Opération militaire russe en Ukraine : l’Ambassadeur Igor Evdokimov donne les origines du conflit

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Les militaires russes sont toujours au front sur le territoire ukrainien. L’engagement demeure vif du côté russe. En effet, dans un entretien accordé aux journalistes, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la Fédération de Russie en République du Bénin, S.E.M. Igor Evdokimov a expliqué la position de son pays et est revenu les origines de cette « opération militaire ». A en croire le diplomate, la crise actuelle est le résultat du coup d’État de février 2014 en Ukraine qui a été orchestré, financé et organisé depuis l’étranger. Lire ci-dessous son entretien._

Journaliste : Votre Excellence Monsieur l’Ambassadeur de la Fédération de Russie près le Bénin, dites-nous quel est la situation actuelle autour de l’Ukraine ?

Ambassadeur Igor Evdokimov : L’opération militaire spéciale russe se poursuit. Les forces russes améliorent leurs positions pratiquement sur l’ensemble de la ligne de contact, y compris sur les axes de Koupiansk, de Zaporojié et d’Avdeïevka. Quant à la contre-offensive ukrainienne, elle a complètement échoué. Selon les estimations des experts militaires, déjà en juillet-août, la cinquième partie au minimum du matériel fourni pour l’offensive a été détruite ou endommagée tandis que les forces armées ukrainiennes n’ont même pas réussi à accéder aux lignes principales de défense des forces russes.
Il est grand temps que tout le monde à Kiev et à Washington comprenne : il est impossible de vaincre la Russie sur le champ de bataille. Quels que soient les efforts déployés par l’Occident collectif pour armer les forces ukrainiennes et encourager les autorités ukrainiennes à poursuivre leur confrontation avec la Russie, ces tentatives sont inévitablement condamnées à l’échec.
Tous les objectifs de l’opération militaire spéciale visant à protéger la population civile, à dénazifier et à démilitariser l’Ukraine, et à éliminer les menaces provenant de son territoire, seront certainement atteints.

Quels sont les origines du conflit en Ukraine ?

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La crise actuelle est le résultat du coup d’État de février 2014 en Ukraine, qui a été orchestré, financé et organisé depuis l’étranger.
L’éviction forcée du président légitime élu a conduit à une scission de facto du pays. À cette fin, au cours de l’hiver 2013-2014, le vice-président américain Joe Biden, la vice-secrétaire d’État américaine Victoria Nuland, le sénateur américain John McCain et d’autres ont “travaillé” à Kiev. Tous ont tenu des réunions avec des dirigeants de l’opposition et se sont rendus à la place Maidan de Kiev pour exprimer leur soutien public aux manifestants. En conséquence, le coup d’État dans la capitale ukrainienne a conduit les États-Unis à jouer un rôle de premier plan dans la gouvernance de l’Ukraine, ce qui est sans précédent dans la pratique internationale. Le pays qui se proclamait “phare” de la démocratie a choisi d’oublier que le droit international interdit d’organiser, d’inciter, de financer, d’instiguer ou de permettre des activités visant à violer l’ordre constitutionnel d’un autre État.
Le régime néonazi arrivé au pouvoir en 2014 à la suite d’un coup d’État sanglant à Kiev a cessé de considérer la population de Crimée, du Donbass et du sud-est du pays comme faisant partie de son propre peuple et a proposé à ceux qui n’étaient pas d’accord avec nouvelles règles de “quitter” le pays, les classant ainsi comme des personnes de “seconde classe”. S’il n’y avait pas eu de coup d’État organisé par les États-Unis et leurs satellites, les conditions n’auraient pas été créées pour l’émergence d’entités indépendantes sur son territoire, qui ont ensuite été intégrées à la Fédération de Russie à la suite de l’expression libre de la volonté lors de référendums.

Quel rôle jouent les pays occidentaux dans le conflit russo-ukrainien ?

Les pays occidentaux mènent contre nous une véritable guerre hybride ouverte en utilisant toutes les forces et tous les moyens disponibles. Leur objectif déclaré est d’infliger une “défaite stratégique” à la Russie avec les mains des néonazis ukrainiens.
Aujourd’hui les opérations de guerre contre la Russie sont menées presque entièrement grâce au soutien financier et militaire de l’Occident à Kiev. Le montant de l’aide occidentale accordée à l’Ukraine depuis le début de l’opération spéciale militaire a dépassé 160 milliards de dollars. À titre de comparaison, l’aide humanitaire de Washington à tout le continent africain en 2023 se chiffre à 4 milliards de dollars. Les livraisons d’armes et de matériels militaires à l’Ukraine se poursuivent, y compris les obus à l’uranium appauvri et les armes à sous-munitions qui sont des armes inhumaines et posent une grave menace pour la population civile et l’écologie de la zone, y compris les terres agricoles.
L’Occident collectif mène ainsi une politique qui consiste à jeter de l’huile sur le feu, comme on peut le voir clairement en Ukraine. En injectant des milliards de dollars dans le régime néonazi, en lui fournissant des équipements, des armes et des munitions, en lui envoyant des conseillers militaires et des mercenaires, tout est fait pour attiser le conflit et y entraîner d’autres États.
Comme l’a dit le chef de la diplomatie de l’Union Européenne, Josep Borrel, le conflit en Ukraine pourrait prendre fin dans quelques semaines si l’Occident cessait de fournir un soutien militaire à Kiev.

Quel sont les perspectives du règlement pacifique du conflit ?

La Russie n’a jamais rejeté un règlement politique et diplomatique de la crise ukrainienne et l’a déclaré à plusieurs reprises. En même temps il est évidant qu’il sera difficile de parvenir aux accords sérieux avec le régime actuel à Kiev et ses sponsors occidentaux.
Notre position demeure inchangée. Nous sommes prêts à trouver un accord, mais compte tenu des réalités qui se sont développées “sur le terrain”. Les nouvelles réalités territoriales développées à la suite de l’exercice par les habitants de nouvelles régions russes du droit à l’autodétermination inscrit dans la Charte de l’ONU doivent être reconnues, la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine, les droits de ses citoyens russophones et des minorités nationales doivent être assurés. La mise en œuvre de ces éléments correspond entièrement à la paix et à la sécurité internationale pour lesquelles la Russie se bat.
Il est évident que la victoire de la Russie sur l’Occident collectif en Ukraine sera un point de départ pour le changement futur de la balance globale des forces en vue de créer un ordre mondial polycentrique fondé sur la diversité culturelle et civilisationnelle du monde.

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