Escroquerie foncière à Abomey-Calavi : un guérisseur traditionnel soutire 4 millions à un client et lui vend une parcelle fictive

0 89

Plusieurs dossiers étaient inscrits au rôle de l’audience de ce lundi 27 avril 2026 à la Cour spéciale des affaires foncières (CSAF). Parmi eux figurait une affaire d’escroquerie impliquant un prévenu, Ahomagnon O., qui s’est présenté à la barre comme un guérisseur traditionnel. Au cœur de cette procédure : une transaction fictive portant sur une parcelle inexistante, révélatrice des dérives persistantes dans le secteur foncier.
Les faits remontent à l’année 2025, dans la localité de Gbétagbo, située dans la commune d’Abomey-Calavi. Le prévenu est poursuivi pour avoir soutiré la somme de 4 millions de francs CFA à Jean H., également présent à l’audience, en lui promettant la vente d’une parcelle. Une promesse qui ne reposait sur aucune réalité, le terrain en question n’ayant jamais existé.
À la barre, le prévenu n’a pas contesté les faits. Il a reconnu avoir monté cette opération pour faire face à des difficultés personnelles, admettant avoir agi par besoin d’argent. Selon ses déclarations, le temps lui aurait manqué pour restituer les fonds comme il l’envisageait initialement. Désormais en détention et seul face à son destin, il a sollicité de la Cour, un délai de trois mois afin de rembourser intégralement la victime.
Mais cette proposition n’a pas convaincu Jean H. La victime s’est montrée ferme, rejetant catégoriquement ce délai qu’elle juge excessif. Elle a en outre dénoncé les habitudes du prévenu, affirmant qu’il serait coutumier des promesses non tenues, ce qui renforce sa méfiance quant à un éventuel remboursement volontaire.
Face à ces éléments, la Cour a décidé de renvoyer le dossier au 15 juin 2026. Cette prochaine audience sera consacrée aux débats de fond, mais aussi à la question du désintéressement de la victime. En attendant, la juridiction a confirmé le mandat de dépôt déjà décerné à l’encontre d’Ahomagnon O., qui retour en prison.
Cette affaire illustre une fois de plus les risques liés aux transactions foncières informelles et rappelle l’importance de la vigilance dans un domaine souvent marqué par des pratiques frauduleuses. Les autorités béninoises entendent renforcer la lutte contre ces actes et garantir une meilleure protection des citoyens. En tout cas, la Cour spéciale des affaires foncières (CSAF) s’inscrit dans cette dynamique et se montre déterminée à appliquer les sanctions prévues par le Code foncier et domanial en vigueur en République du Bénin. Et ceci ne sera que justice rendue.

Banniere carrée

L.T.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

error: Content is protected !!