Gouffre financier et mauvaise gestion des Coopératives d’aménagement rural du Mono : Fuyant la prison, les truands utilisent la couverture Talon

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C’est une évidence. Nul ne peut continuer, sauf à être sénile dans l’attitude, à nier l’existence des impairs commis par certains anciens gestionnaires des Coopératives d’aménagement rural (Car) dans le département du Mono. Le récent rapport de l’inspection générale des finances (Igf) relatif à la gestion des quatre (4) Car à savoir celles de Houin, Agamè, Koudo et Agnito, donne à voir de gros trous et des pratiques de contrefaçon dans la gestion sur les deux dernières années. Le cumul du gouffre financier, et nous l’avons suffisamment démontré dans nos précédents articles, tutoie les 100 millions de francs CFA. Ce gouffre est lié aux opérations non traçables, à la décadence du service de comptabilité, des fonds illicitement gardés par le personnel technique. Au-delà du rapport de l’Igf, d’autres rapports documentés de la direction départementale de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (Ddaep) du Mono, démontraient depuis 2021, des pratiques floues notées dans les opérations d’abattage de plants avec des informations tronquées avancées par les administrateurs de l’époque. Impossible de de dire avec certitude les clients des Car. Des écarts concernant plusieurs dizaines de millions FCFA dans le cadre recettes déclarées et l’indisponibilité des pièces justificatives liées au versement du droit d’abattage, etc., sont entre autres les manquements relevés. Le mal est criant et c’est à juste titre que le ministre de tutelle a lâché l’inspection générale des finances et des auditeurs aux trousses des gestionnaires des 36 Coopératives d’aménagement rural du Bénin.

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Talon comme couverture, la trouvaille des truands

Quand on est en faute, le minimum de déclenchement qu’il sied d’observer est de garder le silence à défaut de confesser le crime. Mais il s’en trouve parfois qui défie toutes les règles morales qui devraient déterminer la vie en communauté. C’est dans cette catégorie que se trouvent certains anciens membres des organes dirigeants de la Coopérative d’aménagement rural d’Agamè dans la commune de Lokossa. Ces auteurs de mauvaise gestion ayant créé de graves préjudices financiers, matériels et moraux, ne manquent plus d’occasion pour l’ouvrir. En l’occurrence, des anciens membres du Conseil d’Administration de la Car d’Agamè sont décidés à s’offrir un courage indien. Selon plusieurs sources, ces potentiels clients de la CRIET et candidats à la prison disent ne rien craindre. Leur parapluie serait les ”bras longs”. La pratique est connue des Béninois. Avec des bras longs dans un domaine précis, ici notamment le secteur de la justice, des anciens membres du conseil d’administration de la Car d’Agamè peuvent échapper à la prison. Jamais ils ne seront inquiétés. Les truands en sont convaincus et le disent à qui veut l’entendre. Certains bars et buvettes de la commune de Dogbo (département du Couffo) sont des lieux privilégiés pour des ex-membres du Conseil d’Administration ( CA) de la Car d’Agamè. Dans ces lieux, on peut les entendre ricaner, se moquer des honnêtes travailleurs Coopérateurs qui dénoncent leur passif et réclament justice. « Nous avons de grands soutiens, aucune justice ne peut nous chercher ». Ce bout de phrase attribué aux auteurs du sombre bilan à la Car d’Agamè résume tout. Le comble c’est qu’ils utilisent maintenant le nom du Chef de l’État comme couverture. Des anciens membres du conseil d’administration exhibent des contrats signés avec certaines sociétés désignées comme les acheteurs des régimes de palmier. On se rappelle qu’il y a des gros trous découverts par l’Igf et la Ddaep dans ces transactions. En dépit de ces préjudices qui suffisent pour envoyer ces ex-membres du Conseil d’Administration en prison, ces derniers narguent tout le monde. La ligne de défense est de dire que ces sociétés appartiennent à des proches et amis du Président de la République Patrice Talon. C’est le cas par exemple de la société Coda-Bénin Sa. Pour les anciens membres du conseil d’administration de la Car d’Agamè, rien ne peut leur arriver. Avec les amis et proches du Président, quel juge pourrait oser les convoquer ? Mais ils ont tout faux. Le nom Talon n’est pas un chèque en blanc au gouffre financier. Le président lui-même est en croisade contre la mal Gouvernance dans tous les secteurs d’activités. Ces anciens membres du conseil d’administration ne peuvent donc se soustraire à la foudre de la justice après avoir commis d’aussi graves gouffres financiers. C’est alors ici que les acteurs de la chaîne pénale doivent être prompts. Sur la base du rapport de l’Igf et des faits dénoncés, le procureur de Lokossa, territorialement compétent peut déjà enclencher des opérations d’interpellation dans le rang de ces anciens gestionnaires des Coopératives d’aménagement rural du Mono. L’heure de l’impunité est terminée. Et les coupables de gouffre ne peuvent plus continuer à se pavaner et narguer les gens de vertu.

Brivaël Klokpê Sogbovi

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