Rentrée judiciaire 2023-2024 à la Cour d’appel : Une nouvelle année entamée sous le signe du leadership transformationnel
📍Un bilan de plus de 1930 arrêts rendus en 2022-2023 répartis entre la chambre commerciale (300), la chambre sociale (122), la chambre d’instruction (22) et la chambre criminelle (6)
La rentrée judiciaire 2023-2024 a été officiellement lancée à la Cour d’appel de Cotonou, avec un engagement fort pour une transformation qualitative du système judiciaire béninois. Face aux nombreuses critiques sur l’efficacité de la justice, les acteurs judiciaires ont placé cette nouvelle année sous le thème : « Quel leadership pour une gestion efficiente de nos juridictions ? » Un objectif clair a été fixé : améliorer la confiance des citoyens envers la justice à travers des réformes audacieuses et un management renouvelé.
Lors de son discours inaugural, Justin Gbènamèto, premier président de la Cour d’appel de Cotonou, a présenté le bilan de l’année judiciaire 2022-2023. Malgré des difficultés liées à l’insuffisance de ressources humaines et matérielles, la Cour a rendu 1930 arrêts, répartis entre la chambre commerciale (300), la chambre sociale (122), la chambre d’instruction (22) et la chambre criminelle (6). Ce bilan met en lumière les efforts fournis, mais aussi les défis persistants que la justice béninoise doit relever pour répondre aux attentes des citoyens.

Justin Gbènamèto a rappelé l’importance cruciale de la justice dans la construction d’un État de droit solide. Depuis 2016, plusieurs réformes ont été entreprises : la création de nouvelles juridictions, dont la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), le tribunal de commerce, et la Cour spéciale des affaires foncières. Cependant, il admet que le système reste critiqué pour sa lenteur et l’opacité de certaines décisions. Le président insiste sur l’importance d’une justice rapide et transparente, et appelle à une meilleure gestion des ressources pour garantir des jugements plus rapides et intelligibles.
Le thème du leadership a été au cœur des discussions lors de cette rentrée judiciaire. Justin Gbènamèto a souligné que le leadership, à la différence du management traditionnel, vise à transformer en profondeur le système judiciaire. Ce leadership « transformationnel » doit permettre aux chefs de juridiction de se concentrer sur les résultats, plutôt que sur les individus, en engageant chaque collaborateur à donner le meilleur de lui-même. Cette approche ambitionne de redéfinir la justice non plus comme un simple service, mais comme un droit fondamental qui s’impose.
Face à l’accroissement des activités judiciaires et au manque de magistrats et de greffiers, Gbènamèto a plaidé pour un recrutement massif afin de renforcer les effectifs. Il a également proposé une gestion plus proactive des juges et un meilleur contrôle des procédures pour réduire les ajournements et renvois. La mise en place d’un système de suivi des performances des tribunaux figure également parmi les réformes envisagées pour l’année à venir, avec pour objectif de garantir la tenue des audiences dans des délais raisonnables.
Kevin da SILVA