Suspension du paiement des frais académiques sur les comptes des établissements de l’UAC: L’option  » Trésor public » pour désormais plus de traçabilité

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Depuis l’avènement du régime de la rupture en 2016, les Béninoises et Béninois sont habitués à un système particulier de gouvernance et de la gestion des finances publiques. Patrice Talon a su implémenter dans tous les secteurs une rigueur et une gouvernance dans la traçabilité des différentes ressources. Cette volonté politique de changer la donne n’a pas manqué de toucher aussi le secteur des enseignements et plus particulièrement celui supérieur.

Depuis le temps de Mathusalem, les différentes facultés et entités de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) disposent de comptes bancaires sur lesquels sont payés les différents frais académiques par les étudiants. Il s’agit des comptes logés dans les différentes banques de la place et permettant aux étudiants de payer que ce soit les frais d’inscription pédagogiques, de retrait de bulletin, de l’attestation de soutenance et d’autres pièces au niveau des entités. Mais ne saurait durer, car depuis le 23 mai 2023, les différents doyens, directeurs et responsables de formation ont reçu la correspondance n°118-2023/UAC/SG/AC/SRec/SA de la part du recteur de l’UAC professeur Félicien Avlessi.

Dans ce document signé par le 1ᵉʳ responsable de l’université, il est demandé à tous les doyens de suspendre le paiement de tous les frais académiques sur leurs comptes bancaires respectifs. En réponse et en application à cette décision, les différentes facultés ont commencé par inviter leurs étudiants à se plier à cette nouvelle résolution.

Ainsi, toutes les entités sont invitées à disposer des comptes ouverts au trésor public. Ce changement de paradigme a commencé même si c’est de manière très faible au niveau de plusieurs facultés de l’Université d’Abomey-Calavi d’après les enquêtes effectuées par Le Potentiel. Notamment à l’UAC, la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC), la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG), la Faculté des Sciences Humaines et Sociales (FASHS) sans oublier l’École Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC) et plusieurs autres entités se sont déjà conformées à la décision du recteur.

Mais une question fondamentale vient à l’esprit de toute personne informée de la prise de cette décision. Il s’agit de la question « pourquoi ce changement et en quoi le trésor public est la meilleure option » ?

En observant un peu les réformes dans l’enseignement supérieur avec désormais la nomination des recteurs et le contrôle qui se fait du fonctionnement de chaque université, des questions taraudent l’esprit.

Les autorités étatiques veulent plus de transparence

Il a fallu quelques semaines après la correspondance du recteur pour que tous les doyens et directeurs d’écoles sous tutelle de l’université d’Abomey-Calavi commencent à respecter la décision. Désormais, toutes ces facultés sont sommées à l’ouverture des comptes au niveau du trésor public. Quand on sait que qui parle du trésor public parle du Ministère de l’Économie et des Finances et qui parle du ministère parle du gouvernement, l’on peut analyser en disant que les autorités ont décidé de favoriser une bonne sécurisation des ressources de chaque entité.

Banniere carrée

D’un autre œil, l’on pourrait analyser également qu’ainsi le ministère a désormais la possibilité de vérifier la gestion de ces frais collectés par les facultés chaque année auprès des étudiants. Sans pour autant connaître les réels motifs de cette décision, il s’agit quand même d’une véritable innovation qui permet aux facultés de l’UAC de participer à leur manière à la bonne mobilisation des ressources et à la bonne gestion de l’argent des étudiants.

En orientant ceux-ci vers le trésor public désormais, l’État, par le biais du ministère de l’Économie et des Finances, a un œil dans toutes les transactions qui se font. Sérieux, rigueur et vigilance seront encore plus de mise.

Une solution novatrice pour réduire le calvaire des étudiants au niveau des banques

Avec cette nouvelle décision, les étudiants de l’Université d’Abomey Calavi (UAC) jubilent depuis bientôt un mois. Cette joie est justifiée par le fait que ceux-ci désormais n’ont plus besoin de faire le rang au niveau des banques sous le soleil avant de payer les différents frais. Désormais, le processus est en ligne et facilite la tâche à ces étudiants qui trouvent que non seulement cette décision est bonne, mais une manière de leur faciliter la tâche vis-à-vis des agences bancaires qui ne disposent pas de l’option de paiement en ligne pour la plupart.

C’est le cas de l’étudiante à la FLLAC Yasmine Dossou qui a payé en moins de cinq (5) minutes les frais pour le retrait de son attestation de licence. «Je suis très contente. Avant, il faut passer au moins toute une journée à la banque avant de finir le paiement dans le compte de la FLLAC. Parfois, ils parlent de connexion et l’effectif est généralement pléthorique. Cela ne nous avantageait pas du tout. Maintenant, c’est très bien. C’est une bonne décision », se réjouit-elle.

Pour Hospice Glégan de la FASEG, « il s’agit une mesure salutaire également, car cela facilite la tâche et constitue un moyen plus moderne et plus encadré de la gestion des fonds qui sont versés au niveau de ces facultés ». Déjà en œuvre dans certaines entités, celles qui drainent toujours les pas doivent travailler pour mettre en vigueur cette correspondance du recteur qui les protège et qui répond favorablement aux réformes en cours dans le pays dans tous les secteurs.

Espérons !

Ulrich ZINSOU

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