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Après l’expiration du mandat de Serge Ekué. BOAD : 16 jours de silence qui inquiètent

Seize (16) jours de silence radio qui commencent à peser lourd sur les marchés financiers régionaux et internationaux. Depuis le 28 août 2026, le mandat de Serge EKUÉ à la présidence de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) est officiellement arrivé à son terme. Pourtant, à la mi-septembre, aucune clarification publique définitive n’a encore été apportée par la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

Ce vide ou ce manque de communication officielle ne relève pas d’une simple formalité administrative. Il s’agit d’une urgence de clarification institutionnelle qui interpelle directement les leaders des huit pays membres.

La question ici dépasse largement le destin personnel du président sortant, dont le bilan à la tête de l’institution est par ailleurs scruté. Elle touche au cœur même de la continuité institutionnelle et de la sécurité juridique de la BOAD.

La BOAD n’est pas une banque commerciale mais une banque de développement. Propriété collective des huit États de l’Union, elle constitue le principal bras financier du développement communautaire. Sa gouvernance rigoureuse et sa prévisibilité sont les socles de sa signature financière. Les investisseurs internationaux, les agences de notation, les partenaires techniques et financiers (PTF) ainsi que les marchés de capitaux ont besoin de certitudes. Dans le monde de la haute finance, le flou est un luxe que les institutions de développement ne peuvent pas se permettre. La stabilité de la Banque est un actif collectif précieux qui doit être préservé à tout prix.

Ce qui surprend et inquiète les observateurs, c’est le caractère parfaitement prévisible de cette échéance. La date du 28 août 2026 était gravée dans l’agenda de l’Union depuis cinq ans. L’échéance ne pouvait donc en aucun cas surprendre les autorités compétentes.

Banniere carrée

L’histoire de la BOAD enseigne d’ailleurs que les transitions à sa tête ont toujours été de grands moments d’anticipation diplomatique. Par le passé, qu’il s’agisse de successions ou de renouvellements, les décisions étaient arbitrées et annoncées plusieurs mois à l’avance. Cette rigueur politique permettait d’éviter toute période prolongée d’incertitude. Dès lors, une question s’impose, comment une institution aussi stratégique a-t-elle pu franchir cette ligne rouge temporelle sans qu’une feuille de route claire ne soit partagée avec le public et les partenaires ?

La procédure de nomination du Président de la BOAD répond à des règles strictes qui exigent une coordination politique hautement concertée entre les huit pays de l’espace. Or, ce secret de polichinelle n’échappe à personne : les relations politiques au sein de la sous-région ont traversé des zones de fortes turbulences ces dernières années.

Pour autant, les crises politiques ne sauraient justifier une panne de gouvernance économique. Il serait profondément préoccupant que des difficultés de coordination ou des divergences bilatérales viennent gripper les rouages d’un outil d’intégration aussi vital que la BOAD. L’économie et le financement des projets d’infrastructure, d’énergie ou d’agriculture pour les populations de l’Union ne peuvent être suspendus au calendrier des diplomaties de l’ombre.

Il est temps que les Chefs d’État des pays membres de l’UEMOA sortent de ce mutisme pour apporter la clarification juridique et managériale que la situation exige. La crédibilité de la zone en dépend.

A suivre

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