
Situation sécuritaire alarmante dans le Sahel : Le Niger dans la tourmente, la junte militaire fausse le diagnostic
Après un semblant de trêve verbale, signe qui laissait présager d’une désescalade durable dans les tensions entre le Niger et la CEDEAO, le général Abdourahamane Tiani a relancé les hostilités. Le chef de la junte militaire au pouvoir depuis 2023 à la suite du coup d’État perpétré contre le régime du Président Bazoum a choisi ses cibles, le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France. En effet, dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, des tirs nourris et des explosions ont secoué la zone autour de l’aéroport international Diori Hamani à Niamey, ciblant notamment la base aérienne située à l’intérieur du complexe. Épaulées par des partenaires russes, les forces de sécurité nigériennes ont riposté, neutralisant plusieurs assaillants et arrêtant d’autres individus. Du côté de l’armée nigérienne, on dénombre quelques militaires blessés. Sorti de son palais pour constater l’étendue des dégâts, c’est depuis le théâtre des attaques que le général Abdourahamane Tiani a ciblé plusieurs pays, dont le Bénin, en les accusant de complicité dans cette opération. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara, nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter. », a déclaré sous un ton guerrier et menaçant le général Tiani le jeudi 29 janvier 2026 alors qu’il était en déplacement sur les lieux de l’attaque jihadiste à Niamey. Mais face à ces accusations, des réactions se multiplient. L’ambassadeur du Niger en Côte d’Ivoire a été convoqué par l’administration diplomatique à Abidjan pour des mesures de clarification. Au Bénin, les propos du général Abdourahamane Tiani qui ravivent les tensions sont considérés comme des balivernes no sens. « Même ses citoyens disent ne pas y croire », dixit le porte-parole du Gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji balayant du revers de la main les accusations relatives à une supposée implication du Bénin dans les attaques survenues dans les zones aéroportuaires à Niamey. Il a rappelé une sagesse béninoise : « Si quelqu’un se dénude pour vous voler votre couverture, ne le poursuivez pas dans le même état, au risque d’être confus ». Mais la posture belligérante de Niamey vis-à-vis des pays de la CEDEAO a aussi suscité des réactions chez les observateurs et analystes. Sur différents plateaux de télévision, des arguments de taille ont été avancés pour battre en brèche les accusations du général Tiani et pointer du doigt l’inefficacité de son pouvoir à contenir les menaces djihadistes. Depuis l’arrivée au pouvoir du général Tiani, les experts dénombrent plus de 1700 victimes (civils et militaires) d’attaques djihadistes au Niger, plus de 1200 morts dans la région de Tilaberi désignée comme la zone la plus touchée par les attentats terroristes. Cette région de Tilaberi ne se situe pas à la frontière avec le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo encore moins avec le Nigéria. Tilaberi se situe dans la zone des trois frontières reliant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Face à ces données, les experts s’étonnent que le général choisisse d’accuser sans raison le Bénin et d’autres pays plutôt que de dénoncer la porosité des frontières avec ses partenaires de l’AES notamment le Mali et le Burkina Faso. Déjà que la frontière est fermée avec le Bénin, comment peut-on soutenir que des mercenaires sont venus du Bénin pour perpétrer des attaques ? À tout point de vue, les accusations du Chef de a junte militaire au pouvoir à Niamey cachent mal une haine gratuite nourrie contre le Bénin et un déni de reconnaissance des faiblesses de la stratégie sécuritaire interne au interne. Par ailleurs, des contradictions apparaissent dans le discours du général Tiani. Depuis le théâtre des conflits, Tiani remercie les forces armées russes pour leur intervention qui a permis de repousser les djihadistes. Or, le même Tiani qui se présente comme maître de la souveraineté veut refuser à d’autres pays de la région de bénéficier des aides ponctuelles au nom des accords de coopération qui les lient avec d’autres puissances étrangères. Alors que la situation sécuritaire est alarmante, le pays de Tiani doit encore faire face à l’effondrement économique en raison des pertes colossales d’argent dans le gel du commerce de l’uranium, des destructions causées sur le pipeline Bénin- Niger, du côté de Niamey. Autre désaveu, quelques heures seulement après les accusations infondées du général Tiani, la branche locale de l’État islamique, a revendiqué ces attentats promettant de perpétrer d’autres attaques. Selon les experts, les chefs de la branche locale de l’État islamique sont des ressortissants maliens et burkinabè bien connus des autorités des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Par ailleurs, les experts mettent l’accent sur les circuits d’alimentation économique des groupes terroristes affiliés à l’État islamique dans la Sahel. À en croire certains spécialistes, certains pays du Golfe et autres fournissent des fonds colossaux en dollars à ces groupes terroristes pour la libération de certains de leurs ressortissants pris en otage. Ces rançons permettent ensuite aux groupes terroristes d’assoir leur plan d’attaque pour s’en prendre aux Etats du Sahel. Malheureusement, au lieu de se résoudre à voir les réelles causes du problème nigérien, le général Abdourahamane Tiani a choisi visiblement de s’attaquer au Bénin et à d’autres pays. Diversion ou stratégie de camouflage d’une gouvernance chaotique ? Les faits parlent !

B. K. S
