Corruption, légèreté professionnelle et sanction administrative à la police républicaine : Kandi/Kassakou : le retour au poste du commissaire fait débat

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Sanctionné dans une affaire présumée de corruption, le commissaire de Kassakou dans la commune de Kandi, Missihoun Fadonougbo Sossou, a regagné son poste après une mesure disciplinaire. Et dans l’Alibori, des voix appellent à davantage de clarifications sur le traitement de dossier pourtant hors du commun. L’affaire continue d’alimenter les discussions dans plusieurs localités de l’Alibori. Au cœur des interrogations, un seul sujet. Il s’agit du retour à son poste de commandement du commissaire de police de première classe Missihoun Fadonougbo Sossou, chef du commissariat d’arrondissement de Kassakou, après une sanction disciplinaire liée à des faits présumés de corruption et d’abus de fonction. Selon des informations recoupées par le Département Enquête et Investigation (Dei) de Le Potentiel, le dossier remonte à l’interpellation d’une camionnette transportant plusieurs tonnes de coton graine destinées à la semence. Le chargement était en route vers le Niger lorsqu’il a été contrôlé dans la zone de compétence du commissariat de Kassakou. Toujours selon les informations recueillies, une somme de 300 000 francs CFA aurait été indûment perçue par le commissaire Missihoun Fadonougbo Sossou afin de permettre la poursuite du transport. Mais la cargaison a par la suite été interceptée lors d’une opération menée par des éléments de la Direction départementale de la Police républicaine de l’Alibori. Au cours des vérifications, le transporteur qui croyait être à l’abri avec l’accord illicite conclu avec le commissaire Missihoun Fadonougbo Sossou va exhiber les termes dudit accord. Le transporteur
aurait ainsi déclaré avoir déjà versé 300 000 francs CFA au commissaire de Kassakou. Informée, la hiérarchie policière avait alors ouvert une procédure interne. Les mêmes sources du Dei indiquent que les faits ont été reconnus par le commissaire Missihoun Fadonougbo Sossou qui a d’ailleurs procédé dans la foulée à la restitution des fonds illicitement perçus.

Une sanction administrative, mais des interrogations persistantes

A la suite de cette affaire, le commissaire Missihoun Fadonougbo Sossou ainsi que son adjoint auraient écopé d’une sanction disciplinaire de 25 jours d’arrêt de rigueur (Jar) et auraient été maintenus à un lieu sûr privé de contact extérieur à titre conservatoire, selon les sources du Dei. Pour de nombreux observateurs locaux, cette réaction témoigne d’une prise en compte du dossier par la hiérarchie policière. Toutefois, c’est la suite du traitement réservé à l’affaire qui suscite aujourd’hui des interrogations. Selon plusieurs sources concordantes, le commissaire Missihoun Fadonougbo Sossou a récemment regagné son poste à Kassakou après l’exécution de la sanction administrative. « Étonnant !!!», s’exclame une source très observatrice de la nouvelle dynamique de gestion des fautes commises par les agents de police dans l’exercice de leur fonction. Ce retour au poste est donc une évolution de l’affaire qui surprend certains observateurs locaux et nationaux, lesquels estiment que plusieurs zones d’ombre mériteraient encore d’être éclaircies. Les interrogations portent notamment sur l’articulation entre la sanction disciplinaire et une éventuelle procédure judiciaire, dans un contexte où la lutte contre la corruption constitue l’un des axes majeurs de l’action publique.

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Le précédent de Tokplégbé cité

Dans les discussions au sein de l’opinion locale et nationale, certains rappellent le précédent d’un officier de police précédemment en fonction au commissariat de Tokplégbé. A l’époque, le commissaire adjoint de Tokplégbé aurait perçu de l’argent illicite dans une affaire de viol. Dans cette affaire, largement relayée à l’époque dans la presse, ce commissaire de Tokplégbé avait été mis à la disposition des services d’enquête compétents, notamment la Brigade économique et financière (Bef) à la suite d’accusations de perception indue d’argent dans ce dossier sensible. Pour plusieurs citoyens interrogés par notre rédaction, cette comparaison nourrit aujourd’hui un débat sur l’égalité de traitement des dossiers disciplinaires impliquant des agents publics. Ces citoyens du département de l’Alibori et environs ne remettent pas en cause l’autorité ni la rigueur reconnue du Directeur général de la Police républicaine, Brice Kokou Allowanou, dont l’action en faveur du renforcement de la discipline au sein de l’institution est régulièrement saluée. Ils souhaitent cependant que toute la lumière soit faite sur cette affaire afin de dissiper les interrogations qui persistent au sein de l’opinion.

Le besoin de clarifications

Au-delà du cas individuel du commissaire Missihoun Fadonougbo Sossou et de son adjoint, cette affaire pose la question de la lisibilité des procédures disciplinaires et judiciaires lorsqu’elles concernent des agents chargés de faire respecter la loi. Dans un contexte national marqué par la promotion de la bonne gouvernance, de la transparence et de la lutte contre la corruption, plusieurs observateurs estiment qu’une communication plus détaillée sur les suites réservées à ce dossier contribuerait à renforcer la confiance des populations dans les mécanismes de contrôle et de reddition de comptes. Pour l’heure, les regards restent tournés vers les autorités compétentes,. notamment le Directeur général de la police républicaine ( Dgpr), Brice Kokou Allowanou,
dans l’attente d’éventuelles clarifications susceptibles de lever les interrogations soulevées par cette affaire qui continue de faire parler dans la commune de Kandi. La faute imputable au commissaire de Kassakou qui lui a valu au même titre que son adjoint les 25 jours d’arrêt de rigueur, ne mérite-elle pas des poursuites pénales ? Alors que cette question se pose avec acuité, le retour au poste du commissaire Missihoun Fadonougbo Sossou adresse les problèmes de légitime et d’autorité. Comment va-t-il assurer le commandement dans cette même unité avec des résultats alors que son autorité est susceptible d’être fragilisée par les écueils professionnels liés à ces affaires de 300 000 francs CFA ? La hiérarchie policière est au pied du mur.

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