Nigeria : Il y a 60 ans, le contre-coup d’État de 1966 conduit à la guerre du Biafra
Le Nigeria commémore ce mercredi 29 juillet 2026 le 60e anniversaire du contre-coup d’État militaire du 29 juillet 1966. Un épisode décisif qui a bouleversé le destin politique du pays et ouvert la voie à la guerre civile du Biafra. Six décennies plus tard, cette date demeure un symbole des défis liés à la stabilité institutionnelle et à la cohésion nationale.
Dans les récits officiels de l’histoire nigériane, le contre-coup d’État du 29 juillet 1966 est présenté comme un événement majeur ayant profondément reconfiguré l’équilibre politique du pays. Les autorités rappellent qu’il s’inscrit dans une période de fortes tensions consécutives au premier coup d’État militaire du 15 janvier 1966, qui avait porté le général Johnson Aguiyi-Ironsi au pouvoir.
Au cours de la nuit du 28 au 29 juillet 1966, des officiers de l’armée, principalement issus du nord du Nigeria, renversent le régime militaire en place. Le chef de l’État, le général Aguiyi-Ironsi est arrêté puis tué à Ibadan, en même temps que le colonel Adekunle Fajuyi, gouverneur militaire de la région de l’Ouest. Parmi les figures majeures de cette opération figurent notamment le lieutenant-colonel Murtala Mohammed et le major Theophilus Danjuma.

À l’issue de ce bouleversement, le lieutenant-colonel Yakubu Gowon est désigné président du Conseil militaire suprême avant de prendre officiellement les rênes du Nigeria le 1er août 1966. Son arrivée au pouvoir intervient dans un climat de profondes divisions politiques, ethniques et régionales.
Les autorités historiques soulignent que les violences qui suivent, notamment contre les populations originaires de l’Est du pays, accentuent les fractures nationales. Cette détérioration du contexte politique conduit, le 30 mai 1967, à la proclamation de l’indépendance de la République du Biafra par le lieutenant-colonel Chukwuemeka Odumegwu Ojukwu, déclenchant la guerre civile nigériane.
Le conflit entre le gouvernement fédéral et les forces biafraises, qui s’étend de 1967 à 1970, fait des centaines de milliers de victimes et demeure l’un des épisodes les plus meurtriers de l’histoire de l’Afrique post-indépendance. Cette guerre a durablement marqué la mémoire collective du Nigeria et continue d’alimenter les réflexions sur la gouvernance, l’unité nationale et la prévention des conflits. Soixante ans après les événements de juillet 1966, le Nigeria se souvient d’un tournant historique qui a façonné son évolution politique.
Médard Clobechi