La procédure judiciaire visant Komlan Tokandji Houedako, fondateur et directeur général de Dôkün Sarl, a franchi une nouvelle étape. Présenté ce vendredi 3 juillet 2026 devant les juges de la Cour spéciale des affaires foncières (CSAF), le promoteur immobilier a été placé sous mandat de dépôt, selon les informations recueillies par le Pool des questions foncières du département enquête et investigation (Dei) du groupe de presse Le Potentiel. Le premier dossier concerne une plainte introduite par un certain Soglo, qui affirme avoir acquis, par l’intermédiaire de Dôkün Sarl, une parcelle d’une valeur de 33 millions de francs CFA. Selon les éléments versés à la procédure, l’acquéreur n’aurait finalement obtenu ni la jouissance du terrain ni le remboursement des sommes engagées. C’est sur la base de ces faits que des poursuites ont été engagées pour des faits présumés de stellionat et d’association de malfaiteurs, qualifications qui devront être appréciées par la juridiction compétente..Mais ce premier dossier n’est pas le seul auquel Komlan Tokandji Houedako est désormais confronté. D’après les informations recueillies par le Pool des questions foncières du Dei, un second mandat de dépôt a également été décerné dans une autre procédure portant sur un vaste domaine situé à Somè. Cette affaire concerne plusieurs hectares couverts par un titre foncier, qui auraient été morcelés puis cédés à des tiers. Les héritiers du domaine contestent la régularité de ces opérations et ont saisi la justice, ouvrant une seconde procédure distincte devant la CSAF. Au cours de l’enquête, les autorités judiciaires ont également examiné des enregistrements audio attribués au mis en cause. Selon les informations recueillies par le Dei de Le Potentiel, ces éléments auraient été versés au dossier et exploités au cours des investigations.

Il se croyait intouchable….mais la justice a frappé
Désigné comme un « cerveau » de la mafia foncière à Cotonou et à Calavi, Komlan Tokandji Houedako, patron de Dôkün Sarl avait visiblement une assurance tout risque. Des audios tombés dans les mains des autorités judiciaires en donnent la preuve. Le contenu de ces enregistrements, tel que rapporté par les sources du journal, ferait état de propos dans lesquels Komlan Tokandji Houedako, évoquait des relations au sein de la CSAF et plus largement de l’appareil judiciaire. Avec assurance, Komlan Tokandji Houedako, patron de Dôkün Sarl, confiait être intouchable en dépit des forfaitures qu’il orchestrait dans le secteur foncier. Et les audios examinés révèlent des prétentions.
Komlan Tokandji Houedako dit compter sur son réseau relationnel dans l’appareil judiciaire. Déjà, le mandant d’arrêt signé depuis mi juin 2026 contre lui n’a pu être exécuté que le 1er juillet 2026. Les informations recueillies par le Dei, les agents de police qui avaient reçu mandat d’aller mettre aux arrêts Komlan Tokandji Houedako, n’ont pu le faire dans la foulée. Le mis en cause avait réussi à user de subterfuges pour mettre en déroute les agents de police. L’intéressé s’enorgueillir d’ailleurs dans les audios. Le plaignant a été copieusement moqué. Le présumé coupable de délit foncier lui rappelant qu’il aurait dû se calmer et éviter d’aller porter plainte. Mais là, avec ces deux procédures désormais engagées contre le patron de Dôkün Sarl, l’affaire prend une dimension nouvelle et retient particulièrement l’attention des acteurs du secteur foncier. Komlan Tokandji Houedako est désormais en prison. Son procès devrait s’ouvrir dans les prochains jours. En mettant la main sur un personnage décrit comme un « cerveau » de la mafia foncière à Cotonou et à Abomey-Calavi, la Csaf vient de frapper un grand coup. Instituée pour lutter contre les contentieux fonciers et les pratiques frauduleuses qui fragilisent la sécurité des transactions immobilières, la Cour spéciale des affaires foncières est une nouvelle fois au centre des attentes. Les victimes de Komlan Tokandji Houedakpo et sa société Dôkün Sarl espèrent obtenir réparation. Les prochaines audiences dans cette affaire seront déterminantes pour établir éduquer la loi les faussaires qui continuent de brader les terres et d’abuser de la confiance ou de la naïveté des paisibles citoyens. A suivre