voir ce qui se passe sur le terrain concrètement ? quand on dit que l’Etat apporte une réponse dense au sujet certains en doutent.
Vos confrères ont eu la bonne idée et l’occasion d’aller et de montrer que il y a une réponse effectivement sur le terrain qui porte ses fruits. J’aime à dire sans nous réjouir de ce qui arrive, lorsque vous entendez que les criminels ont réussi un coup ici, c’est-à-dire qu’ils ont fait une incursion qui a causé des dégâts, peut-être que nous avons évité 50% avant grâce au dispositif qui est en place. C’est comme ça. Mais comme c’est asymétrique on espère pouvoir tout anticiper et enrayer mais il peut arriver que certains faits, certains actes réussissent avant qu’on ne s’en rende compte. Dans tous les cas ce qui est bon à savoir, et c’est ce que je dis depuis le début, c’est que la seule certitude qu’il y a face à ce phénomène c’est que l’Etat doit l’emporter sur les criminels, l’Etat doit rester debout parce que aucun groupe criminel ne peut en imposer à l’Etat. Donc nous ferons tout pour préserver l’intégrité du territoire et garantir la sécurité à nos populations. C’est pour cela qu’il y a des investissements massifs, ces recrutements massifs et c’est pour ça qu’il y a cette montée en puissance de nos forces de défense et de sécurité en ce qui concerne les équipements et de plus en plus des équipements adaptés.

Jacques Boko, de Matin Libre : Par rapport au remplacement du ministre des Affaires étrangères. Est-ce parce que le chef de l’Etat ne nous consulte pas avant de nommer les compétences qu’à leur départ on ne peut pas être informé, ne serait-ce que de ce qu’ils/elles ne sont plus au poste ?

Wilfried Léandre Houngbédji: Quand les compétences ne sont plus au poste, à l’heure où elles ne le sont plus vous êtes informés, il y a un acte officiel.
Jacques Boko : Non

Wilfried Léandre Houngbédji: Je suis juriste à la base. Et je veux que sur ces sujets là nous parlions sur des pièces rapportées. Vous des médias vous pouvez avoir des sources, des indications, des indiscrétions, des rumeurs qu’il vous appartient de recouper. Au moment de les recouper si vous n’avez pas un acte vous observez la prudence. Donc vous ne dites pas « tel a été viré ». Mais vous pouvez dire « tel pourrait être remplacé dans quelques jours ». Alors, quand vous dites limogeage, cela suppose une sanction. Moi si je ne sais pas s’il y a sanction je ne peux pas vous dire qu’il y a limogeage. Mais lorsque j’ai un acte qui me dit, telle personne a été remplacée je suis fondé à vous dire qu’il y a un nouveau ministre pour tel département.

Jacques Boko : Pour mieux situer l’opinion, ailleurs un simple tweet du porte-parolat suffit pour informer si tel ou tel ministre n’est plus en poste.

Wilfried Léandre Houngbédji: Oui mais quand tel ministre n’est plus membre du gouvernement il y a un décret ou un communiqué du secrétariat général du gouvernement que nous mettons à la disposition de tout le monde.
Jacques Boko : Mais ça vient 15 jours, 10 jours après.

Wilfried Léandre Houngbédji: Ça vient au moment où l’intéressé n’est plus membre du gouvernement. Parce que sans l’acte il est toujours membre du gouvernement.

Jacques Boko : Non, la preuve le ministre Agbénonci n’était plus membre du gouvernement, il n’était plus en conseil des ministres.

Wilfried Léandre Houngbédji: Il peut n’avoir pas été en conseil des ministres, le décret qui porte composition de l’équipe gouvernementale comporte son nom jusqu’à ce que un autre soit désigné. Donc formellement il est de l’équipe.

Jacques Boko : Que faites-vous alors de l’information de première main comme on le dit ?

Wilfried Léandre Houngbédji: L’information de première main quand moi je l’ai je vous la donne.

Jacques Boko: Parfois il y a des milliards qui vous contactent mais vous demander d’attendre l’acte officiel.

Vos propos par rapport à la raffinerie de Dangote. Je paraphrase : vous aviez dit que le Bénin n’ira pas danser. Il semble même que des économistes fondamentalistes vous ont critiqué

Wilfried Léandre Houngbédji: Lui au moins il a eu l’honnêteté de dire qu’il n’a pas encore écouté ce que Houngbédji a dit. Il a donné sa lecture mais en nuançant.

Jacques Boko: il y a un moment à travers votre intervention j’ai compris que vous n’êtes pas le porte-parole d’un Bénin faible.

Wilfried Léandre Houngbédji : Parce que Patrice Talon n’est pas le président d’un Bénin faible. J’ai dit à ceux qui m’ont interrogé sur l’absence selon eux condamnable du président de la République à l’inauguration de la raffinerie. C’est un effort extraordinaire que vous nous demandez. Vous nous demandez de ne plus donner la cantine scolaire aux enfants, vous nous demandez de ne plus donnez de l’eau potable dans votre village. Vous nous demandez de ne plus faire asphaltage à Djougou, je leur dirai que c’est vous qui nous avez suggéré cela.

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