Réforme constitutionnelle au Sénégal: Bassirou Diomaye Faye engage un recours devant le Conseil constitutionnel

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Un nouvel épisode vient relancer le débat autour de la réforme de la constitution au Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement saisi le Conseil constitutionnel afin qu’il examine, en urgence, la régularité de la procédure ayant conduit à l’adoption de la réforme de la Constitution. Sans remettre en cause le contenu du texte, le chef de l’État estime que son adoption pourrait être entachée d’irrégularités.

La requête, transmise le lundi 6 juillet, porte exclusivement sur la procédure de révision constitutionnelle. Le chef de l’État demande à la plus haute juridiction du pays de statuer en urgence, dans un délai de huit jours, sur une éventuelle violation des règles encadrant la modification de la Loi fondamentale. Adoptée le 29 juin dernier par 129 députés sur 165, la réforme suscite depuis plusieurs jours une vive controverse. Ce recours du président a lieu dans une période ponctuée de critiques émanant d’une partie de la classe politique et de la société civile. Cette saisine constitue l’un des recours institutionnels dont dispose le chef de l’État pour tenter de faire examiner un texte contesté. Elle rejoint les revendications de sa coalition, de plusieurs partis d’opposition ainsi que d’organisations citoyennes qui réclament une réévaluation de la procédure ayant conduit au vote.

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La réforme prévoit d’importants changements institutionnels. Elle interdit notamment au président de la République de diriger un parti politique, renforce les prérogatives du Premier ministre et de l’Assemblée nationale, remplace le Conseil constitutionnel par une Cour constitutionnelle composée de neuf membres et limite à une seule fois, par mandat présidentiel, la possibilité de dissoudre le Parlement. Les opposants au projet estiment toutefois que ces modifications auraient nécessité davantage de concertation. Certains dénoncent également un texte qu’ils jugent favorable à l’actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, ancien Premier ministre. De son côté, le parti au pouvoir, le Pastef, défend une réforme inspirée des recommandations issues du Dialogue national de 2025 et des Assises de la justice organisées en 2024. Il considère ces changements comme une étape majeure dans la modernisation des institutions sénégalaises.

La décision du Conseil constitutionnel est désormais attendue. Son avis pourrait peser sur l’avenir de cette réforme et contribuer à apaiser, ou au contraire raviver, les tensions politiques qui entourent sa mise en œuvre.

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