Tunisie : le taux de fécondité en baisse selon une étude, un record qui inquiète

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Tunisie : le taux de fécondité en baisse selon une étude, un raccord qui inquiète

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La fécondité poursuit sa chute dans les pays du Maghreb. Une étude récente de l’Institut national d’études démographiques (INED), publiée dans la revue Population & Sociétés, révèle un recul durable du nombre d’enfants par femme. Les travaux ont été confirmés au Maroc, en Algérie et surtout en Tunisie, devenue le premier pays de la région à passer durablement sous le seuil de renouvellement des générations.

Selon les données analysées par les chercheurs, l’indice synthétique de fécondité en Tunisie est estimé à 1,53 enfant par femme en 2024, bien en dessous du seuil de remplacement fixé à 2,1 enfants par femme. Le Maroc enregistre un taux de 1,97 enfant par femme, tandis que l’Algérie affiche encore 2,61 enfants par femme. L’étude met en évidence une transformation profonde des dynamiques démographiques maghrébines. Dans les années 1970, les femmes du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie donnaient naissance en moyenne à sept ou huit enfants. Depuis lors, la baisse de la fécondité s’est progressivement installée dans l’ensemble de la région.

Toutefois, les trajectoires nationales divergent. Le Maroc connaît une diminution régulière du nombre de naissances depuis plusieurs décennies. L’Algérie, après une légère remontée de la fécondité au milieu des années 2010, est revenue à une tendance baissière. Quant à la Tunisie, elle affiche depuis 2014 le recul le plus rapide du Maghreb.

Les chercheurs expliquent cette évolution par plusieurs facteurs sociaux communs aux trois pays. Le recul de l’âge du mariage, le report des premières naissances et l’évolution des comportements reproductifs figurent parmi les principales causes de cette baisse de la natalité.

En Tunisie, l’augmentation du célibat chez les moins de 40 ans apparaît comme un facteur déterminant. Cette tendance contribue directement à la diminution du nombre de naissances observée ces dernières années.

L’étude souligne également l’impact des transformations éducatives et sociales. En Tunisie, les femmes représentent près de 60 % des effectifs de l’enseignement supérieur. L’allongement des parcours universitaires et les difficultés d’insertion professionnelle de certaines diplômées conduisent à un report des projets familiaux et à une réduction du nombre d’enfants souhaités.

Au-delà de la baisse de la natalité, l’INED alerte sur l’accélération du vieillissement démographique, particulièrement en Tunisie. La proportion des personnes âgées de 60 ans et plus y est passée de 8 % en 1997 à 17 % en 2024, soit plus du double en moins de trente ans.

Cette évolution, la plus avancée de la région selon les chercheurs, pourrait avoir des conséquences importantes sur le financement des systèmes de protection sociale, les dépenses de santé et le renouvellement de la population active.

Médard Clobechi

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